Quand Mme Thatcher a voulu « mater » les mineurs, elle a fait avant, un stock de charbon pour deux ans et on connait la suite. Là, les caniches européens, ont suivi les « injonctions » des USA en prenant des sanctions envers la Russie mais, les stocks étaient inexistants. Idéologie, suivisme, courte vue doublée d’incompétence ? Évidemment, ce sont les peuples pris en otage, qui devront se geler, faire face aux pénuries et payer le prix fort..

Olivier Renault pour Observateur-Continental

La France lance son plan d’économie de guerre pour conserver la cohésion sociale. Le gazoduc Nord Stream 1, celui qui suit le parcours de Nord Stream 2 (qui n’a toujours pas été mis en service), sera arrêté pour effectuer la maintenance à partir de la mi-juillet. C’est une action qui a lieu chaque année. Mais, cette fois, en raison des sanctions de l’Occident contre la Russie, les experts redoutent que Moscou décide de ne plus ouvrir plus Nord Stream 1, faisant plonger l’UE dans une pénurie qui va, selon les observateurs, menacer la cohésion sociale et politique. En Russie, mais aussi en France, les autorités organisent une économie de guerre.

Des mesures de rationnement. Les patrons des trois énergéticiens français TotalEnergies, EDF et Engie ont appelé fin juin les Français à réduire immédiatement leur consommation de carburant, de pétrole, d’électricité et de gaz face au risque de pénurie menaçant «la cohésion sociale» l’hiver prochain. «Les livraisons de gaz russe par gazoduc ont fortement baissé pour certains pays, dont la France. Bien qu’en augmentation, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) sont aujourd’hui encore trop limitées pour compenser ces baisses», avertissent les trois énergéticiens, signalant que «des mesures de rationnement sont mises en place dans certains pays».  Ils rappellent que «nos marchés sont interdépendants» et qu’ «il faut également agir à l’échelle de l’Europe et être solidaires» car «cette interconnexion européenne, électrique et gazière est plus fondamentale que jamais». 

Les importations venues de Russie représentent 65% de la consommation de gaz de l’Allemagne, 29% pour l’Italie et 19% pour la France. Une implosion sociale dans un des pays de l’UE et le feu de la révolte sociale risque de se répandre dans les pays voisins. Jean-François Carenco, le président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui vient de quitter sa fonction, tirait la sonnette d’alarme en mars dernier: «Il faut économiser du gaz et de l’électricité en France dès maintenant sinon cela pourrait mal se passer l’hiver prochain».  

Economie de guerre en Russie, France. Alors que le Parlement russe a approuvé mardi en première lecture deux projets de loi d’économie de guerre, le gouvernement français a publié un jour avant un plan de résilience destiné aux entreprises en raison du conflit en Ukraine face à des problèmes liés au coût de l’énergie.  

Le journal Les Echos titrait dès le début de juillet: «la France se prépare à une économie de guerre». Le quotidien économique avertit que «la France fait un grand pas vers l’économie de guerre pour ce qui concerne le secteur de l’énergie» tout en relatant la loi pouvoir d’achat -présentée en Conseil des ministres ce jeudi- qui comporte un volet «souveraineté énergétique» qui donne des pouvoirs inédits à l’Etat pour «faire fonctionner les infrastructures gazières françaises comme il le jugera indispensable cet hiver». Cette loi offre des pouvoirs sans précédent à l’Etat dans le cas d’une crise majeure cet hiver.

Le ministre chargé de l’Energie pourra décider de restreindre ou suspendre de manière temporaire le fonctionnement de certaines installations de production d’électricité utilisant du gaz naturel afin d’économiser cette énergie. La loi permet d’autoriser le gouvernement à forcer le remplissage des stockages souterrains français de gaz mais aussi de fixer une trajectoire de remplissage minimal. Dans le plan de cette économique de guerre, la reprise de la centrale à charbon de Saint-Avold a été décidée et elle devrait fonctionner de nouveau dès octobre. L’installation d’un terminal flottant d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) de TotalEnergies dans le port de la ville de Seine-Maritime a été actée et la date de mise en service souhaitée est septembre 2023 pour être totalement fonctionnel pour janvier 2024. 

Le spectre de la récession plane. Public Sénat a mis en garde fin juin sur la conséquence directe du conflit en Ukraine et des sanctions infligées par les 27 à la Russie, car les économies européennes font face à une forte inflation et les prix de l’énergie s’envolent et le spectre de la récession plane. L’eurodéputé luxembourgeois, Christophe Hansen, (PPE) affirme même que l’Europe connaît de graves dommages collatéraux alors que l’inflation ne cesse d’augmenter un peu partout et qu’on frôle la récession et que les sanctions ont des effets limités. Il constate que le Kremlin semble avoir trouvé depuis d’autres marchés contrairement à l’UE. Aurore Lalucq, l’eurodéputée française partage le même avis que son collègue luxembourgeois et s‘inquiète pour la suite. Elle constate que «l’économie russe ne s’est pas effondrée [alors que] c’était ça le plan». Le but était, selon elle, «d’avoir une guerre économique, de la gagner, de faire en sorte d’effondrer l’économie russe pour qu’ils n’aient plus les moyens de faire la guerre».

Mais, c’est l’inverse qui se produit. Les pays de l’UE sont menacés de récession et d’implosion sociale. Christophe Hansen avertit que «l’unité et la solidarité vont être mises à l’épreuve, non seulement entre les Etats membres mais aussi avec l’Ukraine. Car plus cette crise dure, et plus les impacts vont s’intensifier dans la société».

Dans l’édition du Welt de ce matin, on peut lire que Die Linke exige «de mettre fin aux sanctions énergétiques contre la Russie» car «cela n’arrêterait pas [Vladimir] Poutine, mais nuirait d’autant plus à l’Allemagne». Ils demandent aussi à ce que Nord Stream 2 soit également mis en service si nécessaire pour faire face à grave crise énergétique qui fonce comme un tsunami sur l’Allemagne mais aussi sur l’UE. Le consensus voulu pour refuser le gaz russe en Occident commence à se fissurer en raison des tensions qui apparaissent. 

Olivier Renault

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