En septembre dernier, l’expression « pandémie des non-vaccinés » a été bien courante. Elle pointait ceux qui avaient refusé de se faire vacciner contre le Covid-19 comme responsables de l’échec de la lutte contre les infections et la pandémie. Toutefois, nous sommes en novembre, et l’expression « pandémie des non-vaccinés » appartient déjà au passé. La phrase caractérisant la situation actuelle serait plutôt « pandémie des vaccinés ».

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Singapour est l’un des pays les plus vaccinés au monde : 85 % de sa population est entièrement vaccinée. Or, les taux d’infection à Singapour explosent – ils sont presque quatre fois supérieurs aux taux les plus élevés avant la vaccination.

Les décès sont également en forte hausse, atteignant 12 fois les taux enregistrés avant la vaccination. Il y a six mois, le classement de Bloomberg sur la résilience au Covid-19 estimait que Singapour était « le meilleur endroit au monde où se trouver pendant le Covid ». Aujourd’hui, après avoir fortement vacciné ses habitants, Singapour se classe au 39e rang, le plus bas rang de son histoire.

L’Irlande est encore plus fortement vaccinée – 92 % des adultes et 89 % des plus de 12 ans ont reçu deux vaccins, ce qui en fait le pays le plus vacciné de l’Union européenne. Pourtant, malgré le nombre toujours croissant de personnes doublement vaccinées, les infections montent en flèche dans le pays, avec les taux les plus élevés depuis mars. La ville de Waterford, dont 99,7 % des habitants de plus de 18 ans sont entièrement vaccinés, présente le taux d’infection le plus élevé en Irlande. De même pour le comté de Waterford, qui avait auparavant l’un des taux d’infection les plus faibles du pays et qui a maintenant l’un des plus élevés. L’immunité collective à base de vaccination n’a pas seulement échoué à stopper la propagation du virus, elle n’a pas non plus réussi à prévenir les conséquences graves : des 474 personnes décédées du Covid-19 en Irlande entre avril et octobre, 44 % étaient entièrement vaccinés.

L’Islande, la voisine de l’Irlande au nord de l’Europe, a déclaré sa victoire sur la pandémie et a levé toutes les restrictions nationales à la fin du mois de juin – et ce, après que 88 % de ses habitants de plus de 16 ans ont reçu un ou deux vaccins. Cependant, à partir de juillet, l’Islande est entrée dans ce qui est devenu sa plus longue et sa plus intense vague d’infections – des montagnes russes qui ont descendu en septembre pour remonter de plus belle. L’épidémiologiste en chef du pays, notant que les cas de Covid-19 augmentent rapidement et de manière continue en Islande ainsi que dans d’autres pays européens, explique désormais que la vaccination généralisée « ne semble pas être suffisante pour arrêter la vague actuelle ni pour empêcher l’hospitalisation des personnes gravement malades ».

La Nouvelle-Zélande, où 89 % des habitants ont reçu au moins une dose et 77 % sont complètement vaccinés, connaît sa plus forte montée d’infections au moment même où elle accélère les vaccinations. L’Australie connaît une montée encore plus forte, avec un taux d’infection plus de quatre fois supérieur à celui d’avant les vaccinations.

L’Angleterre montre dans ses statistiques détaillées comment la pandémie touche différents groupes de personnes vaccinées. Le dernier rapport de surveillance de vaccination Covid-19 de Public Health England (agence exécutive du département de la Santé britannique) – qui couvre la période de quatre semaines allant jusqu’au 31 octobre – constate que les personnes vaccinées présentent des taux d’infection beaucoup plus élevés que les personnes non vaccinées. Les quadragénaires vaccinés, par exemple, avaient un taux d’infection plus que deux fois plus élevé – 2125 cas de Covid-19 sur 100 000 personnes qui avaient reçu deux doses de vaccins, contre 933 sur 100 000 chez les personnes non vaccinées. Le même taux, plus que deux fois plus élevé, était également constaté parmi les gens âgés de 50 à 80 ans. Les trentenaires et les personnes ayant plus de 80 ans présentaient également un taux d’infection plus élevé en cas de vaccination double, bien que dans une proportion moins frappante.

Les taux d’infection très élevés sont constatés en Angleterre malgré le fait que sa population est hautement vaccinée – toutes les personnes de plus de 60 ans étaient à 90 % ou plus doublement vaccinées, celles de la cinquantaine l’étaient à 85 % et les autres groupes n’étaient pas loin derrière.

Les vaccins ne parviennent pas à endiguer la pandémie, non seulement dans les pays les plus fortement vaccinés, mais ils n’y parviennent pas non plus de façon généralisée.

« Les augmentations [des cas] du Covid-19 ne sont pas liées au niveau de vaccination dans 68 pays et 2947 comtés des États-Unis » – tel est le titre d’une analyse cosignée par un chercheur de l’université Harvard et publiée dans le European Journal of Epidemiology. L’analyse révèle que les vaccinations entraînent plutôt le contraire des résultats escomptés : « Les pays dont le pourcentage de la population entièrement vaccinée est le plus important présentent un nombre plus élevé de cas de Covid-19 pour un million d’habitants. »

Les vaccinés sont désormais majoritaires dans tous les pays du monde occidental. Ils s’approprient la pandémie.

Patricia Adams est économiste et présidente de Energy Probe Research Foundation et de Probe International – un groupe d’experts indépendant international basé au Canada. Elle est l’éditrice des sites d’information en ligne Three Gorges Probe et Odious Debts Online et l’auteure ou l’éditrice de nombreux ouvrages. Ses livres et articles ont été traduits en chinois, espagnol, bengali, japonais et bahasa indonesia.

Lawrence Solomon est chroniqueur à Epoch Times, auteur et directeur exécutif du Consumer Policy Institute, basé à Toronto, Canada.



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