Préface

Nous, chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OTAN, nous sommes réunis à

Madrid à un moment crucial pour la sécurité de l’Alliance ainsi que pour la paix et la stabilité à

l’échelle internationale. Aujourd’hui, nous approuvons un nouveau concept stratégique pour

que l’Alliance soit parée pour l’avenir et reste dotée de moyens adéquats.

Depuis plus de soixante-dix ans, l’OTAN assure la liberté et la sécurité des Alliés. Elle doit sa

réussite au dévouement et au sens du sacrifice dont font preuve les femmes et les hommes

qui servent dans les forces armées des pays membres. Nous tenons à leur témoigner, ainsi

qu’à leurs familles, notre profonde gratitude.

Nous restons fermement résolus à protéger la population de nos pays, soit un milliard de

personnes, à défendre le territoire de l’Alliance et à y préserver la liberté et la démocratie.

Nous entendons renforcer notre unité, notre cohésion et notre solidarité, en nous appuyant

sur le lien qui unit durablement nos pays par-delà l’Atlantique et sur la force des valeurs

démocratiques que nous partageons. Nous réaffirmons notre attachement indéfectible

au Traité de l’Atlantique Nord ainsi que notre volonté inébranlable de nous défendre

mutuellement face à toutes les menaces, quelle qu’en soit l’origine.

Nous continuerons d’œuvrer pour une paix juste, inclusive et durable, et nous resterons un

rempart de l’ordre international fondé sur des règles. Nous continuerons de nous inscrire dans

une perspective globale et nous travaillerons en étroite collaboration avec nos partenaires

ainsi qu’avec d’autres pays et organisations internationales, telles que l’Union européenne et

l’Organisation des Nations Unies, pour contribuer à la paix et à la sécurité au niveau mondial.

Notre monde est marqué par la conflictualité et l’imprévisibilité. La guerre d’agression que

la Fédération de Russie mène contre l’Ukraine a fait voler la paix en éclats et a profondément

bouleversé l’environnement de sécurité. Par son invasion, brutale et illicite, par ses violations

répétées du droit international humanitaire, par ses attaques odieuses et par les atrocités

perpétrées, la Fédération de Russie a causé d’indicibles souffrances et semé la dévastation.

Pour que la stabilité de la zone euro-atlantique soit assurée, il est indispensable que l’Ukraine

soit forte et indépendante. Moscou a adopté un mode de comportement agressif envers ses

voisins et la communauté transatlantique au sens large. Par ailleurs, nous sommes confrontés

à la menace persistante que constitue le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses

manifestations. Du reste, le climat d’instabilité, l’intensification de la compétition stratégique

et la montée de l’autoritarisme portent atteinte aux intérêts et aux valeurs de l’Alliance.

Le nouveau concept stratégique réaffirme que la raison d’être de l’OTAN est d’assurer notre

défense collective, suivant une approche à 360 degrés. Il définit les trois tâches fondamentales

qui incombent à l’OTAN : la dissuasion et la défense, la prévention et la gestion des crises,

et la sécurité coopérative. Nous insistons sur la nécessité de renforcer sensiblement notre

capacité de dissuasion et de défense, qui est la clé de voûte de notre engagement pour la

défense mutuelle, inscrit dans l’article 5.

La vocation fondamentale de la capacité nucléaire de l’OTAN est de préserver la paix, de

prévenir les actions coercitives et de décourager toute agression. Aussi longtemps qu’il y aura

des armes nucléaires, l’OTAN restera une alliance nucléaire. L’OTAN aspire à un monde plus

sûr pour tous ; nous nous attachons à créer l’environnement de sécurité qui permettra de

faire advenir un monde sans armes nucléaires.

Le concept stratégique met l’accent sur la résilience nationale et collective, clé de la

bonne exécution des trois tâches fondamentales et pierre angulaire de nos efforts visant à

protéger nos pays et nos sociétés et à préserver nos valeurs communes. Il souligne en outre

l’importance des thèmes transversaux que sont l’innovation technologique, dans laquelle il y

a lieu d’investir, et le changement climatique, la sécurité humaine et la thématique « femmes,

paix et sécurité », qu’il nous faut prendre en considération dans nos tâches fondamentales.

Nous avons une vision claire du monde que nous voulons : un monde où la souveraineté,

l’intégrité territoriale, les droits de la personne et le droit international sont respectés et où

chaque État peut choisir sa propre voie, sans subir d’agression ou de contrainte ni s’exposer

à la subversion. Nous travaillons avec tous ceux qui partagent ces objectifs. Nous sommes

unis, en tant qu’Alliés, pour défendre notre liberté et contribuer à l’édification d’un monde

plus pacifique.

Mission et principes

1. L’OTAN est déterminée à préserver la liberté et la sécurité des Alliés. Sa raison d’être et sa

responsabilité première consistent à assurer notre défense collective contre toutes les menaces,

d’où qu’elles viennent. L’Alliance a une vocation défensive.

2. Le lien qui unit nos pays par-delà l’Atlantique est indispensable à notre sécurité. Nous sommes

liés par des valeurs communes : liberté individuelle, droits de la personne, démocratie, état

de droit. Nous demeurons résolument attachés aux buts et principes de la Charte des Nations

Unies ainsi qu’au Traité de l’Atlantique Nord.

