La Convention du milieu marin Ospar a recensé 148 décharges dans le nord-est de l’océan Atlantique. 62 au large des côtes françaises. (©Enquêtes d’actu)

La Convention du milieu marin Ospar a recensé 148 décharges dans le nord-est de l’océan Atlantique. « Les parties contractantes disposent de chaînes d’alerte par lesquelles les pêcheurs et autres utilisateurs de la mer et du littoral peuvent aisément signaler à une autorité ou à un organisme compétent toutes les découvertes de munitions en mer ou sur la côte », précise le secrétariat de la convention Ospar.

Rien qu’en mer Baltique, Ospar estime qu’il y a environ 40 000 tonnes d’armes immergées. Selon Sea Shepherd, « 16 % de ces substances toxiques suffiraient à éliminer toute vie dans cette mer quasiment fermée ».

En mer du Nord, l’estimation porte sur 300 000 tonnes d’armes. Combien le long des côtes françaises ? Impossible à définir. « Je n’ai pas d’estimation, mais c’est sans doute du même ordre de grandeur pour la façade Atlantique et en Méditerranée. C’est considérable ! Ce problème est mis sous le paillasson et va finir par péter », prévient Charlotte Nithart de l’association environnementale Robin des bois qui bénéficie du statut d’observateur à la convention Ospar. Pour Charlotte Nithart, « plus on attend, plus ces munitions se disloquent et plus le problème est imminent : contaminations de la chaîne alimentaire, des sédiments, des eaux de baignade… »

Ce sont des produits faits pour détruire toute vie. Alors quand ces quantités industrielles sont mises dans des zones de pêche, ça ne peut qu’être très inquiétant.Jacques Loeuille,réalisateur du documentaire Menaces en mers du Nord.

Selon Charlotte Nithart, de Robin des bois, on ne pourra certainement jamais établir un « inventaire exhaustif » des zones d’immersion. De nouveaux sites sont découverts lors de recherches pour des projets économiques.

« C’est ce qui s’est passé en Baltique avec le projet Northstream [gazoducs reliant la Russie à l’Allemagne, NDLR], pour éviter que le pipeline passe à côté de ces zones. Il y a des recherches en France quand vous avez des dragages, des approfondissements et extensions de port, des usines éoliennes offshore, indique Charlotte Nithart. C’est pour ça, qu’au moment de port 2000 au Havre (Seine-Maritime), 2 000 munitions avaient été repérées. Après la guerre, beaucoup de munitions ont été jetées par-dessus la digue. Ils ne pensaient pas que 50 ans plus tard, il y aurait ce projet. »

En octobre 2020, le ministère de la Transition écologique estimait « que l’état de conservation des stocks connus [était] globalement moins dégradé que ce que l’on pouvait craindre », selon l’avis « d’experts ».

Il affirmait, devant le Sénat, que la France étudiait « la mise en place de travaux interministériels sur plusieurs années, visant d’une part, à disposer d’une cartographie précise des zones concernées et de la nature des munitions immergées et d’autre part, à recueillir des informations scientifiques fiables ». Ce même ministère n’a jamais répondu à nos questions.



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