Le Partenariat public-privé mondial est un réseau mondial constitué de capitalistes, acteurs avec leurs partenaires de son développement et de ses applications dans le monde. Ce collectif de parties prenantes — les capitalistes et leurs partenaires — comprend des entreprises mondiales y compris des banques centrales, des fondations philanthropiques par le biais de philanthropes multimilliardaires, des groupes de réflexion politique, des gouvernements et leurs agences, des organisations non gouvernementales, des institutions académiques et scientifiques triées sur le volet, des organisations caritatives mondiales, des syndicats et d’autres « leaders d’opinion » soigneusement sélectionnés.

Signature du Cadre de partenariat stratégique par les chefs de l'Onu et du Forum économique mondial, New York 2019

© Inconnu
Signature du Cadre de partenariat stratégique par le Secrétaire général de l’Onu (António Guterres) et le Président fondateur du Forum économique mondial (Klaus Schwab).
New York, juin 2019

Le Partenariat public-privé mondial contrôle la finance globalisée et l’économie du monde entier. Il définit les politiques mondiales, nationales et locales — par le biais de la gouvernance mondiale — et en assure ensuite la promotion en utilisant les médias mainstream, qui sont aussi des « partenaires » du Partenariat public-privé mondial [voir l’organigramme très explicite et traduit en français un peu plus loin dans l’article – NdT].

Ces politiques sont souvent conçues par les groupes de réflexion avant d’être adoptées par les gouvernements, qui sont également des partenaires du Partenariat public-privé mondial. Les gouvernements servent le processus de gouvernance mondiale issue du Partenariat public-privé mondial en appliquant leurs décisions de manière concrète dans les politiques, les législations et les lois.

Selon notre modèle actuel de souveraineté nationale westphalienne, le gouvernement d’une nation ne peut légiférer ou faire la loi dans une autre. Cependant, par le biais de la gouvernance mondiale, le Partenariat public-privé mondial crée des initiatives politiques pour la planète entière, initiatives qui se répercutent ensuite sur les citoyens de chaque nation. Cela se produit généralement par le biais d’un distributeur politique intermédiaire, tel que le FMI ou le GIEC, et les gouvernements nationaux adoptent ensuite les politiques recommandées.

La trajectoire politique est fixée au niveau international par la définition autorisée quant aux problèmes et aux solutions prescrites. Une fois que le Partenariat public-privé mondial fait respecter le consensus international, le cadre politique est établi. Les partenaires des parties prenantes du Partenariat public-privé mondial collaborent alors pour s’assurer que les politiques souhaitées sont développées, mises en œuvre et appliquées. Il s’agit du souvent cité « Système international basé sur des réglementations ».

Note du traducteur : On trouve une définition assez précise de ce système au sein d’organes du Pouvoir de type Atlantic Council, Forum économique mondial, ou encore Chatam House qui l’intitule plutôt « L’Ordre international fondé sur des réglementations », etc. Il s’agit du système mondial mis en place par les « Alliés » à la fin de la Seconde Guerre mondiale et mené en grande partie par les États-Unis qui,

« avec l’aide de ses alliés et de ses partenaires animés du même esprit, a permis d’atteindre des niveaux de paix, de prospérité et de liberté sans précédent, bien qu’elle soit aujourd’hui soumise à des pressions croissantes. »

Un système que la Chatam House considérait par ailleurs comme « antique », déjà en 2015. Le Roi est mort, Vive le Roi, et place à l’Agenda 2030.

C’est de cette manière que le Partenariat public-privé mondial contrôle de nombreuses nations à la fois, sans avoir à recourir à la législation. Cette méthode présente l’avantage supplémentaire de rendre extrêmement difficile toute contestation juridique quant aux décisions prises par les partenaires les plus anciens du Partenariat public-privé mondial — il s’agit d’une hiérarchie autoritaire.

