Blouse blanche, crinière rousse et regard noir, courroucée, elle est entrée comme un coup de vent dans ce box des urgences où j’attends patiemment, allongée sur un brancard, la visite d’un médecin.

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« Alors, vous vouliez savoir ce que c’est que d’avoir le Covid ? Eh bien ! Vous pouvez être contente ! Vous l’avez ! »

Elle a vociféré ; le ton est agressif, le propos incongru. Contente ?! Pense-t-elle vraiment que je l’ai fait exprès ? Les seuls dont je sache qu’ils ont été « contents » d’avoir le Covid sont les soignants suspendus qui, pour avoir été malades et disposer ainsi d’un certificat de rétablissement, ont pu retravailler quelques mois ! La malchance a voulu que, de surcroît, je me blesse dans une chute ; j’ai probablement des côtes fêlées, ou plus. Cela peut-il avoir une incidence sur les poumons ? J’ai en mémoire plusieurs cas d’accidents où une fracture de côte a entraîné une pneumopathie par déchirure de la plèvre.

Elle reprend, véhémente : « Qu’est-ce que vous en savez si vous avez des côtes fêlées ? Vous avez fait des radios ? Non ! » Comment lui dire que depuis bientôt deux ans, l’hôpital est le dernier lieu que j’ai envie de fréquenter ? « Et bien vos côtes, ce n’est pas le problème, c’est le Covid qui est en train de détruire vos poumons ! »

« Détruire » : les mots sont d’une violence inouïe. Où sont-ils les médecins qui, dans des temps pas si lointains, rassuraient les malades au lieu de les angoisser, qui savaient que pour mieux se remettre, il vaut mieux n’être pas stressé.

« Évidemment vous n’êtes pas vaccinée, si vous l’aviez été, vous n’en seriez pas là ! » Nous y voilà, le reproche suprême ! Voilà ce qui me vaut ces propos violents, voilà pourquoi ce médecin me bouscule depuis son entrée ! J’ai refusé le vaccin ! Et qu’importe s’il s’agit pour moi d’une injection expérimentale en laquelle je n’ai aucune confiance ! J’ai refusé le vaccin, elle peut donc donner libre cours à son ressentiment, sans retenue !

Elle est trop agressive et malgré le soulagement que m’apporte l’oxygénothérapie dont je bénéficie depuis mon arrivée, je suis encore très mal ; je ne lui réponds pas.

Un peu plus tard, un de ses collègues lui succède. Lui est plus calme, et plus posé ; il interroge, pourquoi ne suis-je pas vaccinée ? Je tente un timide « manque de recul », seul argument que ma dyspnée m’autorise. Je le sens énervé par ma réponse mais il se contient : « Vous pourriez dire cela si vous aviez quarante ans de moins, mais pas à votre âge ». Euh, non, je ne suis pas d’accord. Certes, je n’ai plus 20 ans, mais jusqu’à ce Covid, je n’étais jamais malade, aucune comorbidité, une vie saine, sportive et une alimentation équilibrée. Pourquoi devrais-je me faire injecter un produit qui provoque autant d’effets secondaires à court terme, dont on ne connaît pas les conséquences à moyen et long terme. D’autant que je sais, pour l’avoir constaté à plusieurs reprises quand des amis ont été malades, que les traitements précoces fonctionnent quand ils sont pris très tôt. Epuisée, je n’argumente toujours pas.

Le temps s’écoule : je suis reconnaissante aux infirmières et aux infirmiers qui m’épargnent la moindre question sur mon statut vaccinal. Prises de sang et examens s’enchaînent. Comme c’était prévisible, je dois passer la nuit à l’hôpital. Une infirmière me prévient qu’il n’y a pas de chambre disponible, je devrai donc passer la nuit sur ce brancard, dans un autre box. Je comprends et ne proteste en aucune façon, j’ai toujours été une patiente « facile ». Facile, mais curieuse, par nature, de ce qui se passe autour de moi. Que contiennent les poches de perfusion qui me sont destinées ? Deux antibiotiques de famille distincte, je le comprends, puisque ma fièvre est due à une infection bactérienne.

