Voilà un mois déjà que la colère gronde aux Pays-Bas. En réponse à un plan du gouvernement visant à réduire les émissions d’ammoniac et d’oxydes d’azote, les agriculteurs ont décidé de bloquer les routes, les centres de distribution, ainsi que la frontière avec l’Allemagne. Petit à petit, des citoyens hollandais ont rejoint le mouvement agricole, et certains autres pays comme la Pologne, l’Italie, l’Espagne veulent apporter leur soutien à cette grogne populaire. Seraient-ce les prémices d’une protestation d’envergure mondiale ?

Avec cette nouvelle politique, le gouvernement hollandais — véritable puissance agricole — pourrait s’infliger une diminution de 30 % de sa production. Ce faisant, de nombreux agriculteurs seraient obligés de cesser leurs activités.

La colère des agriculteurs…

Depuis le mois de juin, le mouvement a pris une telle ampleur que des centres de distribution, des supermarchés, des autoroutes, des ports et des aéroports ont été bloqués par les agriculteurs, mais aussi par les citoyens.

Si la contestation est globalement passée sous silence par le gouvernement comme par la presse, la colère est montée d’un cran lorsque les manifestants se sont rendus devant la maison de la ministre de l’Azote aux Pays-Bas, le 28 juin, aspergeant de fumier et prenant pour cible des fourgons et voitures de police.

Quelques jours plus tard, l’inertie constante du gouvernement a poussé les agriculteurs à bloquer des autoroutes. Si bien qu’ils sont parvenus à bloquer la frontière avec l’Allemagne.

Pour montrer leur soutien aux agriculteurs, des citoyens hollandais ont décidé de rejoindre le mouvement. Et pour le coup, l’élan de solidarité ne s’est pas arrêté à la frontière ; des agriculteurs allemands ont également manifesté sur l’autoroute A7, près de la frontière entre les deux pays.

… face à celle des policiers

Le lundi 4 juillet, face à l’ampleur du mouvement et en réponse aux manifestations et blocages de part et d’autre du pays, la police hollandaise a décidé de déployer des véhicules blindés. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, la situation s’est tendue et des manifestants ont subi la colère policière : “Une situation de menace s’est présentée. Des coups de semonce ont été tirés et des coups ciblés ont été tirés”, a expliqué la police hollandaise. 

Des vidéos montrant des scènes d’émeute et d’actions policières envers les manifestants traduit d’une situation tendue au sein du pays. La police hollandaise a d’ailleurs déployé son arsenal de protection, tout en évacuant violemment les blocages. Elle a aussi fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les contestataires.

Des conséquences à l’international ?

Les répercussions du mouvement ont amené des rayons de supermarchés à se vider complètement, alors que les blocages des centres de distribution ont commencé depuis le 3 juillet seulement.

Par ailleurs, d’autres mouvements similaires ont vu le jour peu de temps après celui-ci, comme par exemple en Pologne, où l’inflation dépasse les 15 %. Suite à la décision du gouvernement polonais d’augmenter les taux d’intérêts, les citoyens ont enfilé leurs gilets jaunes pour sonner l’alerte, et plus largement pour dénoncer la politique agricole qui met en péril les exploitants.

Les contestations sociales, en réponse au mouvement hollandais et contre les décisions gouvernementales, ont aussi vu le jour en Espagne et en Italie. Si la presse mainstream ne semble pas vouloir traiter le sujet, la colère citoyenne et populaire grogne à travers le monde. Colère qui n’est pas sans rappeler l’épisode des Gilets jaunes français, désormais connu mondialement. Doit-on se préparer pour un nouvel opus à la rentrée ?





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