Organigramme du Partenariat public-privé mondial

© Sott.net pour l’adaptation française depuis OffGuardian
Organigramme du Partenariat public-privé mondial
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Le Partenariat public-privé mondial a traditionnellement été référencé dans le contexte de la santé publique et plus particulièrement dans un certain nombre de documents des Nations unies, y compris ceux de leurs agences telles que celle de l’Organisation mondiale de la santé.

Dans son document de 2005 intitulé « Un partenariat pour la santé », l’OMS — en notant ce que les objectifs du millénaire pour le développement signifiaient pour la santé mondiale — révélait l’émergence du Partenariat public-privé mondial :

« Ces changements sont intervenus dans un monde où les attentes à l’égard du rôle des pouvoirs publics ont été révisées : le secteur public ne dispose ni des ressources financières ni des ressources institutionnelles nécessaires pour relever [les] défis [de ces changements], et un mélange de ressources publiques et privées est requis […] Il est vital d’instaurer une culture mondiale de sécurité et de coopération […] Les prémices d’une infrastructure mondiale de la santé sont déjà en place. Les technologies de l’information et de la communication ont ouvert des possibilités de changement dans le domaine de la santé, avec ou sans les décideurs politiques qui ouvrent la voie […] Les gouvernements peuvent créer un environnement favorable, et investir dans l’équité, l’accès et l’innovation. »

La révision du rôle des gouvernements signifiait que ces derniers n’étaient plus aux commandes de leur État respectif. Les traditionnels décisionnaires en matière de politiques ne faisaient plus de politique, c’était dorénavant d’autres partenaires du Partenariat public-privé mondial qui s’en chargeaient. Chaque gouvernement national ne faisait plus que créer un environnement favorable au Partenariat public-privé mondial en taxant le public et en augmentant la dette d’emprunt de son État.

Il s’agit d’une dette envers les principaux partenaires du Partenariat public-privé mondial. Ils sont également les bénéficiaires des prêts et utilisent cet « investissement public », comiquement mal nommé, dans le but de créer des marchés qui leur sont favorables à eux et à l’ensemble du Partenariat public-privé mondial.

Les scientifiques Kent Buse & Gill Walt ont en 2000 publié un historique officiel complaisant qui narre le développement du concept du Partenariat public-privé mondial. Ils suggèrent qu’il s’agissait d’une réponse à la désillusion croissante du projet de l’Onu dans son ensemble et à la prise de conscience du rôle essentiel et croissant des entreprises mondiales dans le déploiement des politiques. Ce constat est en corrélation avec le développement du concept de capitalisme des parties prenantes, popularisé pour la première fois dans les années 1970.

Buse & Walt ont expliqué comment le Partenariat public-privé mondial avait été conçu pour faciliter la participation de sociétés d’un genre nouveau. Ces entités avaient reconnu la folie de leurs anciennes pratiques commerciales destructrices. Elles étaient prêtes à reconnaître leurs erreurs et à faire amende honorable. Elles avaient décidé qu’elles y parviendraient en s’associant aux gouvernements pour résoudre les problèmes mondiaux. Ces menaces existentielles avaient été définies par le Partenariat public-privé mondial ainsi que par les scientifiques, les universitaires et les économistes qu’il a dûment sélectionnés et financés.

Les deux scientifiques ont identifié un discours clé de Davos, qui fut prononcé par Kofi Annan — alors secrétaire général des Nations unies — en 1998 devant le Forum économique mondial, comme étant le marqueur d’une transition vers un modèle de gouvernance mondiale basé sur le Partenariat public-privé mondial.

