Selon l’AFP et Le Parisien, Agnès Thibault-Lecuivre, ancienne conseillère justice place Beauvau, devrait prendre la succession de Brigitte Jullien à la tête de l’IGPN. Juge de formation, elle a également travaillé pour le ministère de la Justice.

Agnès Thibault-Lecuivre, juge et ancienne conseillère du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, devrait être nommée le 20 juillet en conseil des ministres à la tête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), jusqu’ici dirigée par des policiers, a-t-on appris le 18 juillet de sources proches du dossier, confirmant une information du Parisien.

La nomination d’une personnalité issue du monde judiciaire pour diriger la «police des polices» intervient alors que cette institution fait l’objet de critiques, accusée notamment de manquer d’indépendance dans les dossiers de violences policières.

Une ancienne de l’Intérieur et de la Justice

Considérée comme proche du pouvoir actuel, Agnès Thibault-Lecuivre a occupé pendant deux ans le poste de conseillère justice du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin puis, depuis six mois, celui de directrice de cabinet adjointe. Comme ses prédécesseurs, elle sera nommée par le ministre de l’Intérieur et l’IGPN restera rattachée à la Direction générale de la police nationale (DGPN). Une dépendance statutaire souvent dénoncée par les observateurs.

L’idée de nommer à la tête de l’IGPN une personnalité indépendante avait été évoquée en novembre 2020 par Gérald Darmanin alors que la réforme de l’institution était revenue dans le débat après une série d’affaires de violences policières, dont la violente interpellation de Michel Zecler à Paris. Avant d’intégrer le cabinet de Gérald Darmanin, Agnès Thibault-Lecuivre a été pendant plusieurs années la chargée de communication de l’ex-procureur de Paris François Molins, notamment au moment des attentats de 2015. Elle a aussi été brièvement porte-parole du ministère de la Justice entre 2019 et 2020.

Agnès Thibault-Lecuivre succédera à la commissaire Brigitte Jullien, nommée en 2019, et qui a notamment été confrontée à de nombreux dossiers de violences policières lors des manifestations de Gilets jaunes.

«Je ne pense pas que la nomination d’un magistrat soit bien accueillie dans nos rangs et soit une bonne chose !», a réagi auprès de l’AFP Frédéric Lagache, délégué général du syndicat Alliance. «Déjà nos collègues redoutaient l’IGPN avec à sa tête un policier, alors un magistrat, ils vont craindre le pire», a-t-il ajouté.

«J’espère que sa nomination va permettre d’éviter les faux procès en partialité faits à l’IGPN», a de son côté déclaré Grégory Joron, du syndicat Unité-SGP. «Pour les policiers, je ne pense pas que cela change grand-chose», a-t-il poursuivi. «L’IGPN ne faisait déjà pas de cadeaux et ne couvrait pas les actions des policiers», a-t-il conclu.



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