3. L’OTAN est l’unique forum transatlantique, essentiel et indispensable, pour les consultations,

la coordination et l’action sur toutes les questions touchant à notre sécurité individuelle et

collective. Nous renforcerons l’Alliance, qui repose sur l’indivisibilité de notre sécurité, sur

notre solidarité et sur notre engagement indéfectible pour notre défense mutuelle, inscrit dans

l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord. Notre capacité de dissuasion et de défense est la clé de

voûte de cet engagement.

4. L’OTAN continuera d’assumer trois tâches fondamentales : la dissuasion et la défense, la

prévention et la gestion des crises, et la sécurité coopérative. Ce sont des tâches qui se

complètent au profit de la défense et de la sécurité collectives de tous les Alliés.

5. Nous allons accroître notre résilience, tant individuelle que collective, ainsi que notre avance

technologique. Cela est essentiel à la bonne exécution des tâches fondamentales de l’OTAN.

Nous encouragerons la bonne gouvernance et tiendrons compte du changement climatique,

de la sécurité humaine et de la thématique « femmes, paix et sécurité » dans toutes nos tâches.

En outre, nous continuerons de promouvoir l’égalité des genres, conformément à nos valeurs.

Environnement stratégique

6. La zone euro-atlantique n’est pas en paix. La Fédération de Russie a violé les règles et les

principes qui avaient contribué à la stabilité et à la prévisibilité de l’ordre de sécurité européen.

La possibilité d’une atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de pays de l’Alliance

n’est pas à exclure. La compétition stratégique, l’instabilité et les chocs répétés sont autant de

traits qui caractérisent notre environnement de sécurité au sens large. Nous sommes face à des

menaces d’envergure planétaire, liées les unes aux autres.

7. Des acteurs autoritaires s’en prennent à nos intérêts, à nos valeurs et à nos démocraties. Au

mépris de l’exigence de transparence, des règles internationales et de leurs engagements

internationaux, ils investissent dans des capacités conventionnelles, nucléaires et missilières

avancées. Des compétiteurs stratégiques testent notre résilience et tentent d’abuser de

l’ouverture et de l’interconnexion de nos pays ainsi que de la transformation numérique qui

s’y opère. Ils s’ingèrent dans nos processus et institutions démocratiques et mettent en danger

la sécurité de nos concitoyens en ayant recours, directement ou via des intermédiaires, à des

procédés hybrides. Ils commettent des actes de malveillance dans le cyberespace et dans

l’espace, soutiennent des campagnes de désinformation, instrumentalisent la migration,

jouent sur le levier de l’énergie et usent de la coercition économique. En outre, ces acteurs sont

au cœur d’une entreprise visant à fragiliser les règles et institutions multilatérales ainsi qu’à

promouvoir des modèles de gouvernance autoritaires.

8. La Fédération de Russie constitue la menace la plus importante et la plus directe pour la

sécurité des Alliés et pour la paix et la stabilité dans la zone euro-atlantique. Par la coercition,

la subversion, l’agression et l’annexion, elle tente d’exercer un contrôle direct et d’établir des

sphères d’influence. Elle emploie des moyens conventionnels, cyber ou hybrides contre nous

et contre nos partenaires. Sa posture militaire coercitive, sa rhétorique et le fait qu’elle soit

manifestement prête à mettre la force au service de ses objectifs politiques ébranlent l’ordre

international fondé sur des règles. La Fédération de Russie modernise ses forces nucléaires et

étend ses nouveaux vecteurs à double capacité, aux effets perturbateurs, tout en brandissant la

menace nucléaire. Elle s’attache à déstabiliser des pays situés à l’est ou au sud du territoire de

l’Alliance. Dans le Grand Nord, sa capacité à entraver le renfort d’Alliés par le nord de l’Atlantique

ainsi que la liberté de navigation dans cette zone constitue un défi stratégique pour l’Alliance.

Le renforcement par la Fédération de Russie de son dispositif militaire, notamment dans les

régions de la mer Baltique, de la mer Noire et de la Méditerranée, ainsi que son intégration

militaire avec le Bélarus portent atteinte à la sécurité et aux intérêts des Alliés.

9. L’OTAN ne cherche pas la confrontation et ne représente aucune menace pour la Fédération

de Russie. Nous continuerons de répondre de façon concertée et responsable aux menaces et

aux actes d’hostilité de ce pays. Nous renforcerons sensiblement notre posture de dissuasion

et de défense à l’appui des Alliés, nous améliorerons notre résilience face à la coercition russe,

et nous aiderons nos partenaires à s’opposer aux ingérences malveillantes, ainsi qu’à contrer

toute agression. Compte tenu des politiques et des agissements hostiles de la Fédération de

Russie, nous ne pouvons pas la considérer comme un partenaire. Nous restons néanmoins

disposés à maintenir ouverts les canaux de communication avec Moscou pour gérer et réduire

les risques, prévenir toute escalade et accroître la transparence. Nous aspirons à la stabilité et

à la prévisibilité dans la zone euro-atlantique ainsi qu’entre l’OTAN et la Fédération de Russie.

