Source Réseau-International via Observateur-Continental

La gouvernance Biden, jugée inefficace, est désormais en péril. A quatre mois de l’élection de mi-mandat, la situation est vraiment catastrophique pour le président US, pour le parti démocrate et le camp néoconservateur/mondialiste qui le soutiennent.

Le taux de désapprobation d’un président US n’a jamais été aussi élevé, moins de deux ans après son accession au pouvoir. La moyenne des sondages les plus récents montre que près de 57% des citoyens US désapprouvent l’action du président, si l’on en croit les résultats publiés sur le site RCP (Real Clear Politics). Notons au passage que ce site RCP et les instituts de sondage sont globalement, et depuis longtemps, plus favorables aux démocrates qu’aux républicains (constat observationnel sur la comparaison sondages-résultat final pour plus d’une décennie d’élections US).

Les projections électorales donnent aujourd’hui un changement de majorité à la chambre des représentants pour novembre prochain et le retour en force des Républicains «trumpistes». Chambre actuelle: 220 démocrates – 209 républicains – 6 «vacances». Chambre «projetée»: 179 démocrates – 223 républicains + 33 sortants (parmi lesquels 29 démocrates dont le sort est encore indéterminé parce que donnés à égalité avec leur adversaire).

La tendance à la baisse des soutiens démocrates et mondialistes du président Biden continue de suivre inexorablement la baisse de popularité de celui ci, en dépit des tentatives de «colmatage» des médias mainstream, très majoritairement contrôlés par l’Etat profond globaliste qui a porté Joe Biden au pouvoir par des moyens que la morale devrait réprouver. Les citoyens US du «pays» profond, qu’il ne faut pas confondre avec l’Etat profond, désertent peu à peu le camp du mondialisme, soutenu par les médias dominants, la finance et les GAFAM, pour rejoindre le camp du souverainisme «trumpiste». Près de 70% des citoyens états-uniens considèrent que leur pays évolue dans la mauvaise direction. 22,7% seulement estiment encore que «tout va bien».

L’inéluctable victoire de la Russie dans son conflit contre le camp USA/OTAN/UE-Ukraine, victoire décisive qui pourrait intervenir avant l’élection de mi mandat du 8 novembre 2022, devrait porter un nouveau coup fatal à la popularité de Joe Biden déjà fortement compromise par sa gestion calamiteuse des crises internationales depuis son accession au pouvoir (retrait d’Afghanistan, notamment).

Une politique étrangère à la dérive. Après le peu glorieux retrait d’Afghanistan, perçu dans la quasi totalité du monde non otanien, mais aussi par les citoyens états-uniens, comme un nouveau signe de faiblesse du camp occidental et de la gouvernance US, l’Etat profond états-unien, néoconservateur et mondialiste, a jugé bon de poursuivre l’extension à l’Est de l’Europe de ses zones d’influence et de ses déploiements militaires (via l’Otan) pour étendre son hégémonie, dans le but ultime de soumettre la Russie et de prendre le contrôle de ses immenses ressources. 

Sous estimant son adversaire russe et surestimant sa capacité à l’affaiblir ou à le vaincre par une guerre éclair «économique», les néoconservateurs de la gouvernance américaine ont instrumentalisé une élite ukrainienne pro-occidentale, mise en place en 2014 par un coup d’Etat fomenté, à l’époque, par ces mêmes néocons US et leurs représentants en Ukraine (Madame Nuland).

 La provocation consistant à persécuter pendant 8 ans, en les bombardant toujours plus, les populations russophones et russophiles du Donbass, à piétiner les accords de Minsk, à renier les accords et la parole donnée à Gorbatchev en 1990, à annoncer la prochaine intégration de l’Ukraine dans l’Otan, a été organisée sciemment et pilotée par les néoconservateurs US.

Toutefois, bien que Vladimir Poutine ait annoncé ses intentions depuis des mois, tracé des lignes rouges et proposé de régler les problèmes par la négociation, l’ampleur et la forme de la réponse russe, face à l’indifférence et au mépris des USA et de l’Otan, ont surpris les stratèges américains qui, faute d’avoir les moyens de l’emporter militairement, ont réagi en instrumentalisant leurs 29 vassaux de l’Otan et en leur imposant d’appliquer à la Russie les sanctions économiques les plus fortes possibles, quel qu’en soit le coût pour leurs économies et le prix à payer par leurs populations. C’est là qu’on se souvient du propos révélateur et bien connu de la néoconservatrice US, Victoria Nuland, en 2014, lors du coup d’état du Maïdan: «Fuck the EU».

