Après discussion avec les syndicats des personnels enseignants, le ministère de l’Éducation nationale a détaillé le mardi 12 juillet le protocole sanitaire qui entrera en vigueur dès la rentrée prochaine. Celui-ci repose sur trois niveaux, qui seront applicables en fonction du contexte épidémique. Un protocole qui a longtemps agacé les syndicats et affecté psychologiquement les élèves.

Un protocole sanitaire “allégé”

Pendant deux ans, de nombreux enseignants grévistes ont défendu un protocole sanitaire plus strict pour faire face à la “flambée épidémique”. Pour d’autres, les décisions gouvernementales ont fait des enfants “les grandes victimes de la crise sanitaire”. Depuis le 10 juillet, un protocole “allégé” a été discuté avec les syndicats de personnels enseignants. 

Selon les syndicats contactés par l’AFP, trois niveaux sont envisagés : “le niveau 1 équivaut à une vigilance modérée, le rappel et l’incitation des gestes barrières, la limitation des regroupements importants. Le niveau 2 à une vigilance accrue, le renforcement des gestes barrières, l’adaptation des modalités pratiques en éducation physique et sportive (EPS). Le niveau 3 équivaut lui à une évolution très défavorable, avec une doctrine d’accueil en lycée et renforcement des mesures de restriction (activités physiques et sportives limitées)”.

Ces mesures appliquées semblent se calquer sur la population générale.  Notons que jusqu’au 28 février dernier, les élèves devaient porter le masque à plein temps. Pour l’instant, comme le rapporte le Huffington Post, cela suivra “un alignement de l’école avec la population générale”, donc le port du masque ne sera pas obligatoire, mais il sera “recommandé”.

Par ailleurs, selon les informations du Parisien, “à la cantine, dès le niveau 2, on prendra son repas par classe, pour limiter les brassages”.

D’autre part, le contact tracing, pour lequel le personnel des écoles déclarait les cas positifs au sein des écoles, est temporairement aboli. Il ne sera également plus question de campagnes de tests salivaires.

Se calquant sur l’évolution de l’épidémie, le protocole “allégé” est reçu positivement chez les syndicats d’enseignants.

Les syndicats d’enseignants favorables à ce protocole sanitaire

Pour le syndicat d’enseignants SNUipp-FSU, il s’agit d’une quasi-victoire. Soulagée, Guislaine David s’est exprimé : “On ne pourra pas décider d’un niveau du protocole et le mettre en place le lendemain dans les écoles, on aura dix jours d’adaptation, ce qu’on a toujours demandé”. Pour les syndicats enseignants, les annonces “dans la presse avec mise en place le lendemain” étaient source d’angoisse.

De son côté, Sophie Vénétitay, du SNES-FSU, a concédé : “Ce protocole est simplifié, plus opérationnel. Mais, il est surtout adapté à deux ans de pandémie ; on a appris des choses durant cette période, et l’Éducation nationale en tient compte.”

D’aucuns se rappellent tout de même de l’ère Blanquer, vivement critiqué tout au long des restrictions gouvernementales. Si les discussions tournent aujourd’hui sur le nouveau protocole, d’aucuns ont jugé bon de remettre le doigt sur les conséquences psychologiques que les mesures ont eu sur les élèves.

Des répercussions psychologiques sur les élèves

“La crise sanitaire a mis à l’épreuve notre École, ses personnels et ses élèves”, peut-on lire dans le bulletin officiel de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports. En ce qui concerne les enfants, les impacts psychiatriques lourds liés à la politique sanitaire ont fait l’objet d’un constat clinique plutôt inquiétant.

Voir aussi : Impacts traumatiques de la politique sanitaire actuelle sur les enfants : un constat clinique alarmant

Dans un entretien chez FranceSoir, le 25 mai 2021, Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne, expliquait l’impact des restrictions sanitaires sur les élèves. Elle décrivait la portée néfaste des cours en distanciel, du port du masque ou encore des confinements. Suite à cela, un nombre considérable d’admissions en psychiatrie a été constaté en 2021, cumulé à un recours aux antidépresseurs et anxiolytiques. Concernant le manque de lien social que cette situation impliquait, Marie-Estelle Dupont a affirmé : “Cette privation relationnelle génère des syndrômes dépressifs”.

Voir aussi : Marie-Estelle Dupont : “hors sujet de culpabiliser les êtres humains d’avoir des besoins et des désirs”

Ainsi, les cours à distance ont eu un impact psychologique non négligeable chez les enfants, comme chez les étudiants. Mais d’après le nouveau protocole sanitaire, les cours se tiendront désormais en présentiel “dans toutes les situations dans les écoles et les collèges”, d’après Le Monde. Des situations qui peuvent néanmoins évoluer si le “contexte épidémique” bascule au niveau 3, dans lequel cas une “hybridation” est prévue, “sans bascule totale dans l’enseignement à distance et seulement si le contexte local le permet”, souligne Marie-Hélène Piquemal, du syndicat Snac.

Le protocole sanitaire exact sera déclaré durant le mois d’août “en fonction des avancées de l’épidémie”. Pour les écoles, celles-ci auront dix jours pour se mettre à jour et l’appliquer.





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