“L’IRSEM ou l’art de pondre en deux ans un brouillon de rapport qui enfle, enfle…

A l’origine (septembre 2021), le rapport pesait 646 pages et mon nom y figurait 44 fois.

A présent (octobre 2021) il pèse 654 pages et mon nom y figure 54 fois. Au nombre de citations, dans un « travail » (ni fait ni à faire) entièrement consacré à montrer que la Chine est un danger planétaire et que les Etats-Unis sont notre rempart, je dépasse largement Trump (25 fois cité), j’écrabouille Biden (7 fois) et Glucksmann (8 fois). Même en totalisant le score de ces trois gentils, le méchant (moi) est toujours devant. Gloria !

Exemples de rigueur de ce pamphlet couleur bannière étoilée

Sur les Ouïghours

« …Les prisonniers [Ouïghours] seraient également victimes de prélèvement d’organes… » (page 48).

« …On estime qu’un à trois millions de Ouïghours sont aujourd’hui internés…. » (page 48).

« …alors qu’environ un million de Ouïghours étaient internés en masse dans le Xinjiang » (page 218).

« …il est à peu près certain qu’un grand nombre d’organes sont extraits de prisonniers d’opinion [qui sont] exécutés à la demande pour des clients payants… » page (212).

« …la détention massive et même, selon certains, le génocide des Ouïghours… » (page 541)

« .. Néanmoins, ce que fait la Chine au Xinjiang– mettre un million de musulmans [et non plus trois] dans des camps de concentration dans le cadre d’un nettoyage ethnique voire un génocide… » (page 621).

Sur moi

Texte original (septembre 2021) : « …toujours animateur d’une radio militante créée par la CGT, responsable national culturel de l’organisation altermondialiste ATTAC… » (page 330).

Texte corrigée discrètement après mes remarques : « … toujours animateur d’une radio militante créée par la CGT1, ancien référent littéraire de l’organisation altermondialiste ATTAC… (page 335). Mais ils laissent la fausse information : « animateur d’une radio militante » (j’anime un rubrique culturelle d’une heure le lundi).

Sur Jordan Becker, l’officier supérieur de l’US Army, chercheur à l’IRSEM

Texte original :

« Vivas déduit d’une simple corrélation (la présence d’un chercheur américain dans l’équipe) un lien causal (c’est donc lui qui « communique au Monde des matériaux pour articles anti-chinois »), sans aucune preuve bien sûr, par le seul travail de l’imagination, dans une construction qui peut sembler conspirationniste ».

Je n’ai jamais écrit ça. Je proteste dans un article du Grand Soir et ça devient, en douce : « … Vivas déduit d’une simple corrélation (la présence d’un chercheur américain dans l’équipe) un lien causal (c’est ce qui explique que l’IRSEM « communique au Monde des matériaux pour articles antichinois »), sans aucune preuve bien sûr, par le seul travail de l’imagination… (page 342).


Par ailleurs, la maladroite troncature de leur bobard original les fait écrire que la présence de cet officier supérieur explique, à mes yeux, et « sans aucune preuve » que l’IRSEM communique au Monde des dossiers. Or, je n’ai effectivement pas la preuve que c’est à cause du lieutenant-colonel Jordan Becker que l’IRSEM fournit des documents au Monde puisque nul n’est tenu de prouver ce qu’il ne dit pas. Par contre, l’IRSEM a bien fourni au Monde et à d’autres médias la première mouture de son rapport bâclé, sinophobe, belliciste et mensonger.

Notons au passage que l’IRSEM, qui semble ici avoir des pudeurs de gazelle avec les uniformes, omet de rappeler en ce moment de ses corrections, que le « chercheur » est officier supérieur de l’armée des Etats-Unis d’Amérique. l’IRSEM a mieux fouillé ma vie-mon-œuvre que le CV de ce collaborateur. Or, il est membre de la French american foundation qui nous apprend, entre autres, ceci : « Jordan Becker est l’officier de liaison américain auprès de l’état-major interarmées français du ministère américain de la Défense, ainsi que Chercheur Associé à Sciences Po et au ministère de la Défense – IRSEM. ».

