Le Premier ministre du Sri Lanka s’est dit prêt à démissionner pour laisser la place à un gouvernement d’union nationale, dans un contexte de grave crise politique et économique. Par la suite, sa résidence a été prise d’assaut par des manifestants.

Une foule de manifestants a pris d’assaut le soir du 9 juillet à Colombo la résidence du Premier ministre sri-lankais, avant de l’incendier, a appris l’AFP auprès de la police et de l’entourage du chef du gouvernement. «Des manifestants se sont introduits dans la résidence privée du Premier ministre Ranil Wickremesinghe et ils y ont mis le feu», ont indiqué les services du chef du gouvernement.

En pleine crise politique, économique et sociale au Sri Lanka, Ranil Wickremesinghe avait déclaré, plus tôt ce 9 juillet, être prêt à démissionner en faveur d’un gouvernement d’union nationale. «Pour assurer la sécurité de tous les Sri-lankais, il est favorable à cette recommandation des responsables des partis de l’opposition», ont affirmé les services du Premier ministre, dans un communiqué.

Le chef du gouvernement avait convoqué une réunion d’urgence du gouvernement pour discuter d’une «résolution rapide» de la crise. Il avait convié les dirigeants des partis politiques à se joindre à cette réunion.

Palais présidentiel également envahi

Cette déclaration du Premier ministre est survenu peu après que le président Gotabaya Rajapaksa a fui précipitamment son palais le 9 juillet, entouré par des centaines de milliers de personnes l’accusant d’être le responsable de la crise économique catastrophique que traverse le pays et voulant le chasser du pouvoir.

Des centaines de manifestants ont ensuite pris d’assaut le palais présidentiel. «Le président a été escorté en lieu sûr», a fait savoir une source de la Défense à l’AFP. «Il est toujours le président, il est protégé par une unité militaire», a ajouté cette source, selon laquelle les soldats gardant la résidence officielle ont tiré en l’air pour dissuader les manifestants d’approcher jusqu’à ce que Gotabaya Rajapaksa soit évacué.

L’ONU avait exhorté les autorités sri-lankaises et les manifestants à veiller à ce que les rassemblements du 9 juillet se déroulent dans le calme.

En mai, neuf personnes avaient été tuées et plusieurs centaines blessées lors de troubles dans le pays.

Un pays en faillite

Le Sri Lanka a fait défaut en avril sur sa dette extérieure de 51 milliards de dollars (un peu plus de 50 milliards d’euros), et a entamé des négociations de sauvetage avec le Fonds monétaire international (FMI).

Cette crise, d’une ampleur sans précédent depuis l’indépendance du pays en 1948, est imputée à la pandémie de Covid-19 qui a privé cette île de 22 millions d’habitants des devises du secteur touristique et a été aggravée par une série de mauvaises décisions politiques, selon des économistes cités par l’AFP.



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