Son cabinet d’avocats est à la pointe du combat pour la réintégration du personnel soignant suspendu après avoir refusé de se plier aux injonctions à la vaccination contre le Covid-19. Maître Tarek Koraitem, avocat inscrit au barreau de Versailles, est notre invité pour cet “Entretien essentiel”. Privé d’exposition médiatique, cet avocat pénaliste a pourtant obtenu par voie de justice au cours de la crise sanitaire des décisions fondamentales pour le rétablissement des libertés des salariés aussi bien dans le secteur public que privé. Il le souligne : « Si les avocats n’avaient rien fait, la situation (les restrictions sanitaires) aurait été pire que celle qu’elle est aujourd’hui ».

« La décision que nous avons obtenue est la seule qui a pu faire reculer le gouvernement ». À l’été 2021, Me Koraitem avait ouvert une première brèche en faisant annuler les arrêtés préfectoraux exigeant de présenter le passe sanitaire dans les centres commerciaux des départements des Yvelines et de l’Essonne. Sans cette victoire, « les salariés des centres commerciaux auraient été contraints de présenter un passe sanitaire jusqu’à aujourd’hui », estime-t-il. Un combat que l’avocat avait ensuite porté dans la capitale pour plaider la même cause devant le tribunal administratif de Paris. 

Moins d’un mois plus tôt, Me Koraitem a décroché une autre « décision fondamentale relayée pratiquement par aucun média » qui concerne le secteur privé : « Le conseil des prud’hommes de Paris a jugé en départage, c’est-à-dire par un juge professionnel, non pas par des conseillers prud’homaux, que lorsqu’un employeur suspend un salarié pour défaut de vaccination, il doit lui reproposer un reclassement, c’est-à-dire un autre poste », explique l’avocat. Et d’insister : « C’est central, car tous les soignants qui ont été suspendus pour défaut de vaccination l’ont été par la façon la plus brutale qui soit. Dans 95% de cas, les employeurs n’ont jamais proposé de reclassement. »

L’occasion pour lui de revenir sur la « brutalité » avec laquelle a été opérée leur suspension : soit ces professionnels de santé se sont fait vacciner « avec le couteau sous la gorge », soit ils ont été « suspendus sans salaire, confinés chez eux dans l’attente que le gouvernement lève l’obligation de vaccination des soignants ». Une décision qui pourrait bien porter le coup fatal tant annoncé au système de soin français, en crise d’effectifs : « Sur le long terme, cela va devenir intenable », avertit-il. Pour autant, le gouvernement semble décidé à continuer à maintenir à l’écart les soignants non-vaccinés. Pas de quoi démotiver Me Koraitem qui assure lui aussi se montrer résolu à poursuivre son combat.





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