EDITO – « Avec des si, on mettrait Paris en bouteille ». Pourtant, s’interroger en toute humilité sur la valeur ajoutée de FranceSoir dans le paysage médiatique français et international est pertinent, compte tenu des nombreuses attaques tous azimuts engagées depuis deux ans.

Si FranceSoir n’existait pas, l’information serait perdante, tant nous avons œuvré pour apporter un éclairage étayé de l’actualité, même si celui-ci est différent de ceux des autres médias de par son modèle de journalisme collaboratif. Cependant, les plus dépités seraient aussi ceux qui œuvrent au musellement de FranceSoir, avec toutes les armes possibles : inversions accusatoires, étiquettes infamantes (complotiste, extrême droite) et dénigrement systématique par des attaques personnelles, sans avoir jamais pris le temps de rencontrer la rédaction ou même, pour certains, de lire un de nos articles.

Dans un État de droit, une démocratie, un adversaire est toujours nécessaire. Un opposant véritable, un objecteur de pensée qui serait labellisé « opposant officiel et crédible ».

La démocratie implique de tenir et d’accepter un débat public, un débat d’idées. Si personne de crédible ne questionne ou s’oppose véritablement à la pensée majoritaire, point de démocratie. Et c’est bien un des rôles de FranceSoir, « d’avoir question à tout », comme le fit remarquer André Bercoff.

C’est d’ailleurs la raison d’être et le travail d’un organe de presse : la presse a longtemps été considérée comme le quatrième pouvoir. En prenant le contrepied de la pensée majoritaire, non par goût de la provocation mais bien par le résultat de ses analyses, FranceSoir ne s’est pas fait que des amis. Et c’est bien cela la démocratie. Discuter, échanger, s’affronter sur le terrain des idées, permet à chacun de se forger une opinion, sans « prêt-à-penser ». C’est la vraie différence entre la démocratie et la technocratie.

L’avantage de FranceSoir à ce titre est son indépendance (pas de subvention d’État bien qu’éligible, autonomie financière), qui lui permet de dire ce que d’autres n’osent peut-être pas écrire, respectant ainsi le devoir numéro un de la charte de Munich : respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité.

Ainsi, l’information produite par FranceSoir n’est pas sous influence de quelconques liens d’intérêts qui entraineraient la « capture du message » ou encore « maitrisable » par le pouvoir. Et c’est tant mieux. Nul ne conteste la concentration des pouvoirs (justifiée par l’exécutif en raison de la crise sanitaire), doublée d’une concentration des richesses dans les mains de quelques-uns. Lorsque le système politique, économique et social en place consiste en un monopole décisionnaire, le risque existe qu’ils aillent à l’encontre de l’intérêt public et du bien commun. L’existence de médias indépendants et pérennes est d’autant plus cruciale.

L’influence de FranceSoir se rapproche de celle d’une chaîne de télévision (en 2020, une audience de plus de cinq millions de visiteurs uniques sur son site Internet et plusieurs millions de vues sur sa chaine YouTube). Sommés de démontrer qu’ils gèrent leurs réseaux de façon « éthique », Google et sa filiale YouTube s’en sont pris à FranceSoir, délistant les référencements et supprimant brutalement sa chaîne YouTube. Mais si FranceSoir n’existait pas, ce serait un autre… Il est si aisé de faire de FranceSoir l’ennemi à abattre, comme Mediapart en son temps, ou d’autres publications indépendantes. FranceSoir est un média financé par ses lecteurs apportant une information objective et loyale, tel que décrit dans son manifeste. En cela, FranceSoir apparait parfois comme un caillou dans la chaussure des gouvernants.

Ainsi, FranceSoir est un mal nécessaire pour certains, une lueur d’espoir pour d’autres qui appellent de leurs vœux l’exercice véritable du pouvoir démocratique, composé de débats, de liberté de s’exprimer, de se forger une opinion, et de contrepouvoirs solides.





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