LIVRES

Homo confort

Qu’ils sont inoffensifs, en apparence, les escalators, canapés en cuir, robots ménagers et autres instruments de notre quotidien occidental. Le confort qu’ils nous procurent fait l’objet d’un consensus absolu. Mais cette vie sans effort ni contrainte a son revers, alerte l’anthropologue Stefano Boni dans cet ouvrage percutant : perte d’autonomie, affaiblissement de nos sens, érosion des nos relations avec le vivant… À force de déléguer ses tâches ingrates à la technologie, jusqu’à l’absurde, « Homo confort » s’est, selon l’auteur, coupé du monde. Il vit désormais dans une bulle sans aspérités, où les odeurs désagréables sont remplacées par des parfums synthétiques, les travaux domestiques confiés à des machines industrielles, et la « nature » réduite à un décor de carte postale. Les 256 pages de cet essai vivifiant bousculent. Ça tombe bien : à en croire l’auteur, nous en avons besoin.

Homo confort, de Stefano Boni, éditions L’Échappée, avril 2022, 256 p. 19 euros.

Le Chomor — Manuel des joueurs

Une traque effrénée entre fiction et réalité, qui nous tire dans un jeu et une histoire poétique éminemment politique, écologique et anticapitaliste. Au travers de plusieurs personnages, on découvre notamment une lutte contre un site d’enfouissement de déchets, des mensonges des politiques sur la pollution et ses conséquences, des questions sur l’ordre établi, des rêves de révolution et une organisation diffuse qui lutte contre ce mystérieux « Chomor » dont on ne peut vous en dire davantage…

Le Chomor — Manuel des joueurs, de Martin Mongin, éditions Tusitala, janvier 2022, 593 p. 23 euros.

Mousquetaires et Misérables

L’égalité, après 1789, n’était pas un principe de façade inoffensif, mais un mot puissant qui affirmait l’équivalence de chacun, non seulement en droits, mais en esprit : illettrés, lettrés, Blancs, personnes de couleur, pauvres, riches, tous égaux dans l’espace public, tous respectables au même degré, raconte avec verve Évelyne Pieiller à l’orée de Mousquetaires et Misérables. C’est le potentiel révolutionnaire de ce mot fondateur que cette journaliste du Monde diplomatique nous donne à redécouvrir à travers le cheminement de Hugo, Dumas, Baudelaire, tous « enfants de pères qui ont connu la Révolution ».

Aujourd’hui, « l’avenir est toujours en exil », conclut l’autrice, fille d’une bistrotière généreuse qui aimait autant Les Misérables que Les trois mousquetaires. À moins qu’avec l’aggravation des inégalités et du réchauffement climatique, on ne voit revenir cet avenir de « l’immortelle fraternité » dont Évelyne Pieiller parle si bien ?

Mousquetaires et Misérables, de Évelyne Pieiller, éditions Agone, mai 2022, 240 p. 17 euros.

La poudre aux yeux — Enquête sur le ministère de l’Écologie

C’est un essai journalistique qui commence comme un roman. On se glisse dans la peau d’un ministre de l’Écologie fraîchement nommé. Et d’emblée, on comprend que la tâche ne sera pas aisée. Voire impossible. Dans son premier livre, la journaliste Justine Reix dresse le terrible constat de l’impuissance du ministère de l’Écologie à changer les choses. Pour cela, elle interroge celles et ceux qui ont occupé ce poste : Brice Lalonde, Corinne Lepage, Delphine Batho, Yves Cochet, Nathalie Kosciusko-Morizet, Barbara Pompili. Ces entretiens transpirent la solitude des puissants qui n’ont pas les coudées franches pour agir à leur guise et qui font face au profond désintérêt — voire au mépris — des autres ministères pour les questions écologiques. Le livre décrit le soin avec lequel toutes et tous essayent de ménager l’impossible à savoir : les intérêts climatiques et économiques.

On plonge dans les coulisses d’une campagne électorale, on suit les espoirs, les désillusions, sans oublier les inéluctables compromissions. L’autrice nous rappelle comment les lobbies industriels réduisent à néant les efforts des ONG qui ne récoltent que des miettes. À la fin, on ressent même une forme de sympathie pour ces femmes et ces hommes politiques qui ont cru (on ne dira pas naïvement) qu’ils arriveraient à faire pencher la balance. Le dernier chapitre remet néanmoins les pendules à l’heure en rappelant la responsabilité de l’État et des gouvernements successifs dans la situation actuelle. Alors que faire ? Comment croire une seconde que celui qu’on surnomme « le ministère de l’impossible » pourra infléchir le chaos climatique en cours ? Justine Reix ne donne bien entendu aucune réponse, mais veut finir sur une note d’espoir : « Il ne coûte rien d’essayer ».