Pour que nos rapports avec ce pays évoluent, il faudra que celui-ci se départisse de son attitude

agressive et qu’il se conforme pleinement au droit international.

10. Le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, est la menace

asymétrique la plus directe pour la sécurité de nos concitoyens ainsi que pour la paix et la

prospérité internationales. Des organisations terroristes cherchent à commettre ou à inspirer

des attentats contre des Alliés. Elles développent leurs réseaux, améliorent leurs capacités et

investissent dans de nouvelles technologies pour élargir leur rayon d’action et accroître leur

capacité meurtrière. Des groupes armés non étatiques, parmi lesquels des réseaux terroristes

transnationaux et des acteurs soutenus par des États, continuent d’exploiter les conflits et les

faiblesses des systèmes de gouvernance pour recruter, mobiliser et étendre leur emprise.

11. Les conflits en Afrique et au Moyen-Orient ainsi que la fragilité et l’instabilité de ces régions

compromettent directement notre sécurité et celle de nos partenaires. Le voisinage méridional

de l’Alliance, en particulier le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et le Sahel, est confronté à des défis

qui s’enchevêtrent, sur le plan de la sécurité mais aussi sur les plans démographique, économique

et politique. Ces difficultés sont amplifiées par les effets du changement climatique, la fragilité

des institutions, les urgences sanitaires et l’insécurité alimentaire. Un tel contexte est propice à la

prolifération des groupes armés non étatiques, dont les organisations terroristes. Il permet aussi

à des compétiteurs stratégiques de se livrer à des actes d’ingérence déstabilisateurs et coercitifs.

12. Le climat d’instabilité se traduit par des violences contre les civils – notamment des

violences sexuelles liées aux conflits – ainsi que par des dommages aux biens culturels et à

l’environnement. Il donne lieu à des déplacements forcés qui alimentent la traite des êtres

humains et la migration irrégulière. Ces phénomènes sont source de défis humanitaires

majeurs, de portée transnationale. Ils mettent à mal la sécurité humaine et celle des États, et ils

touchent de manière disproportionnée les femmes, les enfants et les minorités.

13. La République populaire de Chine affiche des ambitions et mène des politiques coercitives qui

sont contraires à nos intérêts, à notre sécurité et à nos valeurs. Elle recourt à une large panoplie

d’outils politiques, économiques et militaires pour renforcer sa présence dans le monde et

projeter sa puissance. Parallèlement, elle entretient le flou quant à sa stratégie, à ses intentions

et au renforcement de son dispositif militaire. Ses opérations hybrides ou cyber malveillantes,

sa rhétorique hostile et ses activités de désinformation prennent les Alliés pour cible et portent

atteinte à la sécurité de l’Alliance. Elle cherche à exercer une mainmise sur des secteurs

technologiques et industriels clés, des infrastructures d’importance critique et des matériaux

et chaînes d’approvisionnement stratégiques. Elle utilise le levier économique pour créer des

dépendances stratégiques et accroître son influence. Elle s’emploie à saper l’ordre international

fondé sur des règles, notamment pour ce qui concerne les domaines spatial, cyber et maritime. Le

resserrement du partenariat stratégique entre la République populaire de Chine et la Fédération

de Russie, ainsi que leurs tentatives, se conjuguant entre elles, qui visent à déstabiliser l’ordre

international fondé sur des règles, vont à l’encontre de nos valeurs et de nos intérêts.

14. Nous demeurons disposés à interagir avec la République populaire de Chine de façon constructive, notamment au profit d’une plus grande transparence mutuelle, l’objectif étant de protéger les intérêts de sécurité de l’Alliance. Nous travaillerons ensemble de manière responsable, en tant qu’Alliés, pour répondre aux défis systémiques que la République populaire de Chine fait peser sur la sécurité euroatlantique et pour faire en sorte que l’OTAN reste durablement à même d’assurer notre défense et notre sécurité. Nous affinerons notre connaissance commune des enjeux,

renforcerons notre résilience, relèverons notre niveau de préparation, et nous prémunirons

contre les procédés coercitifs employés par la République populaire de Chine ainsi que contre ses

tentatives visant à diviser l’Alliance. Nous défendrons les valeurs que nous partageons, de même

que l’ordre international fondé sur des règles, y compris la liberté de navigation.

15. Le cyberespace est le théâtre d’une contestation permanente. Des acteurs malveillants cherchent

à endommager nos infrastructures d’importance critique, à perturber le fonctionnement de

nos services publics, à dérober des renseignements, à voler des contenus soumis à la propriété

intellectuelle ou à entraver nos activités militaires.

16. Des compétiteurs stratégiques et des adversaires potentiels investissent dans des technologies

qui pourraient leur permettre de limiter notre accès à l’espace ainsi que notre liberté d’action

dans ce milieu, d’endommager nos capacités spatiales, de prendre pour cible nos infrastructures

civiles ou militaires, d’affaiblir notre défense et de porter atteinte à notre sécurité.

17. Les technologies émergentes et technologies de rupture sont porteuses d’opportunités mais aussi

de risques. Elles changent la nature des conflits, gagnent en importance sur le plan stratégique

et sont en passe de devenir l’un des principaux champs de la compétition internationale. De

plus en plus souvent, la supériorité technologique est l’un des facteurs de la victoire militaire.

