« Quand j’ai appris que les talibans étaient entrés dans Kaboul, j’ai eu le sentiment de tomber et de me briser en éclats. De passer de la lumière aux ténèbres les plus sombres. » Sediqa Mushtaq est une femme d’affaires afghane. Elle témoigne, avec quinze autres femmes, pour Amnesty International de leur quotidien depuis le retour au pouvoir des talibans.

Le 15 août 2021, les talibans reprennent le contrôle de l’Afghanistan. Les femmes, qui s’étaient tant battues pour leurs droits depuis la fin du dernier régime taliban, sont de nouveau effacées de l’espace public. Sauf rares exceptions, elles ne sont plus autorisées à travailler. Elles ne peuvent pas sortir sans être accompagnées d’un tuteur masculin. À partir du 20 septembre, les filles de plus de 12 ans ne sont officiellement plus autorisées à aller à l’école. Les Afghanes se retrouvent confrontées à « un risque accru de violences liées au genre ». Leurs foyers sont en difficulté financière, puisqu’elles ne peuvent plus exercer d’activité professionnelle. Le fonctionnement des institutions et des administrations est fragilisé. Les femmes sont mal traitées, et c’est toute la société qui en pâtit.

« Les talibans ne peuvent pas éliminer la moitié de la population afghane »

« La communauté internationale doit tenir l’engagement qu’elle a pris de défendre les droits des femmes en Afghanistan sur le long terme », martèle Amnesty. L’ONG propose seize portraits de femmes professeures, journalistes, policières, médecins, activistes ou encore anciennes femmes politiques, 16 femmes « remarquables » qui évoquent « leurs parcours professionnels, la façon dont elles vivent le retour des talibans, leurs espoirs et leurs craintes pour l’avenir, et formulent des recommandations à l’intention de la communauté internationale quant aux moyens à mettre en œuvre pour continuer à soutenir les droits des femmes ».

Zala Zazai était la première femme policière de la province de Khost. « Tout a basculé en août 2021 », témoigne-t-elle pour Amnesty. Les femmes sont interdites de revenir travailler. Beaucoup de ses collègues doivent fuir le pays, à cause des menaces des talibans. Elle s’estime chanceuse d’avoir été hors du pays à ce moment-là. Toutes n’ont pas eu cette chance. Certaines, restées en Afghanistan, connaissent des menaces verbales et physiques. « La communauté internationale doit faire pression sur les talibans pour garantir les droits des femmes, et tout mettre en œuvre pour que des femmes fassent partie du nouveau gouvernement. Les talibans ne peuvent pas éliminer la moitié de la population afghane. »

 Lire le rapport (en anglais)

Photo de une : Groupe d’entraide de femmes à Badakhshan (Afghanistan), 2009. CC BY-NC-ND 2.0 Aga Khan Foundation/Sandra Calligaro via flickr.



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