« Et ça, me dit une infirmière, c’est le médicament du Covid. » Moi : « Le médicament du covid ? Il s’appelle comment ? »

« C’est de la dexaméthasone. »

La dexaméthasone… ça me dit quelque chose. Ce n’est pas un anti-inflammatoire par hasard ?

« Je ne sais pas, c’est le médicament du Covid. » Il me semble que j’en ai utilisé il y a bien longtemps, pour soigner un cheval… C’était bien avant le Covid.

« Vous savez, on peut donner aux animaux les mêmes médicaments qu’aux humains, mais l’inverse n’est pas vrai ! », ajoute-t-elle en guise de conclusion, avant de quitter la pièce.

L’inverse n’est pas vrai : penserait-elle à l’ivermectine par hasard, base de certains vermifuges, et utilisée avec succès contre le Covid dans bien des pays du monde ? Chevaux, chiens, chats, nous sommes tous des mammifères et d’expérience, les mêmes molécules actives sont utilisées ; les dosages, les excipients changent, mais pas les molécules. Étrange… Elle est soignante, pourtant.

La nuit se passe, inconfortable certes, mais au moins je suis soignée. Demain, très probablement, on me laissera sortir, avec le traitement ambulatoire idoine. Le ministre ne l’a-t-il pas affirmé lui-même en avril dernier ? « Si vous avez par exemple des troubles respiratoires, on pourra vous proposer de l’oxygène, y compris chez vous. On pourra également vous prescrire des anticoagulants pour éviter les risques de thrombose, ou des antibiotiques pour éviter le risque de pneumonie, ou de la cortisone. » Je suis d’autant plus confiante que c’est ce genre de traitement qui a été prescrit à cette personne de ma connaissance qui, quelques jours auparavant, s’est présentée aux urgences de ce même hôpital. « Mes poumons sont atteints à 30 %. Aussi, avant de me laisser sortir, ils ont bien insisté pour savoir si je pourrais avoir de l’oxygène en arrivant chez moi. C’est à cette seule condition qu’ils ont accepté de me laisser sortir », m’a-t-elle confié. Je me détends donc, autant que faire se peut.

Le lendemain arrive enfin, puis la fin de la matinée, et au début de l’après-midi, un nouveau médecin, le troisième depuis hier, entre dans le box. Il est souriant, se veut rassurant : « Vos poumons sont atteints à 40 %, mais ne vous inquiétez pas, on a du recul maintenant, on sait que cela finit par rentrer dans l’ordre. »

Soudain, il réalise que je ne suis pas vaccinée. L’interrogatoire reprend : comment ai-je pu commettre cette folie ? Du coup, il s’énerve et le discours change. Le propos, de rassurant, se veut de nouveau angoissant.

« Est-ce que vous vous rendez compte que vous avez failli mourir et que vous pouvez encore mourir simplement parce que vous avez refusé de vous faire vacciner ? »

Grâce aux soins qui m’ont été prodigués, je suis en meilleure forme que la veille ; aussi tentais-je de lui expliquer pourquoi j’ai perdu confiance dans la parole gouvernementale. J’évoque l’argent de nos impôts, les siens comme les miens, gaspillés dans des traitements aussi inefficaces que toxiques, le remdesivir par exemple, je conteste l’affirmation selon laquelle ce serait les non vaccinés qui encombreraient les réanimations. « D’ailleurs, lui dis-je, selon un témoignage que j’ai reçu, dans votre propre hôpital, il y a deux mois de cela, le service de réanimation comptait majoritairement des doubles vaccinés ; même certaines chaînes d’info traditionnelles reconnaissent désormais qu’il y a en réanimation plus de doubles vaccinés que de non vaccinés. »

Je sens bien que mon argumentaire l’agace ; sans doute s’attendait-il à ce que je me confonde en excuses, que j’exprime des regrets, que je promette de me faire piquer au plus vite. Mais rien de tout cela. Il comprend qu’être malade ne me fera pas accepter pour autant cette injection expérimentale et il n’a pas devant lui les deux heures qui, dit-il, lui permettraient de me convaincre.

« Normalement, avec l’ordonnance qu’on va vous faire, vous devriez vous en sortir. Si ça ne va pas, vous reviendrez, et là, ce sera peut-être la réa », lâche-t-il avant de tourner précipitamment les talons.

