La banlieue française attire l’attention des philanthropes. Alors que certains Français se tournent vers les pays en voie de développement pour exprimer leur solidarité, l’acteur américain Forest Whitaker a choisi de s’engager pour les classes populaires françaises, tout particulièrement les jeunes, dont l’avenir est assombri par de nombreuses incertitudes. Ce samedi 13 novembre, Forest Whitaker s’est rendu à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, neuvième département le plus pauvre de France.

Un acteur engagé pour la jeunesse en conflit

L’acteur afro-américain, envoyé spécial de l’Unesco pour la paix et la réconciliation, a créé en 2012 une ONG, la Whitaker Peace and Development Initiative (WPDI), pour soutenir les jeunes dans des régions touchées par la violence et les conflits. Au printemps dernier, il s’est arrêté en région parisienne où il a été particulièrement marqué par la pauvreté de la Seine-Saint-Denis, décor du film  « Les Misérables » de Ladj Ly, qui avait été sélectionné aux Oscars en 2020, projetant ainsi ce territoire sur la scène mondiale. Forest Whitaker avait été particulièrement frappé par l’absence de moyens et d’opportunités offertes aux jeunes résidents. L’acteur a évoqué une enveloppe d’un million et demi d’euros, destinée notamment à des formations à la paix et à l’insertion professionnelle. Son ONG, en partenariat avec BNP Paribas, souhaite grâce à ce budget former les jeunes à la résolution des conflits et à la réduction des violences avec les institutions. Des formations pour des “métiers d’avenir” viseront aussi à les accompagner dans le monde de l’entrepreneuriat.

Une solidarité internationale qui ne doit pas remplacer les engagements de l’État

La ville de La Courneuve, qui affichait en 2019 des taux de 27 % de chômage et 43 % de pauvreté (des taux beaucoup plus importants qu’à Paris) cumule de nombreuses difficultés, auxquelles le maire PCF de la ville de s’attaque en dénonçant les inégalités subies par les habitants. Alors que 43,2 % des personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, Gilles Poux regrette aussi le taux de scolarisation qui est inférieur à celui de l’Île-de-France (93,8 % contre 96,8 %) et affiche le plus fort taux de criminalité de France, tout en ayant 24 policiers de moins que la moyenne nationale. Pour l’élu, la généreuse collaboration de Whitaker ne devrait pas détourner l’attention de la responsabilité de l’État. Dans un tweet, Gilles Poux insiste : “Quel bel engagement. Cependant, il ne peut se substituer à l’engagement du gouvernement français et à ses politiques publiques nationales envers les jeunes des banlieues.”

Les inégalités font de la France un “pays faible” et un “allié moins performant”

Ce n’est pas la première fois que les inégalités attirent l’attention outre-atlantique ; en 2018 par exemple, une philanthrope américaine engagée pour les jeunes marginalisés dans le monde est venu en aide à un petit club de football de Bobigny, dans le quartier de l’Étoile. Touché par la baisse des dotations de la mairie, ce club cherche, à travers le sport, à encadrer, sociabiliser, écouter, éduquer, réunir la jeunesse et l’empêcher de s’”amouracher de la rue”, comme l’écrivait Libération il y a quelques années. En effet, selon les “câbles” diplomatiques révélés par WikiLeaks en 2010, le constat des fragilités des banlieues françaises préoccupe les États-Unis depuis de nombreuses années. Cette fois-ci, c’est grâce à la visibilité que les Oscars ont apporté au film “Les Misérables” de Ladj Ly en 2020, que Forest Whitaker s’est engagé en France.





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