18. L’érosion de l’architecture de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération

porte préjudice à la stabilité stratégique. Les violations et le respect sélectif, par la Fédération de

Russie, de ses obligations et engagements en matière de maîtrise des armements contribuent

à la dégradation de l’environnement de sécurité en général. La possibilité que des États ou

des acteurs non étatiques hostiles aient recours à des substances ou à des armes chimiques,

biologiques, radiologiques ou nucléaires contre l’OTAN demeure une menace pour notre

sécurité. L’Iran et la Corée du Nord continuent de développer leurs programmes nucléaires

et leurs programmes de missiles. La Syrie, la Corée du Nord et la Fédération de Russie, ainsi

que des acteurs non étatiques, ont employé des armes chimiques. La République populaire de

Chine développe son arsenal nucléaire à un rythme soutenu et met au point des vecteurs de

plus en plus sophistiqués, sans chercher à accroître la transparence ni s’associer de bonne foi

aux processus de maîtrise des armements et de réduction des risques.

19. Le changement climatique est l’un des plus grands défis de notre temps. Il a de lourdes

conséquences pour la sécurité des Alliés. Il agit comme un multiplicateur de crises et de menaces.

Il peut exacerber les conflits, les fragilités ainsi que la compétition géopolitique. La hausse des

températures fait monter le niveau des mers, provoque des feux de végétation et entraîne une

multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, ce qui désorganise nos sociétés,

compromet notre sécurité et menace la vie et les moyens de subsistance de nos concitoyens. En

outre, le changement climatique se répercute sur le travail de nos forces armées : les infrastructures,

moyens et bases sont vulnérables à ses effets, les forces doivent opérer dans des conditions

climatiques extrêmes, et elles sont plus souvent appelées à intervenir en cas de catastrophe.

Tâches fondamentales de l’OTAN

Dissuasion et défense

20. Bien que l’OTAN soit une alliance défensive, nul ne doit douter de notre force ni de notre

détermination à défendre chaque centimètre carré du territoire des Alliés, à préserver la

souveraineté et l’intégrité territoriale de nos pays et à l’emporter sur tout agresseur. Dans un

environnement caractérisé par la compétition stratégique, nous entendons développer notre

connaissance de la situation internationale et nous inscrire dans une perspective plus globale

afin d’exercer une dissuasion, d’assurer la défense, de faire obstacle à la contestation et de faire

interdiction, dans tous les milieux d’opérations et dans toutes les directions, en conformité avec

notre approche à 360 degrés. La posture de dissuasion et de défense de l’OTAN combine de façon

appropriée capacités nucléaires, capacités conventionnelles et capacités de défense antimissiles,

complétées par des capacités spatiales et des capacités cyber. Elle est défensive, proportionnée

et pleinement conforme à nos engagements internationaux. Nous répondrons à toute menace

pour notre sécurité comme et quand nous l’entendrons, dans le milieu de notre choix, en utilisant

des outils militaires et non militaires de façon proportionnée, cohérente et intégrée.

21. Nous allons renforcer sensiblement notre posture de dissuasion et de défense afin de priver

tout adversaire potentiel de toute occasion d’agression. À cet effet, nous maintiendrons en

continu une présence importante sur terre, en mer et dans les airs, et nous nous emploierons

notamment à consolider notre défense aérienne et antimissile intégrée. Nous assurerons la

dissuasion et la défense de l’avant en veillant à disposer de forces en place multidomaines

prêtes au combat et performantes, en perfectionnant nos mécanismes de commandement et de

contrôle, en prépositionnant des munitions et des équipements et en améliorant nos capacités

et nos infrastructures, l’objectif étant de pouvoir renforcer rapidement tout Allié, y compris sans

préavis ou sur court préavis. Nous ajusterons l’équilibre entre forces en place et moyens de

renforcement pour être plus dissuasifs et accroître la capacité de défense de l’Alliance. Tenant

compte de l’exacte mesure des menaces, nous veillerons à ce que notre posture de dissuasion

et de défense demeure crédible, modulable, adaptée aux besoins et soutenable dans la durée.

22. Nous continuerons d’améliorer la disponibilité opérationnelle, la réactivité, la déployabilité,

l’intégration et l’interopérabilité de nos forces. Nous mettrons à disposition, chacun pour notre part

et collectivement, tout l’éventail des forces, capacités, plans, ressources, moyens et infrastructures

nécessaires à la dissuasion et à la défense, y compris au combat multidomaine de haute intensité

contre des compétiteurs à parité disposant de l’arme nucléaire. Nous veillerons à ce que la structure

de commandement reste performante, résiliente et intégrée, nous ferons en sorte que les plans de

défense des Alliés et de l’OTAN gagnent en cohérence, et nous consoliderons et moderniserons

la structure de forces de l’OTAN. Nous mettrons davantage l’accent sur l’entraînement et les

exercices, nous adapterons et simplifierons les procédures de prise de décision, nous améliorerons

la planification et nous accroîtrons l’efficacité du système OTAN de réponse aux crises.