« Depuis notre dernière rencontre ici à Davos, les Nations unies ont été transformées. L’Organisation a subi une refonte complète que j’ai décrite comme une « révolution tranquille » […] Un changement fondamental s’est produit. Autrefois, les Nations unies ne s’occupaient que des gouvernements. Nous savons désormais que la paix et la prospérité ne peuvent être atteintes sans des partenariats impliquant les gouvernements, les organisations internationales, le monde des affaires et la société civile […] La mission des Nations unies implique le secteur des affaires du monde entier. »

Buse & Walt ont affirmé que cela signifiait l’arrivée d’un nouveau type de capitalisme mondial responsable. Comme nous le verrons, les entreprises ne voyaient pas cet arrangement du même œil. Et Buse et Walt ont en effet bien compris quelles étaient les raisons pour lesquelles le Partenariat public-privé mondial constituait une perspective à ce point séduisante pour les géants mondiaux de la banque, de l’industrie, de la finance et du commerce :

« L’évolution des idéologies et des tendances de la mondialisation a mis en évidence la nécessité d’une gouvernance mondiale plus étroite, une question qui concerne à la fois les secteurs privé et public. Nous suggérons qu’au moins une partie du soutien au Partenariat public-privé mondial découle de cette reconnaissance, et d’un désir du secteur privé de faire partie des processus décisionnels réglementaires mondiaux. »

Le conflit d’intérêts est évident. On attend simplement de nous que nous acceptions, sans poser de questions, que les entreprises mondiales s’engagent à faire passer les causes humanitaires et environnementales avant le profit. Un système de gouvernance mondiale dirigé par le Partenariat public-privé mondial serait soi-disant bénéfique pour nous, d’une manière ou d’une autre.

Il faut faire preuve d’un grand degré de naïveté pour croire à une telle affirmation. De nombreuses entreprises parties prenantes ont été condamnées, ou tenues publiquement responsables des crimes qu’elles ont commis. Il s’agit notamment de crimes de guerre. L’accord passif apparent de la classe politique selon lequel ces « partenaires » devraient effectivement définir la politique, les réglementations et les priorités de dépenses au niveau mondial relève d’une crédulité puérile.

En soi, cette naïveté n’est que pure mascarade. Comme l’ont souligné de nombreux universitaires, économistes, historiens et scientifiques, l’influence, voire la domination, des entreprises sur le système politique s’est accrue depuis des générations. Les politiciens élus ont longtemps été les partenaires juniors de cet arrangement.

Avec l’arrivée du Partenariat public-privé mondial, nous avons assisté à la naissance du processus visant à formaliser cette relation, à la création d’un ordre mondial cohésif. Depuis lors, les politiciens se sont contentés de suivre le scénario. Ils ne l’ont en aucun cas écrit.

Il est important de comprendre la différence entre gouvernement et gouvernance telle qu’elle s’inscrit dans le contexte mondial. Le gouvernement revendique le droit, peut-être par le biais d’un mandat quasi-démocratique, de définir une politique et de décréter une législation — une loi.

Les prétendues démocraties représentatives occidentales, qui ne sont pas du tout des démocraties, sont un modèle de gouvernement national où les représentants élus forment l’exécutif qui promulgue la législation. Par exemple, au Royaume-Uni, ce processus se concrétise par le processus parlementaire.

Ce qui se rapproche le plus de cette forme de gouvernement national sur le plan international est sans doute l’Assemblée générale des Nations unies. Tout en prétendant à une responsabilité démocratique limitée, elle peut adopter des résolutions qui — si elles n’engagent pas les États membres — peuvent créer de « nouveaux principes » susceptibles de devenir des lois internationales lorsqu’elles sont appliqués ultérieurement par la Cour internationale de justice.

Toutefois, il ne s’agit pas vraiment d’un « gouvernement » mondial. L’Onu n’a ni le pouvoir de décréter des lois ni de façonner le droit. Seule une décision judiciaire peut transformer ses « principes » en lois. Le pouvoir non judiciaire de créer des lois est réservé aux gouvernements et leur portée législative se limite à leurs propres frontières nationales [pour le moment – NdT].

En raison des relations souvent tendues entre les gouvernements nationaux, la mise en place d’un gouvernement mondial devient quasi impossible. Compte tenu de la nature non contraignante des résolutions de l’Onu et de la course internationale aux avantages géopolitiques et économiques, il n’existe actuellement rien que l’on puisse qualifier de gouvernement mondial.

