Le Président de la République française et le Président des États-Unis se sont rencontrés aujourd’hui en marge du Sommet du G20 pour réaffirmer leur détermination à renforcer la coopération bilatérale et transatlantique au service de la paix, de la sécurité et de la prospérité dans le monde entier. Cette réunion s’inscrit dans le cadre des consultations approfondies annoncées dans leur déclaration conjointe du 22 septembre dernier visant à mettre en place les conditions garantissant la confiance. Ils soulignent la solidité de la relation historique qui unit depuis longtemps la France et les États-Unis, fondée sur nos valeurs démocratiques communes, nos liens économiques ainsi que notre coopération en matière de sécurité et de défense. Ils réaffirment également leur détermination commune à faire évoluer et à moderniser l’alliance et le partenariat transatlantiques à la lumière des évolutions mondiales et à la mesure de la profondeur de nos liens et de nos valeurs et intérêts communs. Ils sont déterminés à garantir que la démocratie soit au service de leurs concitoyens, à promouvoir l’état de droit et la bonne gouvernance, à défendre les droits de l’Homme et la dignité de tout un chacun et à lutter contre les injustices et les inégalités.

Sur cette base, les Présidents souhaitent travailler ensemble de manière étroite, au plan bilatéral comme avec d’autres alliés et partenaires dans le monde, pour faire face aux menaces anciennes et émergentes. Ils sont tous deux attachés à mener des consultations et à coordonner leurs efforts de manière systématique et approfondie pour garantir la transparence, tant au plan bilatéral qu’au sein des enceintes multilatérales, notamment avec les Alliés de l’OTAN et les partenaires de l’Union européenne (UE), s’agissant des mesures et des initiatives qui servent leurs intérêts respectifs et revêtent une dimension stratégique. La France, qui assurera la présidence du Conseil de l’UE pendant le premier semestre 2022, tiendra les États-Unis bien informés de ses priorités.

La France et les États-Unis sont conscients du rôle moteur qui leur incombe dans la recherche de solutions mondiales aux problèmes collectifs, notamment la coopération constante entre l’UE et les États-Unis pour renforcer l’ordre multilatéral fondé sur des règles de droit. Nos deux pays œuvreront au renforcement de la santé mondiale et de la sécurité sanitaire, en menant notamment des efforts pour mettre un terme à la pandémie de COVID-19 et pour développer notre résilience face aux pandémies futures. Nous continuerons de rechercher des solutions urgentes à la crise climatique, notamment en appuyant l’objectif de la COP 26 visant à accélérer la transition mondiale vers zéro émission nette. Les Présidents se félicitent des préparatifs de lancement d’un « Partenariat bilatéral entre la France et les États-Unis sur l’énergie propre » d’ici la fin de cette année. Nous promouvrons une reprise économique mondiale durable, reposant sur une économie mondiale équitable, solidaire et fondée sur des règles de droit. Face à l’émergence de nouvelles technologies, nous nous efforcerons de garantir que les normes et règles régissant leur utilisation soient respectueuses de nos valeurs démocratiques, tout en préservant notre autonomie respective en matière de régulation. À ce sujet, les deux Présidents saluent le lancement du Conseil du commerce et des technologies, qui représente un forum important pour permettre à l’UE et aux États-Unis de revoir les règles de conduite applicables à l’économie du XXIe siècle. Ils appuient également un dialogue bilatéral portant sur les répercussions des technologies émergentes sur nos économies et nos sociétés. La France et les États-Unis souhaitent renforcer leur coopération sur les questions spatiales, ce qui fera l’objet de discussions lors de la visite prochaine de la Vice-présidente Kamala Harris à Paris.

Les Présidents entendent maintenir notre défense et notre sécurité collectives, accroître notre résilience, développer notre solidarité et garantir la stabilité internationale face à tout l’éventail des menaces contemporaines. La France et les États-Unis partagent l’objectif de continuer à faire de la dissuasion un élément clé de notre défense collective et à prendre part à la sécurité indivisible de l’Alliance atlantique.

L’objectif premier des capacités nucléaires détenues par l’OTAN est de préserver la paix, de prévenir les actes de contrainte et d’éviter les agressions. Compte tenu de la détérioration du contexte sécuritaire en Europe, nous réaffirmons qu’une Alliance nucléaire crédible et unie est essentielle. Dans ce contexte en matière de sécurité, les alliés doivent continuer de mener des consultations étroites sur les questions relatives au contrôle nucléaire et à la maîtrise des armements, notamment dans le cadre de l’OTAN. Nous travaillerons de concert, notamment au sein de l’OTAN, pour renforcer la maîtrise des armements, le désarmement et la non prolifération, qui constituent des éléments centraux de la sécurité euro-atlantique.

