TRIBUNE — C’est un vrai coup de tonnerre dans la presse alarmiste. Dans un article paru le 8 juillet, le Figaro reprend un par un tous les sujets que FranceSoir égraine depuis 2020. L’article titré « Recrudescence des contaminations : faut-il avoir encore peur du Covid ? » donne raison aux scientifiques et au peu de presse indépendante, lesquels, pendant deux ans, ont décomposé les tragiques erreurs commises au nom d’une politique sanitaire à contre-emploi.

En seconde lecture, l’article, provenant d’un journal qui a affirmé de manière péremptoire comme vérité non questionnable toutes les mesures despotiques prises au nom d’un scientisme ascientifique, en totale osmose avec le discours gouvernemental, serait d’installer un Emmanuel Macron « rassuriste ». L’auteur du « nous sommes en guerre », ne disposant plus d’un Parlement agissant en tant que chambre d’enregistrement, sera désormais « le plus efficace des rassuristes ».

À compter du 31 juillet, fin de l’éclipse d’État de droit, les contraintes sanitaires ne devraient pas revenir. Les mesures coercitives prises au cours du mandat antérieur font toutefois l’objet d’un éloge sous la plume des journalistes du Figaro. L’altération frauduleuse de données épidémiologiques dérivant de son « génie administratif ».

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On ne se baigne jamais deux fois dans une même rivière. Le Figaro, comme Héraclite, se fait écho de la difficulté de faire passer dans le cadre de l’actuelle configuration parlementaire les mesures d’hier. Ce qui ne change pas est que le discours « rassuriste » est une réponse politique à une situation qui l’a toujours été. La crise sanitaire n’a jamais été autre chose que de l’opportunisme populiste surfant sur la peur ancestrale aux épidémies mortifères.

La peur est la seule émotion qui dispute à l’amour la capacité de générer des états de diffraction neurosensoriels et de créer des phénomènes de masse. La crise covidienne aura été, de ce point de vue, ce moment où la politique aura touché au plus près le mécanisme neurologique de l’espèce, sans que soit nécessaire l’intervention d’un tyran charismatique.  

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Les « 400 000 morts quoi que l’on fasse, d’ici quelques mois » de Macron, lors de son discours d’octobre 2020 pour justifier le passe sanitaire, ne se sont pas concrétisés. Ce terrorisme verbal est devenu politiquement contreproductif. Le Figaro l’analyse en ces termes : « Peut-être aussi est-il plus conscient que ses ministres de la nécessité de ne pas dilapider un crédit politique déjà largement entamé par les législatives. » L’animal politique, celui de « l’en même temps », comprend qu’il doit se ranger du côté des « rassuristes », et même en devenir la figure visible.

À partir de là, tout est permis. Même de sous-titrer, sans guillemets, sans le mettre dans la bouche de ces scientifiques qui « dérapent » : « Très faible efficacité du vaccin ». On est bien dans le Figaro. Pas dans FranceSoir. C’est permis. L’imprimatur vient d’en haut.  

Le Figaro semble maintenant déplorer qu’il n’y ait pas eu plus de manifestations contre les mesures dystopiques, alors qu’il a tout fait pour ridiculiser, ignorer ou minimiser celle de Florian Philippot tous les samedis pendant plus d’un an, et d’autres mouvements. « Les restrictions de libertés ont suscité beaucoup moins de protestations chez nous que chez nos homologues européens, avec des manifestations certes récurrentes, mais de peu d’ampleur comparées aux mobilisations à Berlin, Bruxelles ou Copenhague. »

Le « Gaulois réfractaire » ne l’a pas été tant que ça, du moins jusqu’au passe vaccinal, soumis aux parlementaires pour adoption alors que « les données sur la très faible efficacité du vaccin contre la transmission du virus commençaient à circuler », indiquent les auteurs. Mais n’est-il pas moins vrai que le « Gaulois réfractaire » était frappé du stigmate du pauvre type, un beauf ignorant et antiscientifique, un malade mental voyant des conspirations partout ?

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C’est un virage en U, mais un virage contrôlé tout de même. La lecture de courbe est certes reconnue comme une erreur d’Oliver Verra. Mais reste que ceux qui dénonçaient toute cette politique reposant exclusivement sur des modélisations immédiatement désavouées dans les faits dans 100 % des cas, demeurent étiquetés complotistes. Ce concept de complotiste doit résister à la nouvelle politique de Macron, car il va resservir sur d’autres dossiers.

