Greta Thunberg (G.T) a un succès fou dans un monde occidental en mal de projets. Comment en effet expliquer son aura extraordinaire autrement que par la perte de toute ambition d’une civilisation vieillissante qui ne s’adonne plus qu’au consumérisme et à son moderne avatar, l’écologie climatique. L’Europe occidentale lui réserve le meilleur accueil, alors même qu’elle est la région du monde la plus profondément engagée, et depuis des décennies, dans un mouvement de lutte contre la pollution. Mais G.T est bien plus qu’une militante écologiste. C’est une jeune fille qui incarne un élément majeur de tout ce qui tourne autour de la lutte contre le réchauffement climatique, cette sorte de nouvelle religion post-chrétienne.

La messe de la COP 26

La COP,  « Conference Of the Parties » est un événement périodique organisé sous l’égide de l’ONU. La réunion la plus connue est celle qui s’attache au rôle direct de l’activité humaine sur le changement climatique. Il en existe deux autres, également sous l’égide de l’ONU, la Convention sur la diversité biologique et la Convention sur la lutte contre la désertification. 

Cette année à Glasgow, à la COP26, ce ne sont pas moins de 30 000 personnes qui y participent ; (196 États, ainsi que les entreprises, les ONG, les scientifiques, les collectivités territoriales, les populations autochtones, les syndicats) et les médias du monde entier. On y trouvera également près de 600 lobbyistes représentant les producteurs d’énergies non-renouvelables comme le pétrole, il est vrai absolument indispensable à la noria d’aéronefs mobilisés pour le transport des participants…

Ces conférences accouchent de décisions politiques qui en principe engagent les pays signataires sans pourtant qu’il existe de dispositif contraignant. C’est tout le paradoxe de cette manifestation mondiale, puisque le niveau de pollution et de dégradation de notre environnement ne cesse d’augmenter depuis la première COP, à Genève, en 1979… La majorité des commentateurs estiment qu’elle va déboucher sur un échec, se limitant à des vœux pieux et des engagements toujours non tenus par les États participants. Cette année on a sensibilisé sur la déforestation, mais rien n’y fera.

Les pays émergents ou en développement économique fort, comme la Chine et l’Inde continuent sans désemparer à polluer massivement, sans que les COP aient la moindre influence sur la lutte effective contre la pollution. Inutile d’évoquer longuement le sort du continent africain qui, affecté par une croissance démographique hors de contrôle, n’a pas de réelle politique contre l’émission de polluants et la destruction de l’environnement, en particulier s’agissant de la déforestation. 

Tous ceux qui au plan de l’opinion publique ont une rôle à jouer sont venus à Glasgow. G.T, après l’annonce de son boycott, a finalement décidé d’y aller. Mais elle n’a pas présenté de contribution, préférant faire de l’agitprop en marge de la réunion. On peut au moins lui reconnaitre une certaine cohérence dans la mesure où il aurait été curieux de la voir intervenir au milieu des discours et déclarations d’autosatisfaction des très nombreux participants.

Écologie et religion

Au sein d’une chrétienté en forte perte de vitesse en Europe occidentale, le désir de spiritualité doit donc se réorienter. Il a trouvé un vecteur idéal, l’écologie non pas en tant que science, mais comme filtre de pensée à vocation universelle. Au plan intellectuel, l’idée de l’écologie comme une des expressions modernes de la spiritualité n’est pas incohérente. 

En effet il n’est pas douteux que l’écologie telle qu’elle se répand au plan médiatique a un contenu spirituel à but global. Si l’on adopte une critique de notre monde moderne, on s’aperçoit que la préoccupation écologique permet de tout expliquer et surtout d’argumenter. Jérôme Fourquet, de l’IFOP, énonce que « le discours écologiste suit le mode d’action du catholicisme et a les mêmes effets ». Il ajoute que « seul le discours religieux était jusqu’ici capable d’avoir un impact sur les comportements quotidiens, notamment sur l’alimentation, avec les catholiques et le maigre du vendredi, les musulmans et le halal, et les juifs et le casher. Le discours écologique l’a rejoint, avec des préceptes alimentaires très précis, même s’il ne s’appuie pas, cependant, sur une foi mais sur des données scientifiques ».

À la différence que nombre de préconisations des partisans de l’écologie globale, qui annoncent une catastrophe qui punira les sociétés modernes, sont le plus souvent réactionnaires, assimilant modernité à destruction de l’environnement. 

Il est impossible aujourd’hui de mettre en doute la corrélation exclusive entre la pollution mondiale et le réchauffement climatique. Au fond, être climato-sceptique, c’est être aussi ignorant qu’un platiste. 

Écologie et consumérisme

Mais l’écologie a été recyclée depuis longtemps par le système capitaliste. Et Greta Thunberg est en réalité intégrée dans cette logique.

Pourtant dès le premier choc pétrolier, les constructeurs d’automobiles avaient mis en avant le niveau de consommation de leurs véhicules, comme leur impact en matière de pollution, sans qu’ils y soient contraints par une COP. Aujourd’hui, la prégnance de la préoccupation écologique est majeure, pour ne pas dire envahissante.

Elle conduit à tous les excès dans le monde occidental. L’Allemagne, très tôt, a été ravagée par le « Nuklear, nein danke », auto-collant fleurissant sur les voitures outre-Rhin. Sans scrupules aucuns, notre puissant voisin a abandonné le nucléaire en fermant 26 centrales pour n’en conserver aujourd’hui que 6. Elle est aujourd’hui un super-pollueur, ses émissions de dioxyde de carbone étant 12 fois supérieures à la France. Les énergies renouvelables représentent certes 43% de la production, mais on aperçoit depuis peu un très net ralentissement lié aux limites de l’éolien et du solaire. Et c’est grâce aux achats d’électricité française (à 70% nucléaire) que l’Allemagne peut assurer sa consommation.

Mais le comble est atteint par l’industrie automobile qui promeut chez nous, aidée en cela par une politique fiscale ciblée et onéreuse, les véhicule à énergie électrique. À l’exclusion de quelques petits véhicules urbains, l’offre est concentrée sur les véhicules dits hybrides, au bilan carbone désastreux lors de sa production. Qui a conduit un de ces véhicules a pu constater que passés une cinquantaine de kilomètres, la réserve d’énergie électrique est tarie et que le moteur thermique assure 100% de la puissance de ces voitures alourdies par leurs batteries au lithium. Enfin on ne sait rien du coût que va représenter le recyclage des ces batteries.

On peut donc dire que les raouts mondiaux comme les COP ont un effet indiscutable, celui observé chez les consommateurs occidentaux auxquels on peut vendre toutes sortes de produits et services et assurer le renouvellement de produits en réalité non encore obsolètes. Greta Thunberg est une alliée objective de ce nouveau marché occidental dès lors que son discours s’adresse quasi-exclusivement aux consommateurs occidentaux. 



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