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Kongo Astronauts. — « Untitled [Facing the Past] » (Sans titre [Face au passé]) de la série « After Schengen » (Après Schengen), 2019

© Kongo Astronauts, Axis Gallery, New York

À Kinshasa, en 2013, Michel Ekeba a fondé le collectif Kongo Astronauts, dont les membres, sa compagne et artiste Éléonore Hellio mise à part, varient au gré des envies, des rencontres. Ses irruptions-surprises dans les rues de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC) et ses expérimentations plastiques et cinématographiques, en perpétuels changements, l’ont rendu célèbre dans tout le continent. Jamais arrêtées, jamais abouties, ses performances présentent une seule constante : les déambulations de l’artiste dans la mégapole congolaise, affublé d’une « combinaison spatiale » qui n’est chaque fois ni tout à fait la même ni tout à fait une autre.

Ces tenues ont toutefois en commun d’être élaborées à partir de déchets électroniques déversés illégalement en RDC — rappelant que, si l’Afrique pollue peu, elle demeure à bien des égards la poubelle de l’Occident — et de vieux circuits de cuivre et de coltan — des matériaux dont les prix, fixés sur les places boursières étrangères, sont très volatils, contribuant à la précarité du niveau de vie des populations. Ces métaux, extraits dans un contexte de « violences abjectes » dans l’est de la RDC, comme l’explique l’historienne de l’art Dominique Malaquais. « sont pourtant indispensables au fonctionnement des téléphones portables et des ordinateurs que nous utilisons au quotidien sans nous soucier de leur provenance ou des conditions d’extraction ». Lors de ses performances, Ekeba ne dit mot de ses intentions, laissant ses témoins surpris, étonnés, décontenancés. Une simple intrusion poétique et récréative ? « Vêtu d’une combinaison or ou argent, d’un casque et de bottes assortis, observe encore Malaquais, [il] apparaît dans des bars, aide parfois un passant à traverser la rue, à changer un pneu, mais jamais ne s’explique. »

Les artistes se connaissent et se soutiennent

Les combinaisons, très lourdes, soulignent la moiteur étouffante de Kinshasa. Elles témoignent également du désir de découvrir d’autres (…)

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