Défendant un amendement à l’Assemblée nationale ce 21 juillet, la députée Nupes Rachel Keke a mis en cause l’illégitimité, selon elle, des parlementaires à rejeter une augmentation des salaires envers les plus modestes.

La députée Nupes Rachel Keke a défendu avec véhémence ce 21 juillet la politique d’augmentation des salaires, notamment pour les plus modestes qui gagnent 800 à 1 000 euros par mois. Fustigeant les refus de cette proposition d’une partie de l’hémicycle, celle qui est femme de ménage a fustigé l’attitude des parlementaires face aux «métiers essentiels» et la méconnaissance de leurs conditions de vie.

«Qui dans cet hémicycle a déjà touché 800 euros par mois ! Par mois, pas par jour ! Personne ! Ils ne connaissent pas la souffrance des métiers essentiels, ils les méprisent et ils refusent l’augmentation du SMIC ! C’est honteux !», a-t-elle tweeté, en reprenant la séquence de son intervention à l’Assemblée nationale.

La remarque a été saluée par ses collègues de la Nupes qui l’ont relayée sur les réseaux sociaux. La député de la 7e circonscription de la Seine-et-Marne, Ersilia Soudais, a ainsi tweeté : «”Je suis députée maintenant et je découvre des choses horribles. Vous méprisez les métiers essentiels.” Magnifique discours de Rachel Keke.»

Le député de la 11ème circonscription des Yvelines, Williame Martinet, s’est également félicité de la prise de parole de Rachel Keke : «Pour la première fois de l’histoire de l’Assemblée Nationale, une députée femme de chambre a pris la parole pour réclamer une augmentation des salaires. Elle s’appelle Rachel Keke et elle est ma collègue de la Nupes. C’est une immense fierté !»

L’admonestation est toutefois mal passée chez Les Républicains, qui ont renvoyé la députée aux revenus d’autres figures de la Nupes, dont Jean-Luc Mélenchon. Aurélien Pradié s’est ainsi indigné que Rachel Keke ait mis en cause les autres députés : «Vous avez votre parcours, nous le respectons. Si vous voulez que nous respections, chacun, votre parcours, respectez aussi le nôtre. Vous avez dans votre groupe politique, Madame la députée, des femmes et des hommes qui n’ont sûrement jamais gagné 800 euros par mois. Vous avez un président de parti qui n’a sûrement jamais gagné 800 euros par mois», a-t-il martelé. «Nous sommes tout aussi légitimes que vous à exprimer la défense de nos concitoyens et des plus modestes», a encore ajouté Aurélien Pradié.

La tirade n’a par ailleurs pas séduit non plus les députés du Rassemblement National, qui s’étaient accordés avec la majorité présidentielle lors du vote sur l’augmentation du SMIC. Julien Odoul a ainsi accusé Rachel Keke d’instrumentaliser la parole des Français les plus modestes : «Chère collègue Rachel Keke, vous n’avez pas le monopole du cœur et vous n’êtes pas la porte-parole des Français qui souffrent. Commencez donc par arrêter de mépriser et d’insulter des travailleurs essentiels qui servent la France : nos policiers !»

Les députés se sont régulièrement échangés des noms d’oiseaux au sein de l’hémicycle, en plein débat sur le pouvoir d’achat. Traités de «bouffons rouges», les députés de la Nupes n’ont pas manqué de renvoyer Rassemblement National et Renaissance dos-à-dos, qualifiant le premier de «sosie» du second ou encore de collaborer «main dans la main» avec le gouvernement.





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