Comme mentionné dans la déclaration conjointe des deux Présidents du 22 septembre dernier, les États-Unis reconnaissent l’importance d’une défense européenne plus forte et plus opérationnelle, qui contribue positivement à la sécurité mondiale et transatlantique et soit complémentaire avec l’OTAN. Les États-Unis soutiennent les investissements croissants de ses Alliés et partenaires européens dans des capacités militaires utiles à notre défense commune, le renforcement des capacités militaires européennes et de l’engagement des partenaires européens ne pouvant que bénéficier à la sécurité transatlantique. La conduite de missions et d’opérations par les Européens, comme celles conduites au Sahel et en Bosnie-Herzégovine, contribue de manière positive à la sécurité transatlantique.

Les Présidents réaffirment leur soutien au renforcement du partenariat stratégique entre l’UE et l’OTAN, qui n’a pas d’équivalent et est indispensable à la sécurité et à la prospérité de nos nations et de la zone euro-atlantique. Ils appuient l’invitation de l’UE et d’autres partenaires au prochain Sommet des Chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN à Madrid en 2022. Ils réaffirment aussi leur soutien au dialogue entre l’UE et les États-Unis en matière de sécurité et de défense et aux efforts visant à conclure un arrangement administratif entre l’Agence européenne de défense et les États-Unis, comme décidé lors du sommet UE-États-Unis en juin dernier.

Les Présidents affirment qu’il est important de disposer de bases industrielles de défense fortes en Europe et aux États-Unis caractérisées par leur interopérabilité, qui permettront d’améliorer les capacités militaires dans l’intérêt de l’Alliance. Les Présidents entendent lancer un dialogue stratégique en matière de commerce militaire afin de promouvoir une approche commune des questions liées à l’accès aux marchés et aux exportations militaires. Dans ce contexte, les deux gouvernements recenseront des mesures pour améliorer l’efficience et l’efficacité des autorisations d’exportations militaires.

Les Présidents reconnaissent qu’il est important de mener une solide collaboration dans la région indopacifique, notamment dans le contexte de problématiques économiques et stratégiques croissantes dans cette région. Les États-Unis se félicitent du rôle ancien de la France en tant que partenaire indo-pacifique, considérant que son engagement de longue date, sa géographie et ses capacités militaires basées dans toute la zone en font un acteur clé pour contribuer à une région indopacifique libre et ouverte et garantir la sécurité de celle-ci. Les États-Unis saluent également la stratégie de l’UE pour la coopération dans la région indopacifique et entendent continuer de mener des consultations approfondies sur leur propre stratégie. Ils soutiennent la poursuite du dialogue et des actions de coopération concrètes avec les partenaires de la région indopacifique, en notant combien il est important d’unir nos efforts pour appuyer l’ordre international fondé sur des règles de droit et parvenir à des approches communes sur les problématiques mondiales. Suite à l’accroissement des déploiements aériens et maritimes de la France et d’autres nations européennes dans la région, les États-Unis entendent accroître leur soutien et leur contribution matérielle à ces derniers.

Comme indiqué dans la déclaration conjointe des deux Présidents du 22 septembre dernier, la France et les États-Unis accroîtront leur coopération dans la région du Sahel. Par conséquent, les États-Unis ont engagé des ressources supplémentaires au Sahel pour soutenir les efforts de lutte contre le terrorisme menés par la France et les autres États européens. Les deux Présidents ont donné pour instruction à leurs équipes de renforcer leurs consultations bilatérales (complétées par leur collaboration en cours avec les États et les organisations africains ainsi qu’avec les autres partenaires européens) visant à appuyer une approche globale et durable de cette région. En outre, la France et les États-Unis rechercheront les moyens d’accroître le soutien multilatéral au G5 Sahel, à ses États membres et à la MINUSMA.

Les deux Présidents louent les efforts historiques déployés par la Coalition internationale contre Daech. Ils souhaitent renforcer la coordination des efforts et la coopération au plan bilatéral ainsi qu’avec les partenaires de la Coalition pour maintenir la pression sur les réseaux de Daech dans le monde, notamment la poursuite des efforts militaires en Irak et en Syrie permettant de garantir une défaite durable de Daech. Ils sont conscients de l’importance de réduire la capacité des groupes extrémistes violents ou des pays, quels qu’ils soient, de menacer nos concitoyens et nos alliés. Ils soutiennent les réformes importantes au Liban, conviennent de la nécessité de garantir que l’Iran n’élabore ni ne détienne jamais d’arme nucléaire, soulignent l’importance de la Conférence internationale sur la Libye de Paris le 12 novembre prochain, dans la perspective des élections qui doivent se tenir dans ce pays le 24 décembre, et soutiennent la souveraineté et l’indépendance de l’Irak tout en veillant à ce que ce pays ne serve plus jamais de sanctuaire à des groupes extrémistes violents.