23. La sûreté maritime est un facteur clé de la paix et de la prospérité de nos pays. Nous entendons

renforcer notre posture et améliorer notre connaissance de la situation pour pouvoir assurer

la dissuasion et la défense face à toutes les menaces dans le domaine maritime, préserver la

liberté de navigation, sécuriser les routes commerciales maritimes et protéger nos principales

lignes de communication.

24. Nous allons accélérer le processus de transformation numérique dans lequel nous sommes

engagés, adapter la structure de commandement de l’OTAN pour l’ère de l’information et

renforcer nos moyens de cyberdéfense, nos réseaux et nos infrastructures. Nous encouragerons

l’innovation et nous augmenterons nos investissements dans les technologies émergentes

et technologies de rupture afin de préserver l’interopérabilité de nos forces ainsi que notre

avantage militaire. Ensemble, nous nous emploierons à adopter de nouvelles technologies, à

les mettre en œuvre, à coopérer avec le secteur privé, à protéger nos écosystèmes d’innovation

ainsi qu’à travailler à l’élaboration des normes, et nous nous conformerons à des principes

d’utilisation responsable reflétant les valeurs démocratiques qui sont les nôtres de même que

les droits de la personne.

25. Pour assurer une dissuasion et une défense efficaces, il est indispensable d’avoir un accès libre à

l’espace et au cyberespace et de pouvoir les utiliser en toute sécurité. Nous nous rendrons mieux

à même d’opérer efficacement dans l’espace et le cyberespace afin de pouvoir prévenir, détecter

et contrer les menaces de toute nature et y répondre, en tirant parti de tous les outils disponibles.

Un acte isolé de cybermalveillance ou une opération hostile mené(e) en direction de l’espace,

depuis l’espace ou dans l’espace, ou une série de tels actes ou opérations, pourrait atteindre le

seuil correspondant à une attaque armée et conduire le Conseil de l’Atlantique Nord à invoquer

l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord. Nous considérons que le droit international s’applique

dans le cyberespace et dans l’espace, et nous prônerons l’adoption d’une conduite responsable

dans ces deux milieux. En outre, nous renforcerons la résilience des capacités spatiales et des

capacités cyber dont nous dépendons pour notre défense et notre sécurité collectives.

26. Nous nous emploierons de façon plus résolue, intégrée et cohérente à accroître la résilience

de nos pays et celle de l’Alliance face aux menaces et défis militaires comme non militaires

qui pèsent sur notre sécurité ; il s’agit là d’une responsabilité nationale et d’un engagement

collectif découlant de l’article 3 du Traité de l’Atlantique Nord. Nous nous attacherons à

déceler et à atténuer les vulnérabilités et dépendances stratégiques, notamment celles qui

touchent nos infrastructures critiques, nos chaînes d’approvisionnement et nos systèmes

de santé. Nous renforcerons notre sécurité énergétique en investissant pour la stabilité et la

fiabilité des approvisionnements, des fournisseurs et des sources d’énergie. Nous veillerons

à une bonne préparation du secteur civil pour que soient assurés la continuité de l’action des

pouvoirs publics, la fourniture de services essentiels à nos concitoyens et le soutien du secteur

civil aux armées. Nous améliorerons notre aptitude à nous préparer, à résister et à répondre

aux perturbations et aux chocs stratégiques, ainsi qu’à nous en remettre rapidement, et nous

veillerons à la continuité des activités de l’Alliance.

27. Nous nous doterons des moyens d’assurer la dissuasion, de nous prémunir et de nous défendre

face à tout procédé à caractère politique, économique, énergétique ou informationnel ou tout

autre procédé hybride qui serait utilisé à des fins coercitives par des acteurs étatiques ou

non étatiques. Les opérations hybrides menées contre des Alliés pourraient atteindre le seuil

correspondant à une attaque armée et conduire le Conseil de l’Atlantique Nord à invoquer

l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord. Nous continuerons d’aider nos partenaires à lutter

contre les menaces hybrides et nous chercherons à maximiser les synergies avec d’autres

acteurs, dont l’Union européenne.

28. La vocation fondamentale de la capacité nucléaire de l’OTAN est de préserver la paix, de

prévenir les actions coercitives et de décourager toute agression. Les armes nucléaires sont des

armes à part. Il est très peu probable que les circonstances se présentent dans lesquelles l’OTAN

pourrait être amenée à y recourir. Tout emploi d’armes nucléaires contre l’OTAN altérerait

fondamentalement la nature d’un conflit. L’Alliance a les capacités et la détermination voulues

pour faire payer à tout adversaire un prix inacceptable, largement supérieur aux gains que

celui-ci pourrait espérer obtenir.

29. Les forces nucléaires stratégiques de l’Alliance, et en particulier celles des ÉtatsUnis, sont la

garantie ultime de la sécurité des Alliés. Les forces nucléaires stratégiques indépendantes

du Royaume-Uni et de la France ont un rôle de dissuasion propre et contribuent de manière

significative à la sécurité globale de l’Alliance. Le fait que ces Alliés aient chacun un centre de

décision distinct concourt à la dissuasion en compliquant les calculs d’adversaires potentiels.