(…). La coalition occidentale a sous-estimé le nombre de pays qui, exaspérés par l’extraterritorialité du droit américain, par l’hégémonie dictatoriale et prédatrice du dollar, par les sanctions économiques tous azimuts et tous prétextes prononcées par les USA à l’encontre de tous les Etats qui refusent de se soumettre à leurs diktats, ont refusé de se joindre aux sanctions contre la Russie. Ainsi, la solidarité des pays du BRICS autour de la Russie lors du 14ème sommet annuel de juin 2022 a été, à cet égard, exemplaire. Il en sera probablement de même au sommet de l’OCS (Organisation de Coopération de Shangaï) qui se tiendra à Samarkand les 15 et 16 septembre prochain.

Ainsi, une large majorité des pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie ont conservé leurs bonnes relations politiques et commerciales avec la Russie, ce qui a largement contribué à rendre les sanctions occidentales inefficaces et même contre productives.

Si deux «petits pays» occidentaux, la Finlande et la Suède, regroupant à eux deux 15 millions d’habitants, ont demandé à rejoindre l’Otan, au détriment, d’ailleurs, de leur sécurité, beaucoup plus nombreux et plus peuplés sont les «grands pays» à s’être déclarés intéressés à rejoindre les BRICS et/ou à travailler avec eux, sous la houlette du trio Chine-Russie-Inde. L’Argentine, intéressée depuis 2014, l’Iran, déjà membre de l’OCS (Organisation de Coopération de Shangaï) depuis l’année dernière et l’Arabie saoudite sont, entre autres, sur les rangs, sans oublier l’Indonésie.  

Par ailleurs, un nombre toujours plus grand de pays d’Amérique latine prend du recul envers le «Parrain» états-unien. La plupart des pays latino-américains les plus importants évolue, au fil des élections, vers des majorités de gauche qui refusent désormais la soumission aux règles et aux intérêts états-uniens. C’est le cas du Mexique et de son président, Andres Manuel Lopez Obrador, de l’Argentine en octobre 2019, de la Bolivie en octobre 2020, mais c’est aussi le cas du Chili, en décembre 2021. L’élection présidentielle colombienne de mai 2022 vient d’enfoncer le clou. Pour ce qui est du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva est donné grand favori des élections présidentielles du 2 octobre prochain. Les Etats-Unis perdent, donc, inexorablement beaucoup de terrain en Amérique latine. Leur politique étrangère et leur influence y sont de plus en plus inopérantes.

Un recul de l’omnipuissance états-unienne est également observable, à l’identique, en Afrique et en Asie, continents dont les pays se lient désormais majoritairement et plus volontiers à la Chine et à la Russie.

Une hégémonie économique et financière US/Occidentale en voie d’effondrement. Tous les clignotants de l’économie américaine virent progressivement au rouge. La dette fédérale continue d’exploser en passant le cap des 30 545 milliards de dollars soit 143,5% du PIB2 dont 7455 milliards détenus par des créanciers étrangers. Cette part détenue par les pays étrangers diminue désormais car la dette US semble bien être devenue un produit financier toxique qui n’inspire plus confiance et nombre de pays commencent à se désengager progressivement depuis décembre 2021, surtout les pays qui envisagent d’être sanctionnés dans un avenir proche (Chine) et qui ont réalisé que le gel de leurs avoirs en Occident pouvait être décidés unilatéralement et brutalement par Washington et servilement appliqué par l’UE. Le constat d’un déficit budgétaire US de 1731 milliards de dollars nous indique que l’administration fédérale ne peut fonctionner qu’en abusant du crédit, en imprimant du dollar sans limite et sans contrepartie. Ainsi, le budget de la défense de 750 milliards de dollars ou le soutien à l’Ukraine de 64 milliards sont financés par les USA au prix de toujours plus de déficits et de dettes. 

Enfin, le déficit commercial US continue d’exploser lui aussi à 1180 milliards de dollars (rythme annuel) dont un tiers (387 milliards de $) avec la Chine. Ce déficit USA-Chine que Trump était parvenu à réduire à 308 milliards en fin d’année 2020 augmente désormais, avec Joe Biden, de plus de 40 milliards de $ par an. Il devrait battre son record absolu en fin d’année 2022 à plus de 420 milliards de dollars (…).

Général français (2S) Dominique Delawarde, ancien chef «Situation-Renseignement-Guerre électronique 19» à l’état-major interarmées de planification opérationnelle, sur la situation en Ukraine, mais aussi sur l’Otan.

Source: https://reseauinternational.net/lavenir-de-lactuelle-gouvernance-us-sera-determinant-pour-lavenir-du-monde/

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