Par Charles Sannat pour Insolentiae

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Tout d’abord toutes mes excuses pour mon absence d’hier mais j’étais fatigué et pas franchement en état d’écrire. Merci à tous pour vos très gentils et bienveillants messages. Après deux jours au lit, me voilà de nouveau devant l’ordinateur à contempler l’état du monde.

Arrêtons-nous sur les dernières déclarations de deux gouverneurs des deux plus puissantes banques centrales de la zone euro à savoir Nagel de la Bundesbank (la banque centrale allemande) et celle de Villeroy de Galhau le gouverneur de la Banque de France.

Le premier, Nagel, met en garde la BCE contre un soutien aux pays endettés !

« Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a mis en garde lundi la Banque centrale européenne (BCE) contre toute tentative visant à faire baisser les coûts d’emprunt des pays du Sud de la zone euro et a estimé que l’accent devrait être mis sur la lutte contre l’inflation, qui pourrait nécessiter davantage de hausses de taux d’intérêt que prévu.

La BCE, qui doit relever ses taux d’intérêt lors de la réunion du 21 juillet, s’est engagée à élaborer un nouveau programme d’achats de titres censé limiter le creusement des écarts de rendements entre les emprunts allemands, jugés plus sûrs, et ceux des pays dits périphériques au bloc monétaires comme l’Italie et l’Espagne.

Joachim Nagel a déclaré qu’un tel projet ne devrait être mis en place qu’en cas de circonstances exceptionnelles et devrait être assorti de conditions et d’une durée précisément définies, afin que la BCE ne donne pas l’impression qu’elle fournira toujours des conditions de financement favorables.

« Je mettrais donc en garde contre l’utilisation d’instruments de politique monétaire pour limiter les primes de risque, car il est pratiquement impossible d’établir avec certitude si un creusement des écarts de rendement est fondamentalement justifié ou non », a-t-il déclaré dans un discours ».

Quand la BCE vous parle d’un mécanisme anti-fragmentation et que le patron de la banque centrale allemande répond qu’il pense que c’est une mauvaise idée, vous savez que vous allez avoir un gros problème.

Vous allez me dire que l’on commence à en avoir l’habitude !

Après je vous propose de voir la réponse française, culculgnangnante à souhait de la Banque de France à travers les propos de son gouverneur, l’ancien grand patron de la BNP, qui n’est pas le dernier des imbéciles, mais qui dans ce poste de gouverneur de la Banque de France est obligé de passer pour un imbécile heureux.

Le principe de dissuasion fragmentaire !

« Je n’ai pas de doute que nous mettrons en place un instrument de protection efficace contre la fragmentation injustifiée », a dit le gouverneur de la Banque de France aux Echos, ajoutant que ce mécanisme serait finalisé « aussi vite que possible ».

« Il ne s’agit pas du souci politique d’aider tel ou tel Etat. Pour que la politique monétaire soit efficace, il faut qu’elle soit transmise à l’ensemble des acteurs économiques de la zone euro. Et nous avons des solutions sur lesquelles nous sommes en train de travailler », a-t-il expliqué.

Pour François Villeroy de Galhau, « il est probable que la seule existence de cet instrument permettant d’intervenir de façon rapide et au besoin massive, suffise, sans qu’il soit besoin de l’activer ».

Donc en gros, les Allemands ne veulent pas d’un fonds anti-fragmentation sans qu’il soit accompagné de règles strictes notamment de réduction des déficits.

Le français Villeroy de Glahau en est réduit à défendre l’idée qu’il faudrait faire un fonds qui ne servirait pas mais qui pourrait faire croire qu’on va s’en servir !

C’est une peu une arme de dissuasion fragmentaire, sauf qu’il en faudra beaucoup plus pour que les marchés pensent que la solution sera réellement crédible et les marchés testeront inévitablement la détermination de la BCE.

Il n’y a aucun risque d’explosion de l’euro pour des raisons monétaires ou économiques contrairement à ce que beaucoup pensent.

Les choses sont avant tout politique.

Le risque de fragmentation qui est le terme de novlangue pour éviter le terme d’explosion de la zone euro, n’est qu’un risque politique.

Un risque de désaccord politique.

Si l’Allemagne recommence les mêmes âneries que dans les années 2009-2010, alors il se passera la même chose à savoir une crise de l’euro qui durera le temps que dureront les désaccords notamment franco-allemands.

Oui les pays du sud sont surendettés et oui la résolution sera monétaire, et oui l’Allemagne va payer en partie la note après avoir encaissés les gains d’un euro qui lui a été favorable pendant presque 20 ans.

Voilà une belle crise européenne comme on les aime qui se profile.

Avec la crise énergétique et la guerre en Ukraine je ne suis pas persuadé que la stratégie du pire initiée par l’Allemagne soit une bonne idée.

Je pense même que c’est une très mauvaise idée, et que cela va encore affaiblir l’euro et faire augmenter l’inflation en raison du taux de change défavorable par rapport au dollar.

Si les gens pensent que l’euro peu exploser, alors ils achèteront du dollar et l’euro baissera encore et encore renforçant le phénomène d’inflation importée sur tous nos achats en dollars.

Une très mauvaise idée donc, mais ces derniers temps il n’y a que cela en Europe alors, allons-y gaiement !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

Source Challenges.fr ici et  Boursorama.com ici

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