La réa ? Cherche-t-il vraiment à me l’éviter ou souhaiterait-il m’y envoyer ? Ces mots intriguent la psychanalyste que je suis.

Un peu sonnée par cette joute verbale, j’attends une délivrance qui ne tarde pas à venir. Un dernier médecin m’annonce tout sourire : « C’est bon, votre saturation est à 96, vous pouvez sortir. » « Voilà votre dossier pour la suite », ajoute-t-il en me remettant plusieurs documents.

Toute à ma joie de sortir enfin, de quitter enfin ce lieu, je ne prends pas connaissance de la prescription qui m’est faite. Je verrais cela dans la voiture, car mon mari est en route pour venir me chercher. Pourquoi la vérifierais-je, cette prescription ? Selon toute vraisemblance, elle devrait pour moi aussi comporter médicaments idoines et oxygénothérapie.

Mon mari a un oxymètre de pouls dans sa poche. À peine suis-je assise dans la voiture qu’il me le tend. « 92 », indique l’appareil. « Il ne marche pas ton appareil, lui dis-je, il est complètement instable. Et puis 92, ce n’est pas possible, j’étais à 96 à l’hôpital, c’est pour cela qu’ils m’ont laissée sortir ! »

Réalisais-je à ce moment-là que j’étais à 96, certes, mais avec deux litres d’oxygène, et que, privée de ce précieux soutien, ma saturation ne pouvait que chuter ?

Je déchiffre enfin l’ordonnance : de la cortisone, un anticoagulant, un antibiotique (tiens, mon ami a eu une double couverture antibiotique — c’est d’ailleurs ce dont j’ai bénéficié en perfusion. La mienne, là, est simple). Je cherche, en vain, la prescription pour de l’oxygène à domicile. Il n’y en a pas.

Alors les mots me reviennent, terribles, les mots qui angoissent, les mots qui condamnent : « Vous avez failli mourir, vous pouvez encore mourir… si le traitement ne suffit pas, vous reviendrez… et ce sera en réa ».

Serait-elle là, l’explication ? Serait-ce pour cela que je n’ai pas eu droit à une prescription d’oxygène ? Serais-je punie, punie d’avoir tenu tête, punie d’avoir cherché à expliquer ma démarche, punie de les avoir confrontés à leur manichéisme ? Ils espèrent bien me revoir, encore plus mal peut-être, avoir leur non-vaccinée en réanimation ! Mon ami, non vacciné lui aussi, n’avait pas répondu aux remontrances : juste un sourire en coin, qu’ils n’avaient peut-être pas vu.

Tout est tellement clair à présent, tellement clair et tellement effrayant d’inhumanité !

Non, ceci n’est pas une fiction, mais un témoignage…

Dès le lendemain, avec 39° de fièvre et une saturation à 89, mon état de santé s’est bien évidemment dégradé. Pour mon mari, comme pour moi d’ailleurs, il est hors de question que je retourne dans cet hôpital, ce lieu devenu hostile. Il prend alors une décision radicale.

La voiture, l’autoroute du Sud, un trajet emprunté tant et tant de fois pour visiter mes parents à Marseille, la ville où j’ai grandi et étudié. Mais là, il ne s’agit pas d’un voyage d’agrément. Comme cette nuit où nous étions partis en urgence pour revoir une dernière fois mon père avant son décès, chaque heure compte.

Dans le brouillard, je vois défiler les noms des villes : Beaune, Mâcon, Lyon, Valence, Montélimar, Orange, Avignon…

Et puis enfin, Marseille et les urgences de l’hôpital de La Timone, et le regard incrédule de l’infirmière d’accueil qui balbutie, ses yeux bleus écarquillés, tout en attrapant derrière elle son oxymètre de pouls : « Vous arrivez de Paris ? Mais y’a pas d’hôpitaux à Paris ? »

Comment lui dire, à elle, comme à tous ces soignants qui me prendront en charge par la suite, comment leur dire que oui, bien sûr, il y a des hôpitaux à Paris et en région parisienne mais que, dès lors que vous avez été à ce point malmenée, maltraitée, vous avez perdu confiance, et que désormais, vous mettez tout votre espoir dans ce seul lieu dont le patron tient le même discours depuis bientôt deux ans : « Les malades, il faut s’en occuper ! »

Comment leur expliquer ?

