Le 11 juillet entre 16 h 00 et 18 h 00, les débats sur la motion de censure portée par la gauche ont animé l’Assemblée nationale. Résultat : Élisabeth Borne échappe largement à la destitution (défendue uniquement par la gauche), sans toutefois ressortir grandie de cette expérience.

Pour rappel, le mercredi 6 juillet dernier, après un discours de politique générale ambivalent d’Élisabeth Borne, une motion de censure a été présentée par la gauche à l’Assemblée nationale. Portée par la voix de Mathilde Panot et soutenue par 149 de ses collègues, elle visait à destituer le gouvernement fraîchement installé, ni plus ni moins.

“Jupiter, c’est fini !”

Bénéficiant du micro en première, Mathilde Panot attaque frontalement la Première ministre : “Vous êtes à cette fonction une anomalie démocratique.” Selon elle, “on trouve une ressemblance frappante” entre le discours d’Élisabeth Borne et celui d’Emmanuel Macron : “mots creux, autosatisfecit et néolibéralisme”. “Vous n’avez pas changé, ni sur le fond ni sur la forme”, assène-t-elle en rappelant les différents scandales attachés au gouvernement en place, parmi lesquels les récents UberFiles.

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Pour les Socialistes et apparentés, Olivier Faure assure que “cette motion de défiance permettrait de sortir du confusionnisme entretenu par le président de la République.” “Vous fissurez toutes les digues en préférant l’extrême droite à l’extrême gauche !”, martèle-t-il juste après, accusant le parti majoritaire. Masquée, Élisabeth Borne secoue vigoureusement la tête.

Sans surprise, les Écologistes ainsi que la Gauche démocrate et républicaine se joignent à cet avis en assurant que “refuser de se soumettre à ce vote, c’est refuser de se soumettre à la clarification”.

“Vous êtes fâchée avec la Constitution”

Élisabeth Borne a répondu clairement : “Vous êtes fâchée avec la Constitution”. Et d’enchaîner : “Vous n’avez pas de majorité tout court. En démocratie, on ne gouverne pas avec les voix que l’on aurait pu avoir, mais avec les voix que l’on a.” “Nous, nous voulons bâtir des solutions”, assure-t-elle en défendant la bonne volonté du gouvernement, qui a du mal à assurer sa légitimité depuis la débâcle des législatives. Elle conclut en martelant que “voter cette motion de censure, ce serait voter pour l’instabilité, sans respecter le choix des Français.”

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Pour Les Républicains, c’est la députée Michèle Tabarot qui porte la voix d’une “opposition lucide” qui refuse le “blocage stérile”. Après avoir de nouveau soulevé les manquements répétés du gouvernement, elle assure cependant : “Il va falloir changer de méthode, rompre avec l’arrogance et le mépris”. “Travaillez pour l’intérêt des Français, nous serons avec vous. Décevez-les encore, et nous serons vos premiers opposants”, conclut-elle au nom de son parti.

Pour le MoDem et les Indépendants, Philippe Vigier assure que “le Parlement est de retour” et que les élus vont devoir “défendre leur pays plutôt que leur parti”. Ni eux ni les élus d’Horizons et apparentés n’ont voté la motion de censure.

Évidemment, Aurore Bergé défend pour le parti d’Emmanuel Macron (Renaissance) l’annulation de cette motion de censure, tout en attaquant vigoureusement le “tribun du peuple” Jean-Luc Mélenchon. Elle profite de l’occasion pour “réunir” malicieusement l’extrême gauche et l’extrême droite autour de la Russie, non sans quelques raccourcis.

Du côté du parti Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires, Christophe Naegelen avoue que “les premiers signaux [du gouvernement, ndlr] ne sont pas bons”, mais ne soutient pas non plus “la comédie” de la gauche.

Enfin, alors qu’il représentait le potentiel point d’inflexion de l’hémicycle, le Rassemblement national refuse de voter la motion de censure. En leur nom, Alexandre Loubet assure que la “NUPES veut l’anarchie et la violence de la rue” et promet que son parti ne soutiendra pas la “destruction de la Ve République”. Il rassure toutefois ses électeurs en se défendant d’approcher de trop près la majorité, souhaitant une “opposition constructive”.

En bref, personne n’a confiance en ce nouveau gouvernement, sinon Renaissance, mais personne ne souhaite une censure prématurée non plus, sinon la NUPES. Rien de nouveau, ni de bien constructif.

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