par Dominique Delawarde.

En vidéo de moins d’une minute, une carte dynamique récapitulative de l’opération spéciale russe du 24 février au 19 juillet 2022.

 

Il faut garder à l’esprit que la Russie est intervenue en infériorité numérique au sol, avec environ 150 000 hommes, mais avec la maîtrise du ciel dès le premier jour. Elle n’a toujours pas décrété de mobilisation, même partielle. Il lui reste donc d’immenses réserves …

Dans la vidéo, on distingue clairement deux phases pour l’instant.

24 février-19 avril : Attaques pluri-directionnelles qui obligent le commandement ukrainien du régime de Kiev à conserver des forces conséquentes dans les régions de Kiev et de Kharkov, alors que l’essentiel du corps de bataille ukrainien est déployé face au Donbass. Dans le même temps, conquête par les Russes du Sud de l’Ukraine et établissement d’une continuité territoriale Donbass-Crimée, qui n’existait pas avant l’opération spéciale et qui va faciliter l’approvisionnement logistique russe du front Sud mais aussi qui va rendre plus compliqué l’approvisionnement par les Occidentaux des forces ukrainiennes par la mer puisqu’il ne leur reste plus que le port d’Odessa.

19 avril-19 juillet : Les forces russes concentrent l’essentiel de leurs moyens sur la reconquête du Donbass face au corps de bataille ukrainien. La progression semble lente, mais elle ne l’est pas tant que cela, si l’on veut bien considérer que les Ukrainiens ont eu 8 ans pour s’installer en défensive et que les Russes ne disposent pas du rapport de 3 contre un, souhaitable en offensive. C’est en fait l’artillerie russe qui broie méthodiquement, quotidiennement et inexorablement le corps de bataille ukrainien avant la progression des soldats de la coalition russo-républicaine (50 000 obus/jour).

Cette deuxième phase va se poursuivre probablement plusieurs semaines et « pourrait » se prolonger vers l’Ouest avec les prises d’Odessa et de Kharkov. Il est peu probable que la Russie restitue les terres conquises lorsque viendra l’heure du cessez le feu, surtout si une majorité de la population « libérée » leur est favorable.

En clair, plus l’ouverture de vraies négociations de paix tarderont, plus l’Ukraine sera amputée à l’Est et au Sud.

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Quant à la guerre économique menée par les Occidentaux contre la Russie et se fondant sur le présupposé d’un isolement de la Russie, elle est d’ores et déjà perdue justement parce que le présupposé n’était pas bon. La Russie se détache clairement et durablement de l’occident européen, mais garde le soutien de ses nombreux amis et alliés des BRICS, de l’OCS, de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine. Elle a considérablement développé ses liens commerciaux avec ces très nombreux pays amis et a remplacé ses fournisseurs occidentaux en se tournant vers des pays plus amicaux ou en développant ses propres produits.

Sous sanctions depuis 2014, la Russie a fait face et a déjà résolu de nombreux problèmes. Voir ce témoignage de 2019 de José J. Joseph ingénieur aéronautique et homme d’affaire russe.

La Russie devrait battre, en 2022, son record absolu de récolte céréalière, alors même que la loi de l’offre et de la demande, impactée par les sanctions occidentales, va faire exploser les cours du marché et générer des difficultés, des famines, des troubles sociaux dans de nombreux pays. Nul doute que la Russie nourrira en priorité ses alliés et soutiens traditionnels.

Quant aux Occidentaux soumis aux effets boomerang de leurs propres sanctions, ils pourraient connaître de vrais problèmes avant la fin de cette année 2022 et en 2023, et pour les anglophones, un article qui dit la même chose.

La bonne nouvelle, c’est que l’année 2022 et la guerre d’Ukraine auront marqué la fin de l’hégémonie états-unienne sans partage sur la planète : hégémonie financière, économique, politique, militaire et culturelle, vécue comme une tyrannie par de très nombreux pays qui cherchaient un moyen de s’en émanciper. Un État encore souverain : la Russie, aura su et pu dire : Ça suffit !

La mauvaise nouvelle, c’est qu’une France mal dirigée, équipière fidèle et soumise à ses chefs de meute états-uniens, otaniens, européens, va basculer, avec ceux qu’elle a choisi de suivre aveuglément, du mauvais côté de l’histoire.

La roue tourne et la France ne s’achemine pas vers la mondialisation heureuse à laquelle rêvaient encore, hier, les militants de La République en Marche qui nous promettent aujourd’hui la « Renaissance ».

Nous verrons, probablement avant la fin de l’année, vers quel type de « Renaissance » la France va évoluer et dans quelles conditions la « gestation » va suivre son cours.

Général Dominique Delawarde



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