La posture de dissuasion nucléaire de l’OTAN repose également sur les armes nucléaires des

États-Unis déployées à l’avant en Europe, ainsi que sur les moyens mis à disposition par les

Alliés concernés. Les contributions nationales à la mission de dissuasion nucléaire de l’OTAN,

sous la forme d’avions à double capacité, demeurent un élément central du dispositif.

30. L’OTAN fera tout ce qui est nécessaire pour assurer la crédibilité, l’efficacité, la sûreté et la

sécurité de la mission de dissuasion nucléaire. L’Alliance est déterminée à pousser plus loin

l’intégration et à améliorer la cohérence des capacités et des activités, pour tous les milieux

d’opérations et tous les degrés de conflictualité ; dans le même temps, elle réaffirme que la

dissuasion nucléaire occupe une place à part, tout à fait singulière. L’OTAN continuera d’assurer

une dissuasion crédible, de renforcer sa communication stratégique, d’accroître l’efficacité de

ses exercices et de réduire les risques stratégiques.

31. Nous continuerons d’investir dans la défense contre les menaces chimiques, biologiques,

radiologiques et nucléaires. Nous perfectionnerons nos politiques, nos plans, notre

entraînement et nos exercices, et nous évaluerons nos capacités afin que notre posture de

dissuasion et de défense tienne compte des besoins.

32. La stabilité stratégique, à laquelle concourent l’efficacité de la posture de dissuasion et de

défense, la maîtrise des armements et le désarmement ainsi qu’un dialogue politique véritable,

mené dans un esprit de réciprocité, demeure essentielle pour notre sécurité. La maîtrise des

armements, le désarmement et la non-prolifération contribuent grandement à la réalisation

des objectifs de l’Alliance. Par leur action dans ces domaines, les Alliés cherchent à réduire

les risques et à améliorer la sécurité, la transparence, le dispositif de vérification et le respect

des engagements pris en la matière. Nous travaillerons sur tous les facteurs de réduction

des risques stratégiques, notamment le renforcement de la confiance et de la prévisibilité au

travers du dialogue, l’amélioration de la compréhension et la mise en place d’outils efficaces

de prévention et de gestion des crises. Ces efforts tiendront compte de l’environnement de

sécurité du moment ainsi que des considérations relatives à la sécurité des différents Alliés,

et ils ajouteront à la posture de dissuasion et de défense de l’Alliance. Nous utiliserons la

plateforme qu’offre l’OTAN pour des discussions approfondies et des consultations étroites sur

les initiatives de maîtrise des armements.

33. Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires est le principal rempart contre la

dissémination de ce type d’armes, et nous demeurons résolument attachés à ce qu’il soit

pleinement mis en œuvre, y compris son article VI. L’OTAN s’emploie à créer l’environnement

de sécurité qui permettra de faire advenir un monde sans armes nucléaires, conformément aux

objectifs énoncés dans ledit traité.

34. La lutte contre le terrorisme est essentielle à notre défense collective. Le rôle de l’OTAN dans

cette lutte contribue aux trois tâches fondamentales et fait partie intégrante de l’approche

à 360 degrés suivie par l’Alliance en matière de dissuasion et de défense. Les organisations

terroristes mettent en péril la sécurité de nos concitoyens, de nos forces et du territoire de

nos pays. Nous continuerons de contrer les menaces et défis qu’elles représentent, d’assurer la

dissuasion face à ces menaces et défis, de nous en défendre et d’y répondre en faisant appel à

une combinaison de mesures de prévention, de protection et d’interdiction. Nous intensifierons

la coopération avec la communauté internationale, et notamment avec l’Organisation des

Nations Unies et l’Union européenne, pour agir sur les conditions qui favorisent l’expansion du

terrorisme.

Prévention et gestion des crises

35. Il est dans l’intérêt des Alliés de contribuer à la stabilité et de gérer les conflits ensemble, dans le

cadre de l’OTAN. Nous continuerons de nous employer à prévenir les crises qui sont susceptibles

de porter atteinte à notre sécurité, ainsi qu’à répondre à de telles crises. Nous développerons

les compétences et l’expertise particulières que nous avons acquises dans le domaine de la

gestion des crises. Dans cette optique, nous nous attacherons, au travers d’exercices réguliers,

à améliorer notre degré de préparation aux crises ainsi que notre faculté à y répondre et à les

gérer, et nous tirerons parti de notre aptitude à coordonner, mener et soutenir, y compris dans

la durée, des opérations multinationales de réponse aux crises.

36. Nous ferons en sorte que soient à disposition les ressources, capacités, moyens de formation

et mécanismes de commandement et de contrôle nécessaires pour pouvoir lancer et soutenir

dans la durée des opérations militaires et civiles de gestion de crise, de stabilisation ou de

lutte contre le terrorisme, y compris à distance stratégique. En nous appuyant sur les leçons

des trente dernières années, et notamment des opérations de l’OTAN en Afghanistan, nous

continuerons d’améliorer la disponibilité opérationnelle de nos forces, nos capacités militaires

et civiles ainsi que la planification et la coordination civilomilitaires. Par ailleurs, nous veillerons

à ce que l’Alliance soit encore mieux à même d’appuyer les opérations civiles de gestion de

crise et de secours en cas de catastrophe ainsi que de se préparer aux effets que le changement

climatique, l’insécurité alimentaire et les urgences sanitaires auront sur la sécurité de ses pays

membres. Nous pourrons ainsi parer très rapidement à toute éventualité.

