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Scène relatant des épisodes de la guerre qui opposa le roi Ibrahim Njoya à un parti rebelle peul mené par Gbetnkom, entre 1892 et 1895. Première moitié du XXe siècle.

Claude Germain – Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris – RMN-Grand Palais

Face au soulèvement des pasteurs peuls qui embrase le centre du Mali depuis 2015 et qui menace tout le sous-continent, « l’État tâtonne », nous déclare, inquiet, M. Soumeylou Boubèye Maïga, qui a dirigé successivement les services de renseignement, la diplomatie et l’armée du pays. L’enchevêtrement des crises dans le Sahel mais aussi le « manque de connaissance des dynamiques pastorales » compliquent selon lui les tentatives de circonscrire l’incendie. De tout temps, partout en Afrique, des conflits ont opposé les cultivateurs aux éleveurs pratiquant le nomadisme ou la transhumance. Les bergers peuls ont souvent été les protagonistes « de disputes dues aux dégâts dans les champs, à l’accès aux points d’eau et au passage des troupeaux », comme le rappelle l’anthropologue Sten Hagberg. Mais les affrontements demeuraient confinés à une localité et ne duraient pas plus de quelques jours, à l’issue desquels chaque camp comptait ses morts.

Depuis le début des années 2010, les conflits, plus nombreux, plus meurtriers, ont pris une tout autre ampleur. Attisés par l’essor des mouvements terroristes, par les trafics d’armes qui traversent le Sahel, mais aussi par les conséquences du changement climatique, ils ont changé de nature. Si les Peuls se mobilisent pour défendre leurs intérêts, leurs revendications sont aussi instrumentalisées par les milices qui s’affrontent en Afrique de l’Ouest et centrale, menaçant de rendre la situation incontrôlable.

Peuple de pasteurs, majoritairement musulmans, les Peuls seraient environ trente millions (aucun chiffre précis n’est disponible), dispersés dans plusieurs pays : Nigeria, Guinée, Sénégal, Cameroun, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Gambie et Guinée-Bissau. Poussés par les sécheresses des années 1970 et 1980, ils ont entamé une grande migration vers le sud. En l’espace de quarante ans, les climatologues ont observé une chute vertigineuse de la pluviométrie (— 20 % en moyenne) au Sahel. De sévères (…)

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