Le 22 juin 2022, le journal Le Devoir annonçait la sortie d’une vaste étude intitulée “Le mouvement conspirationniste au Québec”. Or, cet ouvrage est paru à peine quelques jours plus tard au sein de la “Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents” (chaireunesco-prev).

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Le rapport de recherche a été présenté à Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, dans le cadre de l’appel de Solutions à la COVID-19. On y trouve des données obtenues par sondage sur les adhérents à ce mouvement ainsi qu’une liste de 45 « leaders conspirationnistes » québécois et canadiens, parmi lesquels Stéphane Blais, Alexis Cossette-Trudel, Samuel Grenier, Amélie Paul, Daniel Pilon, Daniel Tadros, Maxime Ouimet, Jean-Jacques Crèvecoeur, Lucie Laurier, Mel Goyer et Jonas Colin (The Colin Show).

Selon les rédacteurs du rapport,

« la plupart du temps, la pensée conspirationniste s’exprime par bribes, par allusions, par suspicions, par « preuves » parfois structurées, parfois éparpillées, parfois même clairement fabriquées de toutes pièces. Elle s’apparente à une sorte de « menu » de restaurant sur lequel les individus peuvent faire leurs choix, en fonction de leurs préférences, et se constituer leur propre repas conspirationniste. »

Il est vrai que certains d’entre eux diffusent trop souvent des informations incomplètes, biaisées et sans sources solides, tout en quémandant de multiples dons à leurs auditeurs souvent fragilisés par la crise « covidienne ». Malheureusement, il leur arrive aussi régulièrement, — que ce soit consciemment ou non — , de diffuser de fausses informations, ce qui nuit grandement aux lanceurs d’alerte sincères. Par contre, à mon avis, Ezra Levant (Rebel News), la psychologue Lucie Mandeville et l’avocat Rocco Galati n’ont pas leur place dans cet ouvrage de la Chaire UNESCO. Et toujours à mon avis, Jo L’indigo (Jonathan Blanchette) doit être placé dans la catégorie des « activistes » et non pas celle des « conspirationnistes » comme on l’entend généralement.

Mais ce rapport publié par la Chaire UNESCO-PREV, — chapeauté par les Universités Concordia, de Sherbrooke et du Québec à Montréal — , est-il aussi crédible qu’on voudrait bien nous le faire croire ? Ne s’agit-il pas plutôt d’une sorte de chasse aux sorcières ayant un but sous-jacent, celui de discréditer celles et ceux parmi les plus honnêtes qui ont un avis différent de celui du narratif officiel promu par les gouvernements et les médias « mainstream », sachant très bien que le grand public ne fera pas la distinction entre le bon grain et l’ivraie.

Il ne faut tout de même pas oublier que l’UNESCO est l’une de ces organisations mondialiste dont on connaît déjà les tenants et les aboutissants. En effet, l’UNESCO est une institution spécialisée internationale de l’Organisation des Nations Unies (ONU), créée le 16 novembre 1945. Son premier directeur général fut Julian Huxley, petit-fils de l’eugéniste Thomas Henry Huxley et frère de Aldous Huxley, l’auteur du roman d’anticipation dystopique “Le Meilleur des mondes“. [PDF]

Julian Huxley était un partisan de l’eugénisme comme moyen d’amélioration de la population humaine. Il voyait dans l’eugénisme un moyen d’éliminer les variantes indésirables du patrimoine génétique humain dans son ensemble. À la suite des résultats terrifiants résultant de l’abus d’eugénisme, Julian Huxley utilise le terme « transhumanisme » pour décrire le point de vue selon lequel l’homme pourrait s’améliorer grâce à la science et la technologie, notamment avec l’aide de l’eugénisme. Il écrit dans son livre “New Bottles for New Wine” (Nouvelles bouteilles pour vin nouveau), publié en 1957 :

« L’espèce humaine peut, si elle le souhaite, se transcender – non seulement sporadiquement, un individu ici d’une manière, un individu là d’une autre manière, mais dans son intégralité, en tant qu’humanité. Nous avons besoin d’un nom pour cette nouvelle croyance. Peut-être que le transhumanisme servira: l’homme restant homme, mais se transcendant, en réalisant de nouvelles possibilités de et pour sa nature humaine. « Je crois au transhumanisme » : une fois qu’il y aura assez de gens qui pourront vraiment le dire, l’espèce humaine sera au seuil d’une nouvelle sorte d’existence, aussi différente de la nôtre que la nôtre l’est de celle de l’homme de Pékin. Il accomplira enfin consciemment sa vraie destinée. »

Ne retrouvons-nous pas ici la philosophie transhumaniste de Yuval Noah Harari, contributeur assidu de l’agenda du Forum économique mondial et principal conseiller du psychopathe Klaus Schwab ? On n’efface pas aussi facilement les fondements, le passé et l’esprit de ces institutions supranationales.

