L’office de l’environnement de Corse (OEC) a mené samedi matin, sur onze plages de l’île, une vaste opération de dépollution visant les biomédias, ces petites rondelles de plastique échappées des stations d’épuration et venues s’échouer par milliers sur les côtes.

Au total quelque 100.000 de ces biomédias ou “médias filtrants”, soit plus de 50 kilos, ont été collectés sur les plages des aires marines protégées de l’île de Beauté, par des agents commissionnés de l’OEC, de la Collectivité de Corse et du Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate, épaulés par plusieurs associations.

Pour le président de l’OEC, Guy Armanet, cette matinée de dépollution visait à “recueillir des données précises pour cartographier et analyser le phénomène” et “constituer un dossier juridique adapté et efficient” afin, à l’avenir, “d’anticiper et prévenir ce type de pollution”.

Ce “dossier juridique conséquent et étayé” pourra “permettre à l’OEC de porter plainte contre les auteurs de ces pollutions”, a renchéri l’association Global Earth Keeper, qui a elle aussi participé.

“On aimerait que cela cesse”, a insisté M. Armanet, en précisant que ces déchets viennent depuis la mer et donc a priori d’Italie.

Ces “biomédias” sont “de petits filtres circulaires en plastique utilisés depuis le début des années 2000 dans de nombreuses stations d’épuration municipales ou industrielles (pisciculture, papeterie)”, a précisé l’association Mare Vivu, participante à cette opération: “Leur rôle est de servir de support aux micro-organismes qui, en s’y agglutinant, permettent de dégrader plus efficacement la matière organique pendant la phase de traitement biologique des eaux”.

Selon son site internet, “plusieurs incidents” ont pu conduire à des cas de pollution, notamment lors de fortes pluies qui ont “causé des débordements dans les stations d’épuration, les eaux usées emportant avec elles les biomédias”.

En février 2021, 40.000 biomédias avaient ainsi été collectés sur les plages du lido de la Marana, au sud de Bastia, selon l’association.

Au même moment, les audiences préliminaires à un procès pour ce type de pollution plastique en mer avaient débuté en Italie, à Salerne. Des associations de protection de l’environnement avaient attaqué des responsables de la commune de Paestum et de l’entreprise chargée de gérer la station d’épuration de la commune suite au déversement en Méditerranée de millions de ces filtres en février 2018.

Des centaines de milliers de ces rondelles en plastique s’étaient échouées sur les plages italiennes de Campanie et jusqu’en Tunisie et en France, selon l’association Surfrider.





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