La poudre aux yeux — Enquête sur le ministère de l’Écologie, de Justine Reix, éditions JC Lattès, mars 2022, 240 p. 19 euros.

Écofascismes

Le combat antifasciste doit aussi se mener au sein de la pensée écologiste, explique Antoine Dubiau. Dans Écofascismes, son premier livre, il détaille pédagogiquement les racines de l’écologie d’extrême droite. Car, à l’inverse du Front devenu Rassemblement national, de nombreux penseurs d’extrême droite ont pris à cœur la question climatique depuis des décennies. Ces intellectuels fascistes dessinent les contours et consolident les bases d’une véritable idéologie écofasciste. Cette « écologisation du fascisme » se base sur les concepts réactionnaires d’« enracinement » d’un peuple européen fantasmé, d’une « écologie intégrale » ou encore de « France périphérique » et d’un projet général de société reposant sur l’idée d’« ordre naturel ». Mais un second mouvement de « fascisation de l’écologie » se joue en parallèle, avec la réappropriation de concepts ambivalents, comme la question démographique, la décroissance, la critique de la « modernité » ou les théories collapsologistes, dont les débouchés politiques ne sont pas incompatibles avec les projets fascistes. Une situation qui entretient une confusion toujours prégnante dans les milieux écologistes français de gauche, que l’auteur enjoint à clarifier sans tarder leur discours. Pour qui s’attache à penser une écologie émancipatrice, ce livre est esentiel à la compréhension du danger écofasciste.

Écofascismes, d’Antoine Dubiau, éditions Grevis, mai 2022, 224 p. 10 euros.

Noosphère

Vernadski est un très grand savant russe, peu connu en France, sinon pour avoir été un interlocuteur passionné d’un autre étonnant personnage, Pierre Teilhard de Chardin. Les deux hommes, partant de cultures très différentes, se sont enthousiasmés en parallèle sur l’énigme du vivant, et sur sa capacité unique qu’il a à s’épanouir sur – et peut-être à transformer – une petite planète perdue dans l’univers. Convaincus l’un et l’autre que le vivant, formant la biosphère, était une force géologique, ils se sont rencontrés à Paris, vers 1924, et ont élaboré, avec Édouard Le Roy, le concept de « noosphère ». Celui-ci, état suivant la biosphère dans l’évolution, serait une « conscience collective intégrale » unissant l’humanité, considérée par Vernadski comme « une entité cosmique singulière ». Patrice Van Eersel raconte avec brio l’aventure intellectuelle de ces deux savants, dont les idées résonnent encore si fortement avec l’angoisse écologique actuelle.

Noosphère, de Patrice Van Eersel, éditions Albin Michel, octobre 2021, 414 p., 21,90 euros.

L’Italie en train

Pour ne plus prendre l’avion, le train doit se rendre désirable. L’Italie est un pays qui s’y prête avec un réseau ferroviaire régional bien développé. Sur place, il est facile de s’organiser uniquement avec ce mode de transport. C’est ce que propose Lucie Tournebize dans son guide de voyage. Elle y recommande un itinéraire pour chacune des régions italiennes, avec de multiples indications et conseils pour faciliter le voyage. De la Lombardie jusqu’à la Sicile, en feuilletant ce guide nous n’avons qu’une envie : prendre notre sac et filer vers l’aventure italienne.

L’Italie en train, de Lucie Tournebize, éditions Hachette, septembre 2021, 224 p. 24,95 euros.

