En 2024, dans les Yvelines, un data center de 3 500 mètres carrés situé au bord de l’A86 sera refroidi grâce à de l’huile de cuisson recyclée. Une manière innovante et écologique de s’attaquer au problème du refroidissement des banques de données.

En 2025, 20 % de la consommation d’électricité mondiale et 10 % des émissions de gaz à effet de serre sont attribués aux data centers. Ces infrastructures, qui n’ont rien de virtuel, s’installent sur le territoire francilien car “elles ont besoin de grandes puissances électriques, de fibres optiques et d’un foncier à l’écart des zones de risque naturel”, explique Cécile Diguet, urbaniste à l’Institut Paris Région.

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Surchauffés par l’activité continue des milliers de serveurs, ces centres ont d’énormes besoins de climatisation pour refroidir les machines. Cette climatisation aggrave lourdement la facture énergétique, augmentant par la même leur impact environnemental, mais elle génère aussi une importante pollution acoustique. Pour éviter cela, l’entreprise française ITrium a conçu une technologie capable de refroidir les centres des données en utilisant de l’huile de cuisson usagée, qui permet de réduire de 80 % les consommations électriques liées au refroidissement.

Des serveurs immergés dans l’huile

Les serveurs sont immergés dans de grands bacs remplis d’huile biodégradable, produite à partir d’huiles de récupération (huiles de cuisson ou de vidange automobile). Ce produit serait capable de refroidir les serveurs plus efficacement que l’air, et il permet de récupérer la chaleur pour alimenter le réseau de chaleur d’un écoquartier situé à proximité. Ce principe a déjà séduit le géant américain Intel, qui a annoncé en janvier s’associer à la start-up Green Revolution Cooling pour tester la technologie.

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L’huile de cuisson est aussi un biocarburant, c’est-à-dire qu’il n’exige pas d’extraction de pétrole. Elle a un bilan carbone quasi-nul à l’utilisation, et ses émissions polluantes sont moindres que le gazole. Dans les Ardennes, une initiative a été prise par la ville de Charleville-Mézières pour que les restaurants puissent fournir leurs huiles de cuisson afin de les convertir en carburant pour le transport public. En 2019, la collectivité a équipé six véhicules de la ville, deux grosses balayeuses, deux laveuses et deux camions, avec du carburant à base d’huile de cuisson.





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