L’ex-ministre britannique des Finances Rishi Sunak reste en tête dans la course pour succéder à Boris Johnson au 10 Downing Street, à l’issue d’un nouveau vote des députés conservateurs qui voit la lutte pour la deuxième place se resserrer.

Les députés conservateurs ont achevé ce 19 juillet le quatrième tour de scrutin de la course à la direction du parti, et donc à la succession de Boris Johnson en tant que Premier ministre britannique. L’ancien chancelier de l’Echiquier Rishi Sunak qui obtenu 118 voix lors de ce scrutin fait la course en tête, suivi par la ministre du Commerce Penny Mordaunt (92 voix) et la ministre des Affaires étrangères Liz Truss (86 voix).

Avec 59 voix, l’ancienne ministre de l’Egalité Kemi Badenoch a terminé en dernière position et a donc été éliminée. Les 357 députés du parti procéderont à un vote final le 20 juillet, après quoi les quelque 150 000 membres du parti conservateur participeront à un vote par correspondance pour désigner le vainqueur final.

La chaîne Sky News avait annoncé le 18 juillet l’annulation du débat prévu le lendemain, en raison du refus de Rishi Sunak et de Liz Truss d’y participer. Selon le site Internet de la chaîne, la perspective d’un troisième débat en direct faisait craindre aux députés conservateurs que l’exposition au grand jour des désaccords entre les candidats ne fragilise la majorité.

Le vainqueur prendra la tête du Parti conservateur et deviendra Premier ministre du Royaume-Uni en septembre, Boris Johnson ayant remporté un vote de confiance le 18 juillet, ce qui lui permet de rester en fonction jusqu’à cette date. Poussé vers la sortie par une avalanche de démissions au sein de son gouvernement après une succession de scandales, le Premier ministre britannique avait annoncé sa démission du parti conservateur le 7 juillet dernier, ouvrant donc la voie à sa succession à la tête du gouvernement.

Qui sont les trois candidats restants ?

Analyste chez Goldman Sachs puis employé dans des fonds, le favori Rishi Sunak a démissionné avec fracas de son poste la semaine dernière entraînant dans son sillage le départ d’une soixantaine de membres de l’exécutif. Pour cela, les soutiens du Premier ministre l’accusent d’avoir trahi Boris Johnson. Ce défenseur du Brexit a été plus globalement critiqué pour son action insuffisante contre l’envolée des prix. Il affirme que son approche économique relèverait du «bon sens thatchérien» s’il était élu, et dénonce les «contes de fées» d’autres candidats qui annoncent d’importantes baisses d’impôts dans un contexte de forte inflation.

Penny Mordaunt a elle aussi été une figure de la campagne en faveur du Brexit en 2016 et œuvre depuis à négocier des accords commerciaux. Elle a été ministre de la Défense en mai 2019, pendant 85 jours, avant un remaniement. Cette réserviste de la Royal Navy est donnée gagnante face à n’importe quel adversaire, si elle accède à la finale. Dans sa première intervention de campagne le 13 juillet, elle a appelé au retour aux valeurs traditionnelles du Parti conservateur «faible taux d’imposition, petit Etat, responsabilité personnelle».

Liz Truss, enfin, s’est vu confier le délicat ministère des Affaires en récompense de son travail en tant que ministre du Commerce international. A ce poste, cette championne du libre-échange, qui avait voté pour le maintien dans l’UE, a conclu une série d’accords commerciaux post-Brexit. Admiratrice de l’ancien Premier ministre Margaret Thatcher, elle met en avant son bilan à la tête de la diplomatie, du soutien britannique à l’Ukraine au projet de loi hautement controversé qui vise à permettre à Londres d’outrepasser l’accord conclu avec l’UE sur les dispositions post-Brexit en Irlande du Nord. Restée au gouvernement malgré l’exode massif des ministres la semaine dernière, elle est la candidate du camp Johnson.



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