BD

Le livre de la jungle insurgée

En Inde, dans les grandes forêts qui couvrent encore l’est du pays, une rébellion surprenante se maintient depuis des décennies : les « naxalites », mouvement issu du communisme maoïste des années 1960, se sont enracinés dans ces régions peuplées de paysans vivant sobrement et en grande autonomie, les adivasis. Mais le pouvoir central leur mène une guerre impitoyable. Car la région recèle des richesses minières dont les classes dirigeantes indiennes rêvent pour poursuivre la rapide croissance qui emporte l’Inde. Peu connue, cette histoire de résistance trouve un formidable éclairage avec le livre de l’anthropologue Alpa Shah. Elle a vécu plusieurs années avec les adivasis, et a étudié de l’intérieur le mouvement naxalite, accompagnant par exemple une de ses équipées à travers la forêt. Mais elle ne porte pas un regard froid de scientifique. Le récit est aussi palpitant qu’un bon roman, et il nous fait découvrir par le vécu cette rébellion majeure. Le livre révèle aussi la chasse aux ultimes richesses minières que mènent les dirigeants indiens, tout en montrant les difficultés humaines et morales que rencontre un mouvement d’opposition radicale, ainsi que les questions stratégiques qu’il se pose. Des réflexions utiles pour celles et ceux qui luttent… en France.

Le livre de la jungle insurgée, d’Alpa Shah, éditions de La Dernière lettre, septembre 2020, 360 p. 24 euros.

Une histoire populaire de la France, tome 2

Après un premier tome qui couvrait la large période Ier siècle avant notre ère-1871, les éditions Delcourt publient un second volume encore plus réussi d’une Histoire populaire de la France. Cette adaptation en bande dessinée du travail de l’historien Gérard Noiriel est riche (il y a parfois beaucoup d’informations d’un coup, c’est vrai), passionnante et drôle. Une véritable plongée dans des pans de l’histoire française qu’on ne nous a pas toujours appris à l’école. Au programme : les premières grèves générales, les conditions de vie dans les mines, la place des femmes et des immigrés durant la guerre, la décolonisation, Mai-68… Pour arriver en 2018, où le mouvement des Gilets jaunes est apparu. Même s’il évoque longuement des situations injustes, en faisant également la liste de toutes les victoires obtenues grâce aux mouvements sociaux, cet ouvrage donne du baume au cœur. Et redonne envie de continuer à lutter.

Une histoire populaire de la France, tome 2 : des gueules noires aux Gilets jaunes, de Gérard Noiriel, Clément Xavier, Lisa Lugrin, Alain Gaston Rémy, éditions Delcourt, mai 2022, 248 p. 21,90 euros.

Maroni — Les gens du fleuve

Comment raconter la Guyane ? Ce petit bout de France en Amérique latine, si loin et si riche, ne se laisse pas saisir facilement. Quelques grands noms — et incroyables coups de crayon — de la bande dessinée française se sont essayés à l’exercice. Étienne Davodeau, Emmanuel Lepage, Aude Mermillot… Ils et elles ont remonté le fleuve Maroni, échangé avec ses habitants, partagé leur quotidien. Ils et elles se sont baladés dans la moiteur de la forêt, se laissant aller à la rêverie. Il en ressort un ouvrage collectif, une mosaïque de dessins et de témoignages qui nous offre une plongée polyphonique dans ce territoire d’outre-mer malmené par l’orpaillage et les trafics, mais chéri par ses autochtones.

Maroni — Les gens du fleuve, d’un collectif d’auteurs et autrices, éditions Futuropolis, avril 2022, 184 p. 23 euros.

L’eau vive

C’est un combat — et une victoire — écologique méconnue, qu’Alain Bujak nous invite à (re)découvrir. Il y a trente ans, à quelques kilomètres du mont Gerbier-de-Jonc où la Loire prend sa source, une poignée d’habitants et de militants se sont opposés à la construction du barrage de Serre de la Fare, qui aurait englouti cette haute vallée. Marche, pétition, mais surtout une zad avant l’heure. Surnommés les « indiens », une dizaine de citoyens et citoyennes ont campé sur le site, pendant plusieurs années (avec le soutien du WWF, alors très combatif). Il faut lire cette BD, pour son dessin poétique qui retransmet avec puissance la délicatesse des paysages ligériens ; pour ces témoignages de militants écolos qui résonnent si fort à nos oreilles contemporaines ; pour connaître cette histoire incroyable et pouvoir, à notre tour, la transmettre. Car si la Loire est aujourd’hui un des derniers grands fleuves « sauvages », c’est grâce à cette bande d’irréductibles.

L’eau vive — Un grand combat écologique aux sources de la Loire, de Alain Bujak et Damien Roudeau, éditions Futuropolis, septembre 2020, 224 p. 23 euros.