37. Les partenaires apportent une contribution importante aux activités de gestion de crise

dirigées par l’OTAN. Nous maintiendrons des contacts politiques suivis avec ceux d’entre eux

qui souhaitent contribuer à nos missions et à nos opérations, et nous continuerons de travailler

avec eux à l’interopérabilité militaire.

38. Nous ferons davantage pour anticiper et prévenir les crises et les conflits. La prévention

permet de contribuer de façon durable à la stabilité, ainsi qu’à la sécurité des Alliés. Nous

apporterons une aide accrue à nos partenaires, notamment en les soutenant dans le

développement des capacités qui leur permettront de lutter contre le terrorisme et de

répondre aux défis de sécurité qui nous concernent également. Nous allons fournir aux

partenaires vulnérables, dans notre voisinage et au-delà, une assistance plus importante

et plus étendue dans le domaine de la sécurité et du renforcement des capacités, afin qu’ils

soient mieux préparés, plus résilients et davantage à même de s’opposer aux ingérences

malveillantes, de prévenir les tentatives de déstabilisation et de contrer toute agression.

39. La sécurité humaine, et notamment la protection des civils et la limitation des dommages

causés à ceux-ci, est un élément central de notre approche de la prévention et de la gestion

des crises. Nous travaillerons avec d’autres acteurs internationaux pour agir sur les facteurs

qui alimentent les crises et entretiennent un climat d’instabilité, ainsi que pour contribuer à la

stabilisation et à la reconstruction. Nous intensifierons la coordination et la coopération avec

l’Organisation des Nations Unies et l’Union européenne, ainsi qu’avec d’autres organisations

régionales telles que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et l’Union

africaine.

Sécurité coopérative

40. L’élargissement de l’OTAN est une réussite historique. Il a renforcé l’Alliance, apporté la sécurité

à des millions de citoyens européens et contribué à la paix et à la stabilité dans la zone euro-

atlantique. Nous maintenons notre politique de la porte ouverte, fondée sur l’article 10 du

Traité de l’Atlantique Nord, car elle est conforme à nos valeurs fondamentales ainsi qu’à notre

intérêt stratégique, qui réside dans la paix et la stabilité dans la zone euro-atlantique. Ainsi,

notre porte reste ouverte à toutes les démocraties européennes qui partagent les valeurs de

l’Alliance, qui sont désireuses et capables d’assumer les responsabilités et obligations liées

au statut de membre, et dont l’adhésion favoriserait notre sécurité commune. Les décisions

relatives aux adhésions sont prises par les Alliés, et aucune tierce partie n’a son mot à dire dans

ce processus.

41. La sécurité des pays qui aspirent à devenir membres de l’Alliance est intimement liée à la nôtre.

Nous sommes fermement attachés à leur indépendance, à leur souveraineté et à leur intégrité

territoriale. Nous intensifierons le dialogue politique et la coopération avec ces pays, nous les

aiderons à accroître leur résilience face aux ingérences malveillantes ainsi qu’à renforcer leurs

capacités, et nous les soutiendrons davantage, sur le plan pratique, dans la concrétisation de

leurs ambitions euroatlantiques. Nous continuerons de développer nos partenariats avec la

Bosnie-Herzégovine, la Géorgie et l’Ukraine pour faire avancer la paix, la stabilité et la sécurité

dans la zone euro-atlantique, qui sont dans notre intérêt commun. Nous confirmons la décision

prise concernant la Géorgie et l’Ukraine au sommet de Bucarest, en 2008, ainsi que toutes les

décisions ultérieures se rapportant à ces pays.

42. Le dialogue politique et la coopération pratique avec les partenaires, fondés sur le respect

mutuel et l’intérêt de toutes les parties, contribuent à la stabilité au-delà de nos frontières,

favorisent la sécurité à l’intérieur de celles-ci et aident à l’exécution des tâches fondamentales

de l’OTAN. Les partenariats sont des atouts indispensables lorsqu’il s’agit de protéger les

espaces internationaux, d’accroître notre résilience et de préserver l’ordre international fondé

sur des règles.

43. L’Union européenne est pour l’OTAN un partenaire incontournable et sans équivalent. Les pays

membres de l’OTAN et ceux de l’Union européenne partagent les mêmes valeurs. Les deux

organisations jouent des rôles complémentaires, cohérents et se renforçant mutuellement

au service de la paix et de la sécurité au niveau international. Dans le prolongement de

la coopération qui s’exerce de longue date entre l’OTAN et l’Union européenne, nous

approfondirons le partenariat stratégique entre celles-ci, nous intensifierons les consultations

politiques, et nous développerons la coopération sur des questions d’intérêt commun telles

que la mobilité militaire, la résilience, les incidences du changement climatique sur la sécurité,

les technologies émergentes et technologies de rupture, la sécurité humaine, le programme

« femmes, paix et sécurité », la lutte contre les cybermenaces et les menaces hybrides ou encore

la réponse aux défis systémiques que la République populaire de Chine fait peser sur la sécurité

euro-atlantique. Pour que le partenariat stratégique entre l’OTAN et l’Union européenne puisse

effectivement s’approfondir encore, il sera primordial que les Alliés non membres de l’Union

européenne soient pleinement associés aux initiatives de celle-ci en matière de défense.