L’identité nationale et culturelle constitue un problème supplémentaire. La plupart des populations ne sont pas prêtes pour un gouvernement mondial distant et non élu. Elles veulent en général que la classe politique dispose d’une responsabilité démocratique plus grande plutôt qu’amoindrie.

Le Partenariat public-privé mondial aimerait certainement diriger un gouvernement mondial, mais l’imposer avec des méthodes ouvertement musclées est au-delà de ses capacités. C’est la raison pour laquelle ils ont eu recours à d’autres méthodes, telles que la tromperie et la propagande, pour promouvoir la notion de gouvernance mondiale.

L’ancien conseiller de l’administration Carter et fondateur de la Commission trilatérale, Zbigniew Brzezinski, a reconnu que cette approche serait plus facile à mettre en œuvre. Dans son livre de 1970 intitulé La révolution technétronique il a écrit :

« Bien que l’objectif de former une communauté des nations développées soit moins ambitieux que celui de former un gouvernement mondial, il est plus réalisable. »

Note du traducteur : L’ouvrage ci-dessus mentionné a été publié en anglais en 1970 — et donc en pleine Guerre froide. La traduction française publiée en 1971 aux Éditions Calmann-Lévy est aujourd’hui introuvable. Le livre est toutefois disponible en Pdf et en langue anglaise ici. Zbigniew Brzezinski tentait d’analyser de manière systématique « l’impact de la technologie moderne sur les relations internationales ». Par ailleurs, l’adjectif « technétronique » désigne une chose dont les aspects sont à la fois technique et scientifique. Et plus précisément, Zbigniew Brzezinski a inventé ce néologisme, composé de « technologie » et d’« électronique » qui auraient été, au moment où il a écrit son livre, « les deux moteurs principaux de la transformation présente et à venir des sociétés les plus développées ».

Dans le n° 301 de la Revue Défense nationale publiée en juin 1971, on peut lire ce qui suit (pp. 1049-1050) :

« Zbigniew Brzezinski insiste surtout sur un des aspects de cette transformation des conditions de vie : la possibilité offerte par les progrès de l’électronique de diffuser et de traiter des quantités toujours plus grandes d’information, qui aboutit à la création d’une « cité mondiale ». Dans la période de transition que nous vivons actuellement, la révolution technétronique est profondément ambivalente : elle est un facteur d’unification par la création d’une conscience planétaire, mais en même temps elle substitue aux anciennes divisions particularistes de l’humanité de nouveaux clivages fondés sur l’inégalité d’accès au contrôle et aux effets de l’évolution technique. Elle fait apparaître une nouvelle classe dirigeante scientifique, et suscite des réactions de défense et de refus y compris au sein du groupe des savants et des techniciens. Elle crée de nouveaux moyens de coopération internationale et des occasions nouvelles de conflits. »

Cette nouvelle classe dirigeante scientifique perçue en 1970, est aujourd’hui plus présente que jamais. Cette nouvelle classe pseudo-scientifique a, par ailleurs et de par sa manière très dogmatique de s’imposer à tous, tout d’une secte… Une secte de parasites.

Au cours des 30 dernières années, et au gré de l’évolution du concept de gouvernance mondiale, de nombreux Partenariats public-privé mondiaux ont vu le jour. Le consensus du Forum économique mondial sur la gouvernance multipartite a marqué un tournant majeur. Avec la publication en 2010 de Everybody’s Business : Strengthening International Cooperation in a More Interdependent World [que l’on pourrait traduire par « Renforcer la coopération internationale dans un monde plus interdépendant est l’affaire de tous », non traduit en français et disponible en Pdf et en langue anglaise ici – NdT], le Forum économique mondial a souligné les éléments constitutifs du modèle de gouvernance mondiale des parties prenantes du Partenariat public-privé mondial.

Ils ont mis en place leurs Conseils pour l’Agenda mondial dans le but de délibérer et de proposer des politiques couvrant pratiquement tous les aspects de notre existence. Le Forum économique mondial a créé un organe de gouvernance mondiale pour chacun des aspects de notre société. De nos valeurs à notre économie, en passant par notre sécurité et notre santé publique, nos systèmes de protection sociale, la consommation, l’accès à l’eau, la sécurité alimentaire, la criminalité, nos droits, le développement durable et le système financier et monétaire mondial, rien n’a été laissé de côté.