Par exemple sur le passe vaccinal : selon Martin Blachier, « Olivier Véran a commis une erreur de lecture des courbes en voulant l’imposer ». « C’est une faute grave qui va laisser des traces pendant des années. Le passe vaccinal est devenu le point Godwin des discussions sur le virus. Il a alimenté le complotisme parce que c’était pire qu’une obligation, une obligation déguisée. » Selon le messager, on est « rassuriste » ou « complotiste » en disant la même chose. Ce n’est pas une question de fond, mais de forme, dans l’instrumentalisation politique du message.

Tous les mythes et les mesures funestes imposées par l’état de pensée magique covidien, tel que l’usage permanent de masques, le confinement des sains, la dramatisation de la maladie, (« retour tragique de l’histoire » ayant servi pour le Covid et l’Ukraine), la différence entre mourir de Covid ou avec Covid, tous sujets considérés comme hérétiques jusqu’il y a 48 heures, sont repris un par un dans l’article du Figaro. Il s’agit de thèmes pour lesquels nombre d’auteurs ou médias ont été délistés de diverses plateformes de réseaux sociaux.

Le plus tragique étant le déni de soin des malades, ayant répondu positif au test de Covid au travers de l’incroyable interdiction de les opérer. Ce qui, pour nombre d’entre eux, correspondait à une condamnation à mort. Ça aussi, ce serait terminé. Le Figaro cite Michaël Peyromaure, chef du service d’urologie à Cochin (Paris) : cette mesure « peut entraîner de graves complications pour certains malades qui devront attendre l’expiration du délai légal de six semaines, […] alors qu’opérer un malade qui a le Covid ne fait pas courir un grand risque de contagion. C’est comme si on refusait d’opérer un patient porteur du virus du sida au motif qu’il y a un risque de transmission. »

Le vaccin pour tous est aussi démonté. Citant le Dr Alice Desbiolles, « le vaccin altruiste » n’a pas servi à grand-chose. « C’est une stratégie qui a été très coûteuse et qui a produit des effets indésirables sur certains sujets (1/1 000), comme les complications cardiovasculaires, troubles menstruels et de la fertilité, asthmes. Il aura fallu tout ce temps pour conclure que la bonne stratégie vaccinale est la vaccination ciblée des populations à risque et bien sûr de ceux qui le souhaitent, comme on le fait pour la grippe ».

Mais là où le Figaro se lâche, c’est quand il énonce en toutes lettres, et il faut le relire plusieurs fois pour comprendre que ce journal est en train de remettre en question toute la fraude pseudo scientifique à laquelle il a participé : « La pandémie a fait oublier les règles anciennes en matière de virologie, quand un vaccin devait répondre, avant qu’il ne soit administré à toute la population, à des critères beaucoup plus rigoureux. Ils devaient être 100 % efficaces contre la maladie et contre sa transmission, et sans aucun effet indésirable. »

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Cerise sur le gâteau, le Figaro n’hésite pas à citer Didier Raoult, et pas pour le ridiculiser ! « Plusieurs épidémiologistes soulignent que Didier Raoult a eu raison de dire qu’un vaccin qui se focalise sur une seule protéine est voué à perdre son efficacité, car les souches mutent. »
Ce n’est pas FranceSoir, c’est encore le Figaro, qui tout à coup se pose des questions et cite des épidémiologistes alertant sur le risque de la vaccination : « Ils [les experts – ndlr] pointent les études allemandes et danoises sur des cohortes de patients vaccinés qui ont relevé que les multivaccinés étaient plus susceptibles d’attraper le Covid ». C’est aussi pour cette raison qu’Alice Desbiolles insiste sur l’importance du consentement du patient au remède, un des piliers de la médecine : « Les limites à la liberté de circulation ont eu des effets très négatifs sur le bien-être des Français, sur l’économie, sur l’éducation, sur la santé mentale des enfants : on aurait tort de commettre à nouveau les mêmes erreurs ».

Les « experts » de Conspiracy Watch doivent avoir beaucoup à faire avec le Figaro aujourd’hui. À moins que, étant une officine macronienne, ils ne soient déjà à la traque des « non-rassuristes ». Pour ces Zhanov et autres Torquemada de la dictature sanitaire, il s’agit d’un aggionamento minimal. Garder le même algorithme de harcèlement, en le nourrissant de nouveaux mots clés.

Reste que si pour Martin Blachier, « le bilan de la pandémie en France est beaucoup plus lourd qu’en Suède », pour beaucoup d’autres, le dire ne suffit pas. Il ne faudrait pas se conformer de ce caméléonisme politique, et tirer un trait comme si rien ne s’était passé. Mais chercher des responsables pour chacun des agents de ce crime contre la santé humaine, contre les droits de l’enfance, contre la prospérité des nations, contre les droits de l’homme commis au nom de cette falsification scientifique sans commune mesure.

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