L’OTAN reconnaît l’intérêt d’une défense européenne plus forte et plus performante, qui

contribue réellement à la sécurité transatlantique et mondiale, complète l’action de l’OTAN et

soit interopérable avec celle-ci. Les initiatives destinées à augmenter les budgets de défense

et à mettre en place des capacités cohérentes dans un esprit de renforcement mutuel tout en

évitant les doublets inutiles sont un volet essentiel de notre effort conjoint visant à rendre la

zone euro-atlantique plus sûre.

44. Nous consoliderons nos liens avec les partenaires qui partagent les valeurs de l’Alliance et

qui, comme elle, ont intérêt à ce que l’ordre international fondé sur des règles soit préservé.

Nous approfondirons le dialogue et la coopération pour défendre cet ordre et nos valeurs ainsi

que pour protéger les systèmes, normes et technologies sur lesquels ceux-ci reposent. Nous

développerons les contacts avec des pays de notre voisinage plus ou moins lointain, et nous

restons disposés à avoir des échanges avec des pays et des organisations, quels qu’ils soient,

quand cela peut renforcer notre sécurité mutuelle. Notre approche demeurera dictée par une

logique d’intérêts, modulable, axée sur les réponses à apporter aux défis et menaces communs,

et adaptable en fonction de l’évolution des réalités géopolitiques.

45. Les Balkans occidentaux et la région de la mer Noire sont des zones stratégiquement importantes

pour l’Alliance. Nous continuerons de soutenir les pays de ces régions qui manifestent des

aspirations euro-atlantiques. Nous ferons davantage pour les aider à faire face aux menaces

et défis spécifiques auxquels ils sont confrontés et à renforcer leur résilience face aux actes

d’ingérence ou de coercition commis par des tiers malintentionnés. Nous travaillerons avec

les partenaires pour répondre aux menaces et défis communs en matière de sécurité dans

les régions présentant un intérêt stratégique pour l’Alliance, notamment le Moyen-Orient et

l’Afrique du Nord ainsi que le Sahel. L’OTAN attache de l’importance à l’Indo-Pacifique, car

l’évolution de la situation dans cette partie du monde est susceptible d’avoir des incidences

directes sur la sécurité euro-atlantique. Dans cette zone, nous entretiendrons un dialogue et

une coopération avec nos partenaires actuels ainsi qu’avec de nouveaux partenaires, afin de

répondre aux défis interrégionaux et de défendre nos intérêts de sécurité communs.

46. L’OTAN doit devenir l’organisation internationale de référence pour ce qui est de comprendre

les incidences du changement climatique sur la sécurité et de s’y adapter. L’Alliance jouera

un rôle moteur dans les initiatives qui viseront à évaluer les effets du dérèglement climatique

sur la défense et la sécurité et à faire face aux défis qui en découlent. Nous contribuerons à la

lutte contre le changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, en

améliorant l’efficacité énergétique, en investissant dans la transition vers des sources d’énergie

propres et en mettant à profit les technologies vertes, sans compromettre l’efficacité militaire

ni porter atteinte à la crédibilité de notre posture de dissuasion et de défense.

Maintenir l’Alliance sur la voie de la réussite

47. Investir dans l’OTAN est le meilleur moyen non seulement de faire perdurer le lien qui unit

les Alliés européens et les Alliés d’Amérique du Nord, mais aussi de contribuer à la paix et à la

stabilité dans le monde. Nous continuerons de renforcer notre unité et notre solidarité sur le

plan politique, ainsi que d’approfondir nos consultations et d’en élargir le champ de manière

à couvrir toutes les questions touchant à notre sécurité. Nous nous engageons à intensifier les

consultations lorsque la sécurité et la stabilité d’un Allié sont menacées ou lorsque nos valeurs

et principes fondamentaux sont en péril.

48. Nous partagerons équitablement les responsabilités à assumer et les risques à prendre pour notre

défense et notre sécurité. Nous mettrons à disposition toutes les ressources, infrastructures,

capacités et forces nécessaires à la pleine exécution des tâches fondamentales de l’OTAN et à

la mise en œuvre de nos décisions. Nous veillerons à ce que nos pays respectent intégralement

l’engagement en matière d’investissements de défense, de façon à disposer de toutes les

capacités requises. Nous ferons fond sur les progrès accomplis pour que l’augmentation des

dépenses de défense de nos pays et de l’enveloppe du financement commun soit à la mesure

des défis qui se présentent à l’heure où l’ordre de sécurité est davantage contesté.

49. L’OTAN est indispensable à la sécurité euro-atlantique. Elle est la garante de la paix, de la

liberté et de la prospérité de nos pays. Nous resterons unis, en tant qu’Alliés, pour défendre

notre sécurité, nos valeurs et notre modèle démocratique.



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