Fort bien, Becker est officier de liaison entre l’Armée des Etats-Unis et la nôtre.

Mais les lecteurs du rapport risquent d’ignorer ce qu’on peut lire ailleurs sur le site de l’IRSEM quant à l’implication active des « chercheurs associés », comme Jordan Becker, dans la vie de l’Institut : « L’IRSEM élargit son équipe en nommant plusieurs chercheurs associés, ayant signé une convention avec l’Institut, qui contribueront à la vie collective de l’IRSEM, à l’organisation d’événements scientifiques et à la publication de notes de recherche ou d’études ».

Nous avons tous bien lu : contribution à la vie collective, à la publication de recherches ou études…

L’IRSEM (mouture octobre 2021) affirme : « les chercheurs associés ne sont pas physiquement présents à l’IRSEM, en l’occurrence Jordan Becker vit et travaille aux États-Unis » et « Il n’a évidemment jamais été associé, de près ou de loin, à la préparation du présent rapport, dont il ignorait même l’existence avant sa parution ».

Peut-on savoir comment l’officier supérieur de l’Armée des Etats-Unis d’Amérique contribue à Paris à la vie collective de l’IRSEM sans s’y montrer, sur quelles recherches il travaille qui n’auraient rien à voir avec la Chine (pays qui intéresse un peu son pays et son armée) et comment les chercheurs de l’IRSEM et son directeur ont réussi à cacher pendant deux ans à cet officier de liaison entre l’Armée des Etats-Unis et la nôtre qu’ils travaillaient à ce rapport qui va réjouir le Pentagone ?

Pourquoi moi, m’sieur ? Pourquoi tant de photos de moi ?

L’IRSEM me reproche d’impliquer ce pauvre officier et l’OTAN par une «  opération de diversion » puisque « cela n’a aucun rapport avec la discussion [c-à-d. avec leur enquête]… ».

Par contre, révéler mes activités syndicales (CGT) dans les années 60 à la poste, mes responsabilités passées à ATTAC (début des années 2000), ma présence au Venezuela en 2007, mes dédicaces à la fête de l’Huma en 2015, mon animation d’une émission culturelle sur une radio créée en 1980 par la CGT, l’édition de mes chroniques radiophoniques littéraires prononcées entre 2002 et 2007 dans un livre édité en 2008, la publication d’une photo de moi sur le blog de Jean-Luc Mélenchon, dire dans cette étude pour qui je vote, tout cela (dont je suis fier) a un rapport avec la discussion, avec le « moment machiavélien » que sont « LES OPÉRATIONS D’INFLUENCE CHINOISES ».

De surcroît, outre les dizaines de fois où l’IRSEM me jette à la vindicte publique par écrit, 8 photos de moi parsèment le rapport. Pourquoi ? Wanted ?

Allez, quittons-nous sur un éclat de rire

N’a-t-on pas l’impression que les signataires de ce rapport en ont fait écrire des parties, qu’ils les ont rassemblées à la va-comme-je-te-pousse, comme un puzzle dont les pièces ont été puisées dans plusieurs boites sur lesquelles on lisait « 2 ans », précision qu’ils ont prise pour la durée de finition alors que c’était l’âge mental indiqué pour s’y essayer et en venir à bout ?

Et finissons en appréciant ce démenti du directeur de l’IRSEM, co-signataire du rapport dont j’ai révélé qu’il est « membre du Academic Advisory Board du Collège de Défense de l’OTAN  ». Protestation indignée dans le rapport (version octobre 2021) : c’est « faux, il l’a été mais ne l’est plus depuis 2019 ».

2019, année du début des travaux d’écriture du rapport impartial, neutre : scientifique pour tout dire. Ha ! Ha !

Maxime VIVAS

PS. A constater le manque de rigueur, les affabulations, les mensonges même que je pointe ici sur des sujets dont certains sont annexes par rapport au cœur de l’étude (la Chine), on peut raisonnablement subodorer que le reste est du même tonneau : de l’enfumage pour l’allégeance à une puissance étrangère, une invitation à notre armée à se tenir prête pour un conflit. La preuve en sera donnée ultérieurement dans une étude plus détaillée.





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