En annonçant sa démission de la tête des Tories, Boris Johnson a ouvert la voie à sa succession au poste de chef du gouvernement. Huit candidats se sont déclarés à ce jour, dont l’ex-ministre des Finances Rishi Sunak, donné en tête dans un sondage.

En annonçant le 8 juillet sa démission de la tête du parti conservateur britannique, à la suite d’une série de scandales, Boris Johnson a indiqué qu’il comptait rester à Downing Street jusqu’à ce que le nouveau chef des Tories soit élu.

La compétition qui va s’ouvrir pour prendre la direction du parti et donc du gouvernement – les Tories étant majoritaires à la Chambre des communes – pourrait durer plusieurs mois. A ce jour, huit candidats au poste ont dévoilé leurs intentions.

Rishi Sunak, le favori qui veut «réunifier le pays»

L’ex-ministre des Finances Rishi Sunak, 42 ans, a été le 8 juillet le premier prétendant d’envergure à lancer sa candidature, dans une vidéo particulièrement léchée, au point d’alimenter des suspicions de candidature préparée de longue date et de trahison. Dans ce clip, Rishi Sunak promet de «restaurer la confiance», «reconstruire l’économie et réunifier le pays».

Faisant longtemps figure de favori pour entrer à Downing Street si Boris Johnson chutait, Rishi Sunak s’était trouvé nettement affaibli il y a quelques mois après la révélation de l’avantageux statut fiscal dont bénéficiait sa richissime épouse, qui lui permettait d’éviter de payer au fisc britannique des impôts sur ses revenus à l’étranger.

Il avait aussi pâti d’une réponse jugée insuffisante dans l’opinion face à la crise du coût de la vie, dans un Royaume-Uni en proie à une inflation au plus haut depuis 40 ans (plus de 9%). L’annonce de sa candidature, à laquelle plusieurs députés se sont immédiatement ralliés, a semble-t-il créé un rebond : un sondage du 8 juillet pour Channel 4 auprès de 493 membres du parti fait de lui le candidat préféré des conservateurs (25%), devant la ministre des Affaires étrangères Liz Truss (21%), qui ne s’est pas encore déclarée. L’AFP évoque également, parmi les candidats non déclarés pouvant représenter de sérieux concurrents, la secrétaire d’Etat au Commerce extérieur Penny Mordaunt. 

Reste que les fidèles de Boris Johnson n’ont pas digéré l’attitude de Rishi Sunak, le Financial Times évoquant le 9 juillet une «énorme colère» à son égard au sein de l’équipe du Premier ministre sortant. Sunak avait été l’un des premiers à quitter le gouvernement le soir du 5 juillet, apparemment sans même prévenir Boris Johnson, avec le ministre de la Santé Sajid Javid. Ces deux démissions quasi simultanées avaient déclenché une hémorragie politiquement fatale au héros du Brexit.

Sept autres candidats déclarés

Outre Rishi Sunak, se sont portés candidats l’ex-ministre de la Santé Sajid Javid, le nouveau ministre des Finances Nadhim Zahawi et l’ancien ministre des Affaires étrangères et de la Santé, Jeremy Hunt, qui avait affronté Boris Johnson en 2019 pour la direction du parti conservateur. Ils avaient été précédés notamment par l’actuel secrétaire d’Etat britannique aux Transports Grant Shapps.

Grant Shapps a annoncé sa candidature en promettant un gouvernement «stratégique» et «sobre». Député expérimenté qui a fait ses premières armes au cabinet de l’ex-Premier ministre David Cameron en 2010, il ne fait pas partie des favoris des sondages. Pas plus que trois autres candidats déclarés avant lui : l’ex-secrétaire d’Etat à l’Egalité Kemi Badenoch, la procureure générale Suella Braverman et le député Tom Tugendhat.

Le vote final des adhérents du parti conservateur – 160 000 votants lors de la dernière élection interne de 2019 – interviendrait ensuite d’ici la rentrée, selon le scénario qui semble se détacher dans la presse britannique.



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