TRIBUNE – Dans un récent article, le directeur de la publication de FranceSoir, Xavier Azalbert, nous a relatés la guerre d’audience de David contre Googliath, ce dernier utilisant l’arme de la désindexation pour invisibiliser FranceSoir et lui faire perdre une large part de son audience et de son impact. En réaction, l’action en justice de FranceSoir contre Google est bien sûr destinée à compenser ces pertes, mais surtout à mettre en lumière les incohérences actuelles entre les discours et les actes de nos gouvernants, de nos médias, et en particulier des Gafam qui, comme Google, ivres de leur hégémonie mondiale, se croient investis de pouvoirs de police idéologique qui ne leur ont jamais été attribués.

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Cependant, cette position archidominante de Google en tant que moteur de recherche devrait plutôt inciter ses dirigeants à répondre à ce qui est leur « mission d’information », dont la définition est parfaitement décrite dans la Charte de Munich de 1971 : « Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain ».

Cette notion est d’autant plus importante qu’elle est un préalable essentiel à l’exercice de la démocratie qui nécessite des débats « informés » avant d’adapter les modes de fonctionnement de la société à son évolution.

Ce procès permet donc de remettre en lumière des concepts liés à la liberté d’expression, au droit de critique, conséquence d’un droit imprescriptible au doute dont Descartes a si bien démontré qu’il était un préalable nécessaire à toute avancée de la pensée et de la science.

L’histoire de l’humanité témoigne d’une corrélation indéniable entre l’obéissance à une quelconque doxa et le blocage de l’évolution scientifique ou philosophique permettant une amélioration des conditions de vie de l’homme. L’exemple le plus connu est sans doute la théorie de l’héliocentrisme de Copernic développée en 1543, interdite par l’Église jusqu’en 1835. Mais d’autres ont encore un rapport plus direct avec un progrès déterminant pour l’avenir de l’humanité.

Michel Servet découvrira la circulation sanguine mais finira sa vie sur le bûcher, car il osait contester certains éléments du dogme. Sur un autre plan, Luther comme Érasme seront frappés d’excommunication pour leurs théories sur la liberté de conscience. Aujourd’hui, enfin, le dogme islamique interdit toujours le doute socratique, et, dans certains pays, punit encore l’apostasie de la peine de mort.

C’est justement cette liberté de conscience, reprise dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme ainsi que son corollaire la liberté d’expression, qui permet grâce au doute et au droit de critique, qui est l’expression de ce doute, de créer ces débats qui permettent à l’humanité d’évoluer, que ce soit dans les domaines scientifiques, médicaux, philosophiques ou politiques.

Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen

Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Article 19
 
Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

En réduisant cette liberté de conscience, cette liberté d’expression, ce droit au doute et à l’expression de ce doute, les gouvernements des pays soi-disant démocratiques que sont les pays occidentaux, comme les Gafam, montrent qu’ils s’orientent non pas vers des sociétés ouvertes qui veulent poursuivre l’amélioration de l’humanité, mais vers une nouvelle forme d’idéologie assortie d’un dogme très contraignant qu’il est interdit de transgresser ou de remettre en question.

Et pour imposer ces nouveaux dogmes, ceux qui osent douter et exprimer ce doute, sont qualifiés de « complotistes » et de dangers pour la société. Dans les cas extrêmes, ils se font emprisonner ou leurs biens sont saisis comme les manifestants du Convoi de la liberté au Canada, à l’exemple de la Chine qui n’a pourtant rien d’une démocratie.

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Ce sont toujours les régimes autoritaires qui imposent cette pensée unique qu’il est interdit de commenter et encore plus de critiquer. Et des réactions comme celles de Twitter ou Facebook, qui ont osé suspendre le président des États-Unis et lui interdire toute expression sur leurs réseaux, montrent l’orientation que nos sociétés sont dangereusement en train de prendre, bien que tous nos gouvernants et les médias aux ordres nous expliquent tous les jours que nous sommes encore en démocratie.

Ce qui se passe depuis deux ans dans nos pays dits développés est très inquiétant et en dit long sur la mentalité et les objectifs de ceux qui nous gouvernent, qu’ils soient des politiques ou de ceux à la tête de ces instruments de puissance quasi illimitée que sont les Gafam. Que le moteur de recherche de loin le plus influent ose désindexer plus de 55 000 articles, donc, par voie de conséquence, pratiquement en interdire l’accès Internet, montre incontestablement cette volonté de détruire tout ce qui pourrait s’apparenter à une contestation des pouvoirs en place et de leurs décisions.

Le refus du débat scientifique, en particulier dans le domaine médical, surtout depuis la crise du Covid, en est un très bel exemple. Encore aujourd’hui, alors que de nombreux éminents spécialistes en sont convaincus, dire que certains traitements peuvent fonctionner et exprimer l’idée que les vaccins n’apportent pas forcément l’immunité et la protection supposées est frappé d’opprobre par la plupart des commentateurs soi-disant avisés.

On peut se demander comment nous avons pu en arriver là dans des sociétés dites « démocratiques ».

En fait, c’est très simple ! Un professeur de psychologie de l’université de Gand, Mattias Desmet, l’explique remarquablement bien : en instaurant la peur, la peur de la maladie, la peur de sortir, la peur de la guerre, la peur du réchauffement climatique, en favorisant l’absence de lien social, en interdisant les échanges de point de vue, en interdisant les critiques, en interdisant les discussions, en bloquant tout débat scientifique et en décrédibilisant ceux qui osent questionner, ce qui permettrait justement de faire baisser cette peur, l’humain soumis à cette anxiété entre quasiment en état d’hypnose et se soumet totalement aux injonctions qui lui sont faites, comme dans une secte. La décrédibilisation est même devenue un système à part entière et un outil d’exclusion total de pensées et d’idées non conformes à la doxa en vigueur qui interdit aux nouveaux « parias » d’avoir une quelconque idée sur un quelconque sujet et encore moins de l’exprimer.

Comme le dit très bien Mattias Desmet, l’instauration de cette peur et l’absence de lien social permettent de créer cette psychose de masse et pourraient constituer les prémisses de l’instauration d’un régime totalitaire.

Celui qui ose douter et exprimer ces doutes, que ce soit sur la gravité de la maladie, sur les traitements imposés, sur la véracité des affirmations politiques et gouvernementales doit être exécuté, au moins symboliquement, car, avec ces doutes, avec ces débats, avec ces controverses, il pourrait ralentir l’installation de cette peur et donc bloquer le processus de soumission en train de se mettre en place.

Ces questions doivent être posées et FranceSoir nous les pose avec son action en justice, car ces désindexations, nouvelle forme d’excommunication de l’expression du doute, pourraient préfigurer de nouvelles étapes comme la saisie des biens ou l’emprisonnement, comme on l’a déjà vu au Canada, rendant impossible tout débat réel et annihilant ainsi le fonctionnement démocratique de notre société alors fondée sur un Droit promulgué seulement par « quelques-uns » !

Voltaire nous avait pourtant prévenus : « Le droit de l’intolérance est donc absurde et barbare : c’est le droit des tigres, et il est bien horrible, car les tigres ne déchirent que pour manger, et nous nous sommes exterminés pour des paragraphes. » (Traité de la Tolérance, à l’occasion de la mort de Jean Calas – 1763).





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