REVUES

Low-tech Magazine

Le premier volume du Low-tech Magazine est enfin imprimé en français ! Le magazine qui refuse de croire que tout problème a une solution high-tech, et qui publie ses solutions et ses tutoriels de low-tech sur un site fonctionnant à l’énergie solaire est passé au papier ! Quatre volumes imprimés sont disponibles en anglais, et ils lancent maintenant le premier livre en français. Il concerne le troisième volume, qui rassemble 18 articles publiés entre 2018 et 2021. Il est disponible dans leur librairie Lulu, l’impression est à la demande et le livre est imprimé localement à chaque commande pour éviter les longues distances de livraison. Dedans, on y apprend par exemple comment chauffer sa maison avec une éolienne mécanique, comment réinventer l’éolienne domestique, comment créer un site web pérenne à énergie solaire, comment fabriquer un panneau solaire low-tech ou encore comment concevoir un voilier pour le XXIe siècle ?

Low-tech Magazine, éditions Solar, février 2022, 400 p. 22,50 euros.

Reliefs, n°15

La belle revue Reliefs est de retour avec un nouveau numéro consacré aux marais. Mangroves, tourbières, marécages… Pendant près de 200 pages, nous partons à la découverte de ces zones humides, accompagnés de géographes, d’historiens, de botanistes, d’écrivains ou encore de photographes. Le tout, avec de superbes illustrations. Une jolie façon de patienter avant la sortie de l’adaptation au cinéma du roman Là où chantent les écrevisses — génial polar poétique, où le personnage principal vit dans un marais aux États-Unis — le 17 août.

Reliefs, n°15, éditions Reliefs, mai 2022, 184 p. 19 euros.

FILMS, DOCUMENTAIRES

Birds of America

Armé de sa boîte de couleurs, le peintre John James Audubon a sillonné le sud des États-Unis au début du 19e siècle à la recherche d’oiseaux. Il en a ramené une collection impressionnante de planches naturalistes : colombe voyageuse, pics à bec d’ivoire, perroquet de la Caroline… De ces espèces chatoyantes, il ne reste plus aujourd’hui que des fantômes de papier. Le cinéaste Jacques Loeuille a refait le trajet du peintre avec sa caméra pour raconter une autre histoire des États-Unis : celle de l’industrialisation et ses ravages. Les collines verdoyantes de Louisiane où dessinait Audubon se sont muées en une « allée du cancer » ; les rives du Mississipi où s’ébattaient les tétras cupidon devenues des paysages défigurés par l’industrie pétrolière. Constellé de magnifiques peintures, ce documentaire offre une belle introduction à l’histoire environnementale des États-Unis. En se penchant sur les « archives du ciel » que nous a laissées le peintre, on mesure tout ce que l’Amérique du Nord a déjà perdu. Et peut encore sauver.

Birds of America, un documentaire de Jacques Loeuille. En salle depuis le 25 mai.

Un Monde d’allergiques

Acariens, pollens, moisissures, aliments, produits chimiques, médicaments… nombreuses sont les substances qui peuvent être dangereuses voire mortelles pour les allergiques. En 2010, près de 16 à 20 millions de personnes avaient des allergies en France, soit entre 25 et 30 % de la population.

Les allergies trouvent leur origine dans le système immunitaire. Ce dernier se retrouve affaibli pour de multiples raisons endogènes, mais surtout exogènes, telles que le réchauffement climatique, l’avènement de la société de consommation, l’apparition de la nourriture industrielle, l’exposition aux détergents chimiques… Ce documentaire réalisé dans les quatre coins du monde – en Europe, en Amérique ou encore en Océanie – analyse les causes et les conséquences des allergies, maladies méconnues qui vont concerner une partie de plus en plus importante de la population mondiale.

Un Monde d’allergiques, de Cosima Dannoritzer (2021). Disponible sur Arte Replay ou YouTube, jusqu’au 19 juillet 2022. 53’.

