Source Observateur-Continental

Paul Nakasone, chef du commandement cybernétique (U.S. Cyber Command) et directeur de la National Security Agency (NSA), a souligné que les actions des renseignements et des militaires américains étaient tout à fait légales et menées sous la supervision des structures civiles

Les renseignements américains menaient des cyberopérations offensives contre la Russie afin de soutenir l’Ukraine dans son conflit contre Moscou. C’est ce qu’a déclaré Paul Nakasone dans une interview à la chaîne britannique Sky News en juin. 

« Nous avons mené plusieurs opérations de différents spectres: offensives, défensives, informationnelles », a déclaré le responsable américain, sans pour autant dévoiler leur fond. Il a néanmoins souligné que les actions des renseignements et des militaires américains étaient tout à fait légales et menées sous la supervision des structures civiles. 

À titre d’exemple d’opérations informationnelles, Paul Nakasone a cité la révélation d’informations sur les agissements malveillants soi-disant commis par la Russie. Il a mentionné les informations sur les tentatives d’ingérence dans les élections de 2018 à la Chambre des représentants et au Sénat, ainsi que l’information transmise au FBI et à la chaîne CNN sur « les usines de trolles qui ont commencé à faire leur apparition en Afrique ». 

Le général américain a déclaré que les structures sous son commandement n’excluaient pas la possibilité de cyberattaques russes contre les États-Unis et « restaient vigilantes ».

« C’est pourquoi nous travaillons avec plusieurs partenaires pour empêcher une telle chose, et il ne s’agit pas seulement d’actions contre les États-Unis, mais également contre nos alliés », a ajouté Paul Nakasone. 

D’après lui, les experts du cybercommandement américain travaillent dans 16 pays avec lesquels les États-Unis échangent des renseignements sur les méthodes de travail des hackers qui seraient liés à la Russie. Les opérations des alliés visant à prévenir les menaces (hunt forward operations) permettent d’identifier et de neutraliser les logiciels des hackers pour la création desquels ils dépensent souvent beaucoup d’efforts et de moyens. 

Paul Nakasone a déclaré qu’une telle opération a été menée en Ukraine pendant presque trois mois pour s’achever en février, peu de temps avant le début de l’opération militaire spéciale russe. Il a également affirmé que pendant l’opération les forces russes tentaient de neutraliser des systèmes de communication ukrainiens et entraver le fonctionnement des sites gouvernementaux ukrainiens. Selon lui, « il ne faut pas sous-estimer » les menaces émanant de Russie dans ce secteur. 

De cette manière, dans le cadre de leur stratégie les États-Unis se permettent d’attaquer « défensivement » l’infrastructure étrangère. À leurs yeux, « cela n’a rien de grave », alors que les États-Unis et l’Otan ont annoncé plusieurs fois (et l’ont consigné dans leurs doctrines) qu’ils se réservaient le droit de riposter militairement aux cyberattaques d’autres pays, allant jusqu’à l’utilisation de l’arme nucléaire.

Alexandre Lemoine

Observateur-Continental

Voir aussi :

La Lituanie victime d’une cyberattaque d’ampleur revendiquée par les hackers pro-russes Killnet

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