Face à la baisse de l’approvisionnement en gaz venant de Russie, l’Allemagne a amorcé un plan permettant un recours accru au charbon pour produire son électricité. L’enjeu écologique semble avoir été abandonné par la coalition Verts/SPD.

Nouveau coup dur pour les promoteurs du modèle écologique allemand : face à la crise du gaz, le Bundestag, et plus particulièrement la coalition Verts/SPD, a décidé le 7 juillet d’accroître sa production électrique provenant du charbon, fortement polluant et émetteur de CO2, jusqu’à fin mars 2024.

Des centrales, qui étaient pour certaines en voie de fermeture, seront donc activées de manière transitoire pour pallier le manque de gaz venant de Russie.

Dans le même temps, les députés allemands ont rejeté un amendement du groupe parlementaire de la CDU/CSU visant à prolonger la durée d’exploitation de trois centrales nucléaires, l’énergie venant de l’atome étant pourtant un moyen de production électrique sans émission de CO2. Selon ces objectifs, les réacteurs nucléaires allemands seront donc arrêtés avant la fin de l’année. En conséquence, l’Allemagne abandonne quasiment officiellement ses ambitions climatiques, à savoir de réduire son CO2 de 65% d’ici 2030 (par rapport à 1990).

Le Bundesrat (chambre haute) a validé ce plan le 8 juillet.

Le ministre de l’Economie, Robert Habeck (Verts), a affirmé que le gouvernement «ferait tout ce qui est en [son] pouvoir pour stocker le plus de gaz possible en été et en automne». Berlin mise notamment sur le gaz liquéfié provenant des Etats-Unis et de l’extraction controversée du gaz de schiste. Le gaz est aussi une énergie émettrice de CO2, plus faible toutefois que le charbon.

En France, la députée du Rassemblement national, Marine Le Pen, a eu la réaction politique la plus forte, dénonçant notamment le silence de Paris : «La décision de l’Allemagne d’augmenter la production des centrales au charbon pour fermer ses derniers réacteurs nucléaires est un crime contre l’écologie et la population, y compris française, qui va souffrir de la pollution. Le silence du gouvernement français est une honte.»

Malgré l’augmentation de ses sources de production en énergies renouvelables, à travers l’éolien et les panneaux photovoltaïques, l’Allemagne est l’un des pays d’Europe les plus carbonés dans sa production électrique. En comparaison, la France fait régulièrement figure de bon élève, grâce à son industrie nucléaire. Les données de la start-up franco-danoise Electricty Map permettent de voir en temps réel les émissions de CO2 par pays, illustrant régulièrement ce constat.





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