par Andrew Korybko.

Plus les élites occidentales « annulent » la Russie, plus leurs peuples s’interrogent à son sujet, comme le prouve le dernier rapport de Microsoft, qui confirme que ses plateformes média internationales touchent désormais davantage d’Étasuniens qu’avant que l’opération spéciale, et la censure qui s’en est suivie, ne commence.

Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a affirmé vendredi au cours d’une interview accordée à un média biélorusse que « l’Occident redoute une compétition honnête, c’est chose bien connue. C’est pour cela qu’ils « annulent » la culture de tout pays qui diverge des positions orientées vers l’Occident, bannissent les chaînes télévisées, censurent les hommes politiques jugés indésirables sur les réseaux sociaux, et retirent de l’espace public tout ce qui diverge du concept néo-libéral de l’ordre mondial. » Sa remarque est sensée, car il s’avère tout à fait vrai que l’Occident craint les pays qui défendent leur souveraineté.

La nouvelle guerre froide qui est lancée en direction de la transition systémique globale vers la multipolarité a catalysé ce que l’on peut décrire comme « La Grande Bifurcation » qui se déroule sur trois niveaux : le niveau systémique entre le Milliard Doré et le Grand Sud ; le niveau idéologique entre les libéro-globalistes unipolaires issus du Milliard Doré et les conservateurs-souverainistes multipolaires du Grand Sud ; et le niveau tactique entre l’establishment et les populistes. Les libéro-globalistes du Milliard Doré craignent les conservateurs-souverainistes multipolaires du Grand Sud car ceux-ci sont véritablement populaires.

C’est pour cette raison que les premiers font recours à la guerre de l’information, afin de jeter l’opprobre sur les gouvernements de leurs opposants et ainsi manipuler leurs peuples à penser que ces gouvernements sont déconnectés de leur population. Ce modus operandi est réalisé en parallèle avec la crise alimentaire créée de toutes pièces pour catalyser des processus de changements de régime dans le Grand Sud, du fait que les libéro-globalistes unipolaires craignent véritablement les gouvernements conservateurs-souverainistes dans cette partie du monde. La Russie est la tête d’affiche de ce dessein de guerre hybride en cours d’émergence, mais n’en constituera certainement pas la dernière victime, et ses partenaires ont intérêt de s’accrocher pour ce qui va suivre.

Outre les restrictions économiques qui ont été imposées de manière unilatérale à la Russie par suite de son opération militaire spéciale en Ukraine, et l’intensité sans précédent de la guerre de l’information qui s’en est suivie, la Grande Puissance d’Eurasie se voit également « annulée » par le Milliard Doré, exactement comme l’a dit Lavrov. Cela ne provoque aucun dégât en Russie, mais on le fait pour des raisons politiques strictement intérieures, en lien avec les craintes entretenues par les élites occidentales au sujet de l’exemple souverain de ce pays, qui pourrait inspirer un soulèvement populiste contre ces élites.

Après tout, le président Poutine a prédit dans son discours au Forum Économique International de Saint Petersbourg, ce mois-ci, que l’Occident va connaître une flambée de populisme qui va déboucher sur ce que l’on peut appeler un « changement d’élites ». Plus ils « annulent » la Russie, plus leur peuple va s’intriguer à cet égard, comme le prouve le dernier rapport de Microsoft qui confirme que ses plateformes médiatiques internationales touchent désormais davantage d’Étasuniens qu’avant l’opération spéciale, et avant que la censure qui s’en est suivie ne commence. Il s’ensuit que les élites occidentales ont plus d’une raison de craindre l’exemple souverain que présente la Russie pour leur peuple.

Andrew Korybko

source : Oriental Review

traduction José Martí, relu par Wayan, pour Le Saker Francophone



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