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Petit et trapu, le visage caché derrière un masque doré, El Padrino (« le Parrain ») trône devant la chapelle dédiée à la Santa Muerte, déesse syncrétique qui veille sur les laissés-pour-compte et qu’ont adoptée les cartels. Il observe les hommes qui assemblent sur l’esplanade le squelette d’un grand quadrilatère de fer. Sous le ciel sombre, la structure, qui délimite un ring, s’insère parfaitement dans le paysage de béton des lotissements d’Apatlaco, un quartier populaire situé au cœur de l’arrondissement d’Iztapalapa, le plus pauvre et le plus désœuvré de Mexico. Pour le jour des morts, l’ancien lutteur offre à son quartier un combat de lucha libre.

Après un bref discours du « Parrain », qui célèbre la fierté d’Apatlaco et honore la sainte patronne des parias, les lutteurs masqués entrent en piste dans des figures aériennes spectaculaires. Les enfants, surexcités, s’agglutinent autour du ring, talonnés par les vendeurs de glaces et de masques. Derrière eux, les adultes sirotent de grands verres de bière.

Masque et pantalon bleu ciel, la silhouette athlétique, El Sublime fait une démonstration de ses techniques : clés, contre-clés, coups de pied sautés… Avec ses partenaires Enigma et Skyder, il forme l’équipe des técnicos techniciens »), qui s’efforcent de lutter loyalement, dans les règles de l’art, face aux rudos mal élevés »), qui incarnent la brutalité et la tricherie. Depuis bientôt un siècle, dans toutes les arènes du Mexique, rudos et técnicos se disputent l’âme des spectateurs.

À Apatlaco, les rudos sont les plus populaires ; ils remporteront le combat. Après une âpre lutte de trois reprises, les técnicos s’inclinent alors que le mauvais garçon Aztlán (du nom d’une cité mythique aztèque) s’élance du haut de la troisième corde du ring, au mépris des protestations de l’arbitre désemparé, pour écraser son adversaire sur l’asphalte de l’esplanade… dans la clameur générale.

Après le combat, l’ensemble des lutteurs se réunissent pour un banquet fraternel, (…)

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