Saturation à 86 à mon arrivée. À neuf litres d’oxygène dans la nuit, je frôle le passage en réanimation. Totalement « ensuquée », j’aperçois depuis mon brancard le logo bleu, IHU Méditerranée Infection, où je suis enfin transférée : « Ça y est, me dis-je, je suis sauvée ! »

À tous ces soignants qui me questionnent, qui veulent savoir pourquoi j’ai pris tant de risques dans ce voyage fou, je n’ai jamais raconté ce qui m’était arrivé dans cet hôpital francilien. Je ne leur mens pas non plus : mon enfance, mes études à Marseille, mon attachement à cette ville où j’ai encore de la famille et des amis, tout cela est vrai, mais je sens bien qu’ils ne sont pas convaincus. Néanmoins, je me refuse à jeter ce que j’estime être un discrédit majeur sur certains de leurs confrères et consœurs, des soignants qui ne soignent pas ! Au fond, j’ai honte pour eux…

Quant à mon refus du vaccin, un des médecins résume mes propos par ces mots : « Finalement, vous aviez plus peur du vaccin que du Covid. »

Oui c’est cela, exactement cela : parce que j’avais, au fond de moi, acquis la conviction que cette maladie pouvait être efficacement combattue, pour peu qu’on laisse les médecins généralistes faire leur travail comme jusqu’à présent ils l’avaient toujours fait, ausculter, diagnostiquer, soigner ; parce que je savais que ces vaccins étaient expérimentaux, il suffisait pour cela de connaître la date de fin des essais cliniques et nous en étions loin ; parce que trop de conflits d’intérêt, trop d’argent étaient en jeu ; parce que, surtout, j’avais repéré la perversion du discours gouvernemental et l’avais dénoncée dans les colonnes de FranceSoir plusieurs mois auparavant !

J’ai été remarquablement soignée à l’IHU Méditerranée Infection et j’en suis sortie totalement guérie quelques jours après mon admission. Je veux ici remercier une fois encore tout le personnel soignant et lui rendre hommage. Rendre hommage aussi au professeur Didier Raoult et à toute son équipe, les remercier de tenir bon et de rester debout alors que se déchaînent contre eux les malfaisants et les jaloux. L’avenir séparera le bon grain de l’ivraie.

Ceci n’était pas une fiction, mais le témoignage d’une expérience malheureuse au départ, celle d’un malade confronté à des médecins, qui, au lieu de soigner vraiment leur patient en lui donnant toutes les chances de guérir, ont préféré le punir de ses convictions au nom de… Au nom de quoi en fait ? Leur idéologie ? Leur propre conviction ? Leur conception de ce qui est juste et bon et de ce qui ne l’est pas ? Leurs croyances ? Quelles que soient leurs raisons, elles sont contraires à l’éthique et inacceptables, contraires au serment qu’ils ont prononcé et selon les termes duquel ils s’engageaient à respecter toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans discrimination.

Je me suis résolue à le rendre public afin que ces comportements ne tombent pas dans l’oubli, mais qu’au contraire ils soient connus du plus grand nombre, pour que cela ne puisse se reproduire à l’avenir. Or, les élections, présidentielle et législatives, sont passées, et par une étrange coïncidence, les médecins-de-plateaux-télé font leur retour et annoncent une énième vague dont nul n’apercevrait le moindre clapotis si l’épidémie de tests ne faisait des ravages, aggravée par la manipulation médiatique. Cette crise n’est pas derrière nous.

Il m’a parfois été suggéré de déposer plainte contre ces médecins. Je n’en ai jamais eu l’intention car je refuse de prendre part à ce travail de sape du lien social savamment orchestré par nos gouvernants, depuis des années et bien avant le Covid, à ces dissensions sournoisement instillées dans ce corps vivant qu’est notre société pour l’en faire dépérir. Non ! Qu’on ne compte pas sur moi pour cela, car c’est reconstruire qui m’importe !

En revanche, je suis plus que jamais convaincue que finira par éclater le scandale sanitaire lié à la gestion de cette épidémie, gestion à laquelle ces médecins auront de facto apporté un soutien actif au lieu de la combattre. Leur conscience pourra s’avérer alors un tribunal bien plus sévère et redoutable que celui des hommes.



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