Le journaliste spécialisé en politique fédérale, Boris Proulx, rapporte que l’étude de la Chaire UNESCO-PREV regroupe les « leaders conspirationnistes » en cinq grandes idéologies, par idéal type : d’extrême droite, antigouvernemental, alterscience, religieux, ou encore inspiré des théories QAnon

. « Pour nous, ce sont des voix qui crédibilisent le mouvement, soit par leur statut antérieur, soit parce qu’elles sont très suivies. […] On a eu de longues discussions pour savoir qui on retient, mais on est à l’aise avec chacun des noms qu’on a mis là », explique le cosignataire de l’étude David Morin, professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke et titulaire de la Chaire UNESCO-PREV.

Cette Chaire UNESCO-PREV a été créée à l’automne 2017 dans la mouvance de la Stratégie mondiale antiterroriste des Nations Unies et le rapport du Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent publié par le Secrétaire général des Nations Unies en 2016. D’ailleurs. La “Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents” travaille en partenariat avec l’équipe Recherche et Action sur les Polarisations sociales (RAPS), le Réseau des praticiens canadiens pour la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent (RPC-PREV) et le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV). La chaire se positionne aussi dans la droite ligne du XVIe Sommet de la Francophonie en 2016 durant lequel les chefs d’État et de gouvernement ont adopté une résolution sur la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents pouvant conduire au terrorisme.

Que l’on apprécie ou non les soi-disant « influenceurs » cités dans le rapport, il est désolant de voir que les rédacteurs font des amalgames douteux entre la divergence d’opinion, la radicalisation, l’extrémisme violent et même le terrorisme (d’où provient justement le nom de l’organisme). Contrairement à ce qu’ils affirment dans leur préface, le rapport de la Chaire UNESCO-PREV a tendance à discréditer tous celles et ceux qui pourraient afficher une opinion différente du narratif officiel politico-médiatique concernant des enjeux sociétaux actuels qui sont, pour la plupart, réels et très bien documentés. Étant financée entre autres par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec (MÉI), la “Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents” ne peut aucunement prétendre être une organisation indépendante et impartiale. [Rapport annuel 2021]

Selon David Morin, il est important de parler dans les médias des influenceurs du grand complot. « Ce sont des gens déjà assez connus [sur Internet], alors ça ne contribue pas à les rendre plus célèbres qu’ils sont déjà. » Le journaliste Boris Proulx affirme que publier leurs dérapages — et l’idéologie derrière — permet surtout de mieux voir la récupération de leurs idées dans les discours politiques. Un problème qui toucherait le Parti conservateur du Canada. « On a un des deux candidats [Pierre Poilievre] qui n’hésite pas de temps en temps à lancer des signaux à son électorat potentiel en lien avec Davos, le nouvel ordre mondial, la cryptomonnaie… On voit qu’il y a des tentatives de récupérations », se désole le cosignataire de l’étude. Si la Chaire UNESCO-PREV est vraiment impartiale, alors pourquoi cible-t-elle précisément le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, ainsi que le candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre ? Pourquoi ne dénonce-t-elle pas la désinformation constante et les actions extrémistes des politiciens comme François Legault et Justin Trudeau ? Beaucoup plus pondéré, le chroniqueur Jean-François Nadeau écrit dans le quotidien Le Devoir :

« Être ensemble, faire société, suppose de tolérer qu’il ne peut y avoir d’unanimité. Cela s’avère exigeant, plus exigeant que de se contenter d’affirmer à tout venant ses intentions d’imposer l’unité sur-le-champ plutôt que de se donner, pour tous, les moyens de la créer durablement. »

Je laisse donc le soin à mes lectrices et à mes lecteurs de prendre connaissance du rapport de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents (chaireunesco-prev), intitulé “Le mouvement conspirationniste au Québec”, et à se forger leur propre opinion à son sujet. Pour ma part, je considère que ce document est un outil de propagande comme tant d’autres et qu’il a pour but principal de discréditer et de bâillonner jusqu’aux journalistes indépendants les plus sérieux.





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