À ÉCOUTER

Ce que les animaux doivent à la nuit

Parce que nos voitures rentrent au garage, que nos machines s’éteignent et que nos voix chuchotent, nous pensons parfois naïvement que, la nuit, le monde se tait. Bien au contraire, comprend-on en écoutant les quatre épisodes de ce documentaire : c’est quand nos yeux se ferment que le vivant s’éveille. La documentariste Aline Pénitot (à qui l’on doit déjà les très beaux Oublier Moby Dick et Le sentiment océanique) nous emmène sur les traces des chouettes effraies, zèbres des plaines et autres grenouilles tropicales qui peuplent le crépuscule. L’auditeur émerveillé ressort de cette écoute avec le sentiment d’avoir arpenté un nouveau monde, qui bruisse, hulule et stridule dans le noir. Et l’envie de préserver ces paysages sonores menacés.

EXPOSITIONS, ART

Festival international des jardins

Participer à la transformation écologique de notre monde peut être source d’émerveillement et de refondation intérieure. Le Festival international des Jardins de Chaumont-sur-Loire nous en donne une belle idée avec cette 32e édition, fête des sens, de l’imaginaire et de la biodiversité placée, sous le thème du « jardin idéal ». Une trentaine de créateurs mondiaux (designers, botanistes, paysagistes, etc.) ont laissé libre cours à leur imagination pour réinventer la géopoétique du jardin (comme le Malaisien Inch Lim, avec The Living Batik) et susciter un rapport à la « nature » respectueux, créatif, avec des trouvailles qui inspireront le jardinier amateur.

Dans Une graine d’espoir, le potager accueille et protège des fleurs sauvages pour mieux nourrir papillons, abeilles et autres insectes. Le béton et le plastique ont disparu des aménagements, remplacés par des matériaux naturels ou recyclés (terre cuite, chanvre, bois, etc.), et des méthodes d’irrigation ingénieuses prônent les économies d’eau, comme ces « oyas » inspirés de l’antique dans le jardin Grenade. Enfin le Jardin de la réciprocité, avec sa « forêt de la symbiose », vous place de plain-pied dans un monde d’après végétal.

Festival international des jardins, Domaine de Chaumont-sur-Loire, jusqu’au 6 novembre 2022.

Jazz : « Je bêle donc je suis »

« Je bêle donc je suis […] Parmi les folles de mon espèce, certaines ont rompu la cadence, d’autres ont prêché la dissonance. » Cette chanson ouvre avec sonnailles et grillons le deuxième album de la jazzwoman Leïla Martial, Baabel. On y entend aussi les oiseaux (« Interlude ») sur des rythmes free et tonalités rock, ou sa voix langoureuse dans « Les Rivages d’Ondine », ou encore dans « Jeanne », au cœur de Warm Canto, très bel et dernier album du groupe Baa Box qu’elle forme avec les musiciens Pierre Tereygol et Eric Perez. Rien d’étonnant à ces mixages chez cette « vocaliste multi-timbrée » ariégeoise, clown à ses heures, qui se donne à donf pour le Grand Dégenrement, signe, première, l’Appel pour une écologie de la musique vivante, glisse, inventive, émouvante, entre les mailles de l’anthropocentrisme à coups de borborygmes (Forget and Be ») et d’emprunts aux rythmes des peuples premiers (« Nuit Pygmée »). Plusieurs concerts en France cet été.

Expo : La forêt magique

L’exposition La forêt magique au Palais des Beaux-Arts de Lille, raconte à ses visiteurs le lien singulier entre les artistes au fil des époques et celui du monde de la forêt. Mélangeant les formes artistiques (peintures, sculptures, musique, cinéma et jeux vidéo), on plonge dans une ambiance enchantée et effrayante. Pour garder les pieds sur Terre et dans un esprit pédagogique, des commentaires scientifiques de botanistes, écologues et arboristes sont placés à côté des œuvres. Les plus jeunes se voient offrir à l’entrée un carnet d’accompagnement à la visite. De quoi passer un bon moment en famille.

Exposition du 13 mai au 19 septembre 2022 au Palais des Beaux Arts à Lille.

Les Murs d’Audubon

Un mouvement d’art dans l’espace public pour alerter sur la disparition d’oiseaux menacés par le changement climatique en partenariat avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) en France. Ce mouvement d’artistes a commencé à Harlem (États-Unis) pour rendre compte symboliquement et visiblement de la disparition de nombreuses espèces d’oiseaux à travers la création partagée de fresques murales dans l’espace public. En France, le projet se développe en appelant des collectivités, des associations, des écoles, des artistes de rues à se rencontrer pour créer ses fresques ensemble, en créant des moments de rencontre, de convivialité et pour toucher un large public.

© Les Murs d’Audubon

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