Note du traducteur : Selon le Forum économique mondial lui-même, les « Global Agenda Councils » [Conseils pour l’Agenda mondial] constituent le réseau bénévole d’experts mondiaux le plus grand au monde.

Le président exécutif [et fondateur – NdT] du Forum économique mondial, Klaus Schwab, a expliqué en détail l’objectif de la gouvernance mondiale :

« Notre objectif a été de stimuler un processus de réflexion stratégique entre toutes les parties prenantes sur les moyens d’adapter aux défis contemporains les institutions et les accords internationaux […] les plus grandes autorités mondiales ont travaillé au sein de conseils interdisciplinaires et multipartites de l’Agenda mondial pour identifier les lacunes et les insuffisances de la coopération internationale et formuler des propositions spécifiques d’amélioration […]

Ces discussions ont eu lieu lors des Sommets régionaux du Forum en 2009 ainsi que lors de la récente réunion annuelle 2010 du Forum à Davos-Klosters, durant laquelle de nombreuses propositions émergentes ont été testées avec des ministres, des Pdgs, des responsables d’Ongs et de syndicats, des universitaires de premier plan et d’autres membres de la communauté de Davos […]

Le processus de refonte globale a fourni un laboratoire de travail informel, ou un marché pour un certain nombre de bonnes idées politiques et d’opportunités de partenariat […] Nous avons cherché à élargir les discussions sur la gouvernance internationale […] pour prendre des mesures plus préventives et coordonnées sur l’ensemble des risques qui se sont accumulés dans le système international. »

En 2010, le Forum économique mondial a pris l’initiative d’entamer le processus de Refonte mondiale. Il a défini les défis internationaux et a proposé des solutions. Heureusement pour le Partenariat public-privé mondial, leurs propositions signifiaient pour eux plus de contrôle et d’opportunités de partenariat. Le Forum économique mondial voulait devenir le fer de lance de l’expansion de cette gouvernance internationale.

Pour ne citer qu’un exemple, le gouvernement britannique a en 2019 annoncé son partenariat avec le Forum économique mondial pour élaborer les futures réglementations commerciales, économiques et industrielles. Le gouvernement britannique s’est engagé à soutenir un environnement réglementaire créé par les entreprises mondiales qui seraient ensuite soumises aux réglementations mêmes qu’elles avaient conçues.

Le Forum économique mondial ne dispose d’aucun mandat électoral d’aucune sorte. Aucun d’entre nous n’a la possibilité d’influencer ou même de remettre en question leurs jugements mais ils œuvrent pourtant en partenariat avec nos gouvernements soi-disant élus de manière démocratique et avec d’autres parties prenantes du Partenariat public-privé mondial dans le but de remodeler la planète sur laquelle nous vivons tous.

Le Capitalisme des parties prenantes est au cœur du Partenariat public-privé mondial. En plaçant les entreprises mondiales au centre du processus décisionnel, il s’approprie dans l’absolu tout gouvernement démocratique — ou même tout autre type de gouvernement. Bien qu’ils ne dérivent de l’autorité de personne d’autre qu’eux-mêmes, les dirigeants du Partenariat public-privé mondial assument leur propre interprétation moderne du « droit divin des rois » et règnent sans partage.

Note du traducteur : Un « droit divin » qu’ils n’ont pas, ces élites agissent sur notre planète comme des parasites, ce qu’ils sont, purement et simplement.