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One thought on “Déclaration conjointe entre la France et les Etats-Unis”
  1. Sauf que, aujourd’hui, pour tout le monde, ce qui apparaît capable de rendre moins précaires et plus sûrs les lendemains, s’appelle, la puissance!
    Ces chapons n’en sont pas et ne l’incarneront jamais!
    C’est du verbiage, je croyais lire du Lugan.
    C’est gens n’apprennent pas ou sont dans l’incapacité de faire figurer au-devant de nous la lucidité qu’ils ont sur les choses actuelles.
    Il peuvent nous étaler tous leurs désirs de puissance, ils sont deux symboles de la défaite actuellement, mais pire encore pour eux, car il est trop aisé de dire que le présent ne vaut que s’il tire son sens de l’avenir, or, comme on voit à quel triste passé nos deux pays se trouvent actuellement obligés de faire face, il n’y a plus la moindre chance pour qu’ils soient des acteurs décisifs dans le futur proche. Être puissants, c’est être plus puissants que les autres, ça, on le sait tous, c’est du passé.
    Ils nous font d’abord un étalage de leurs impuissances respectives que nous vivons au travers de cette fausse crise épidémique, pour nous faire croire ensuite qu’ils seront les champions de la conjuration des menaces à venir, savent-ils au moins les anticiper?
    Parce que les épisodes récents rencontrés par les armées ne plaident pas en cette faveur.
    Ces deux personnages, encore plus le nôtre que celui américain, n’ont pas pour eux-mêmes a fortiori pour nous, la moindre mesure qui tiendrait lieu de garantie ultérieure, pas un seul signe d’où nous pourrions tirer l’espérance, alors, quant à ce qui est de la satisfaction, soyons sérieux.
    En vérité, tout ce qui donne dans l’actualité immédiate des choses de ce monde, montre que tous les efforts auxquels se consacrent ces gens, n’ont qu’un nom, désir.
    Cela fait longtemps que s’observe le commencement de petits mouvements qui étaient constitutifs des causes de la réalité actuelle que nos grands prétentieux d’analystes n’ont pas su ou voulu voir, alors, il n’y a plus de médiation quand s’ouvrent les consciences, quand on a créé dans les esprits que l’avenir est surplombé par la perspective de la mort et qu’en plus il bruit de toutes sortes de menaces, alors il est grand temps de craindre que les futurs sanctuaires pour les plus violents et féroces extrémistes, ce soient nos nations et les bêtes sauvages craintes, ne soient autres que nous-mêmes, observons bien qu’en deux ans dans ce pays, l’humeur des gens est passée de crescendo à agitato et va vers, le vivace.
    Dans ce genre de perspective, avec un peuple comme celui français, ce serait une véritable gageure de se convaincre qu’il n’existe pas au sein de cette nation une force imparable et venant de loin dans ses traditions, qui l’obligerait à l’acceptation des plus grands risques et à la multiplication des actions et occasions d’affronter crânement la mort.
    Non pas pour se déposséder de toutes les charges d’accumulations et frustrations qu’il endure, ni dans un besoin de se faire puissant, non, c’est de son besoin de reconnaissance en lui-même dont il s’agirait.
    Je ne doute même pas qu’une partie conséquente de l’Amérique soit placée dans les mêmes dispositions intellectuelles.
    L’Afrique était une compagne pour la France même si la relation de couple méritait une véritable remise en question des partenaires quant à la poursuite de cette union, or dans toute union vraie, chacun attend de son partenaire une estime aussi forte qu’il se porte à lui-même, chaque signe de mésestime ou dédain détruit la relation, dans les couples aux esprits pervers cela peut finir en une destruction mutuelle, mais, pas là.
    L’Afrique est trop belle pour manquer de prétendants, la France devra dorénavant faire avec ça.
    En fait, le prétendu pouvoir caché, s’il pensait avoir trouvé des perles rares dans cette incurie politique qu’il a placé à la tête des grandes puissances qu’il croit contrôler, va vite réaliser l’erreur que constitue la mésestime d’autrui.

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