En janvier 2021, le forum économique mondial s’est exprimé sur sa vision du Capitalisme des parties prenantes :

« De nos jours, la caractéristique la plus importante du modèle des parties prenantes est liée au fait que les enjeux de notre système sont désormais plus clairement globaux […] Ce qui était autrefois considéré comme des externalités dans l’élaboration des politiques économiques nationales et dans la prise de décision des entreprises individuelles devra désormais être incorporé ou internalisé dans les opérations de chaque gouvernement, entreprise, communauté et individu. La planète est […] le centre du système économique mondial, et sa santé devrait être optimisée dans les décisions prises par toutes les autres parties prenantes. »

Le Partenariat public-privé mondial supervisera tout. Tous les gouvernements, toutes les entreprises, nos soi-disant communautés — celles-là mêmes dans lesquelles nous vivons — et chacun de nous individuellement. Nous ne sommes pas la priorité. La priorité est la planète. C’est du moins ce que prétend le Forum économique mondial.

Le contrôle centralisé de la planète entière, de toutes ses ressources et de tous ceux qui y vivent [et de toute forme de vie – NdT] EST la philosophie de base du Partenariat public-privé mondial. Il n’est pas nécessaire d’interpréter les intentions du Partenariat public-privé mondial, nous n’avons pas besoin de lire entre les lignes. Elles sont clairement énoncées dans l’introduction de l’initiative du Forum économique mondial nommée La Grande réinitialisation :

« Pour améliorer l’état du monde, le Forum économique mondial lance l’initiative La Grande réinitialisation […] La crise de Covid-19 […] change le contexte traditionnel des prises de décision de manière fondamentale. Les incohérences, les insuffisances et les contradictions de multiples systèmes — de la santé et des finances à l’énergie et à l’éducation — sont plus exposées que jamais […] Les dirigeants se trouvent à un carrefour historique […] Alors que nous entrons dans une fenêtre d’opportunité unique pour façonner la relance, cette initiative offrira des perspectives qui aideront à fournir les informations auprès de tous ceux qui déterminent l’état futur des relations mondiales, la direction des économies nationales, les priorités des sociétés, la nature des modèles commerciaux et la gestion d’un patrimoine mondial commun. »

Note du traducteur : Le livre Covid-19 et la Grande réinitialisation a été traduit en français et est disponible en Pdf dans cet article : Le livre « Covid-19 – La grande réinitialisation » de Schwab & Malleret traduit en français et disponible sur le Web.

Il est par ailleurs intéressant de noter que dans le texte en anglais de cette partie : « cette initiative offrira des perspectives qui aideront à informer tous ceux […] », il est écrit : « this initiative will offer insights to help inform all those determining the future state ». Le verbe « inform » peut se traduire par informer, mais aussi par façonner. Les mots ont leur importance, et nous savons que l’usage que ces élites auto-proclamées en fait a souvent plusieurs sens, ce qui permet à ces parasites de se parler entre eux, tout en ayant l’air de ne pas le faire.

Il convient de noter que le Forum économique mondial n’est qu’une organisation partenaire parmi d’autres du Partenariat public-privé mondial. Toutefois, il a certainement été le plus influent en termes de relations publiques tout au long de la pseudo-pandémie. Contrairement aux espoirs de Buse & Walt, nous assistons à l’émergence d’une dictature mondiale des entreprises, et non à une gestion bienveillante de la planète.

Le Partenariat public-privé mondial déterminera l’état futur des relations mondiales, la direction des économies nationales, les priorités des sociétés, la nature des modèles commerciaux et la gestion d’un patrimoine mondial commun. Aucun d’entre nous n’a la possibilité de participer à leur projet ou à la formation ultérieure des différentes politiques.

Le Capitalisme des parties prenantes

© Sott.net
Le Capitalisme des parties prenantes

Si les gouvernements n’ont, en théorie, pas à mettre en œuvre la politique du Partenariat public-privé mondial, dans les faits, c’est ce qu’ils font. Dans l’ère de l’après-Seconde Guerre mondiale, les politiques globales ont joué un rôle de plus en plus important dans nos vies. Le mécanisme qui consiste à transposer des initiatives politiques du Partenariat public-privé mondial, d’abord en politique nationale, puis régionale et finalement locale, peut être clairement identifié en analysant le développement durable.

En 1972, le Club de Rome, groupe de réflexion politique indépendant financé par des fonds privés, a publié Les Limites à la croissance [aussi connu sous le nom de « Rapport Meadows – NdT]. De même que nous avons pu le voir dans le déploiement de la pseudo-pandémie, le Club de Rome utilisait des modèles informatiques pour prédire ce qu’il décrétait être les problèmes complexes auxquels la planète entière était confrontée : la « problématique mondiale ».

Les avis qu’ils ont émis découlaient des travaux commandés par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) dans le cadre de son modèle dynamique « World3 ». Ce modèle partait de l’hypothèse selon laquelle la population mondiale épuiserait les ressources naturelles et polluerait l’environnement au point de provoquer de manière inéluctable un « dépassement au-delà de la limite et un effondrement ».

Il ne s’agit pas d’un « fait » scientifique mais plutôt d’un scénario suggéré. Aucune des prédictions formulées ne s’est jusqu’à présent réalisée.

Le va-et-vient scientifique et statistique sur les affirmations du rapport Meadows a été prolifique. Cependant, ignorant tous les doutes, le modèle World3 a été solidement implanté au cœur même des politiques environnementales propres au développement durable.

La Commission Brundtland a été fondée en 1983 par l’ancien Premier ministre norvégien Gro Harland Brundlandt et par Javier Pérez de Cuéllar, alors secrétaire général des Nations unies. Tous deux étaient membres du Club de Rome. Sur la base des hypothèses très discutables du modèle World3, ils ont entrepris d’unir les gouvernements du monde entier pour poursuivre des politiques de développement durable.

En 1987, la Commission a publié le rapport Brundtland, également connu sous le nom de Notre avenir à tous. Le contrôle — ou la réduction — de la population était au cœur de l’idée du développement durable exposée dans le rapport. Cette décision politique, consistant à se débarrasser des gens, a valu aux auteurs des prix et une reconnaissance internationale.

Les hypothèses sous-jacentes à ces propositions politiques n’ont jamais fait l’objet de débats publiques. Le débat académique et scientifique a quant à lui fait rage mais n’a pratiquement jamais été relayé dans les médias. Pour autant que le public le sache, les hypothèses et les spéculations scientifiques étaient un fait avéré. Il est désormais impossible de remettre en question ces hypothèses non prouvées et ces modèles manifestement inexacts sans être accusé de « négationnisme climatique ».

Le résultat en a été les Objectifs du millénaire pour le développement et, en 2015, l’adoption par les Nations unies des Objectifs de développement durable, qui ont été traduits en politiques gouvernementales. En 2019 par exemple, le gouvernement britannique a fièrement annoncé son engagement politique « Net Zéro » en faveur des objectifs de développement durable.

Les Objectifs de développement durable exerçaient déjà un impact au niveau régional et local dans les comtés, les villes et les arrondissements du Royaume-Uni. Presque chaque conseil municipal du pays dispose désormais d’un « plan de développement durable ».

Indépendamment de ce que chacun pense des menaces mondiales auxquelles nous pouvons être confrontés ou pas, les origines et la filière de distribution des politiques qui en résulte sont manifestes. Un groupe de réflexion mondialiste financé par des fonds privés a piloté un programme politique ayant abouti à la création d’un cadre politique mondial — adopté par les gouvernements du monde entier — qui a eu un impact sur les communautés aux quatre coins de la planète, à peu de choses près.

Les Objectifs de développement durable ne constituent qu’un seul aspect parmi les nombreuses initiatives qui caractérisent les pratiques de la gouvernance mondiale du Partenariat public-privé mondial. Le rôle des politiciens élus dans ce processus est négligeable. Ils ne sont là que pour mettre en œuvre et faire accepter au public les directives politiques.

Peu importe la personne élue, la trajectoire des politiques est fixée au niveau de la gouvernance mondiale. Telle est la nature dictatoriale du Partenariat public-privé mondial et rien ne pourrait être moins démocratique.

Source de l’article initialement publié en anglais le 20 octobre 2021 : OffGuardian

Traduction : Sott.net



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