Par Olivier Renault pour Observateur-Continental

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sape l’unité de l’Union européenne en poussant constamment à plus de guerre économique avec la Russie alors que les gouvernements européens ne peuvent pas se permettre de suivre cette ligne.

C’est l’analyse de Politico qui note que le dirigeant ukrainien ne prend pas en compte les problèmes de la population européenne.  

«Moscou doit continuer à payer le prix fort pour son agression». Comme le souligne la publication, à la veille de la préparation par l’Union européenne du septième paquet de sanctions anti-russes, il y a eu de plus en plus d’appels insistants de Kiev en direction de Bruxelles pour vitupérer sur les mesures prises par l’UE et, plus largement, par l’Occident pour affirmer que les sanctions et les aides militaires ne suffisent pas. Avec le septième paquet de sanctions, décidé il y a quelques jours, l’UE cherche à interdire l’or russe. L’UE prévoit aussi le renforcement des exigences de déclaration sur le gel des avoirs et d’interdiction de l’importation de biens à double usage en Russie. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui n’a jamais été élue par les peuples européens à son poste actuel, a tweeté, suivant les volontés du président ukrainien: «Nous proposons aujourd’hui de durcir les sanctions de l’UE contre le Kremlin, de les appliquer plus efficacement et de les prolonger jusqu’en janvier 2023». Elle a martelé: «Moscou doit continuer à payer le prix fort pour son agression». 

L’Ukraine, de son côté, exige l’introduction d’un embargo complet sur le gaz russe et ne peut toujours pas se calmer en raison de l’accord récent entre le Canada et l’Allemagne sur la levée des restrictions concernant l’envoi de turbines destinées à Nord Stream 1. Le Figaro signale: «Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a averti dans un entretien téléphonique avec le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, que les Ukrainiens n’accepteraient jamais la décision canadienne de renvoyer des turbines en Allemagne  »en violation du régime de sanctions » contre la Russie». Pour le président ukrainien les exceptions aux mesures restrictives sont, depuis le début, une manifestation inacceptable de la faiblesse des Européens.

«Les Européens divisés sur des sanctions visant le gaz et le pétrole russe». Cependant, comme Politico le fait remarquer, le dirigeant ukrainien ne tient pas compte des intérêts des Européens ordinaires dont la situation devient de plus en plus imprévisible et dure à vivre.

Comme l’affirme le think tank italien, Istituto Affari Internazionali (l’Institut des affaires internationales), à la veille de l’hiver qui arrive dans cinq mois seulement, «les Européens seront divisés, ce qui fera naître une irrésistible envie de lever les sanctions».

France Info titrait dès l’annonce des premières mesures de l’UE contre la Russie: «Les Européens divisés sur des sanctions visant le gaz et le pétrole russe». Déjà, «l’Allemagne freinait des quatre fers» puisque «les Européens sont bien plus frileux que les Etats-Unis sur la question du gaz et du pétrole russe car ils sont bien plus dépendants que les Américains».

Observateur Continental avertissait que «le risque de pénurie menace la cohésion sociale l’hiver prochain»: «Les importations venues de Russie représentent 65% de la consommation de gaz de l’Allemagne, 29% pour l’Italie et 19% pour la France». 

Des difficultés économiques cumulées pour les pays européens. Politico note que Volodymyr Zelensky «interprète de plus en plus mal l’humeur changeante de la population en Europe occidentale et méridionale», où les dirigeants pensent plutôt à obtenir un changement des sondages d’opinion en leur faveur car les ménages et les entreprises s’inquiètent tout simplement pour l’avenir de leur survie. Les pays européens, qui se trouvent, factuellement, dans des difficultés économiques cumulées après la Covid-19, craignent de devoir choisir les secteurs de l’économie à fermer et se demandent comment ils peuvent ensuite, en cas de grave crise, littéralement, apaiser des électeurs affamés et effrayés. 

Politico signale qu’un nombre croissant de diplomates à Bruxelles vont vers Volodymyr Zelensky pour atténuer sa rhétorique et réduire ses exigences. Les gémissements constants de Kiev irritent de plus en plus les dirigeants européens qui ne cessent de répéter que les sanctions ne doivent pas nuire à l’Europe elle-même. Volodymyr Zelensky, apparemment, ne veut pas comprendre cela. Ces mêmes diplomates tentent de lui faire passer le message qu’il devrait s’inquiéter du fait que les Européens commencent à perdre patience et qu’ils pourraient subitement cesser de prêter attention à ses demandes.

La déclaration de la figure politique de l’Allemagne d’après la Seconde Guerre mondiale, Otto Schily, aujourd’hui âgé de 90 ans, prouve que le consensus pour l’Ukraine soutenu par Ursula von der Leyen et voulu par Volodymyr Zelensky  est en train de se désagréger. L’avocat et fondateur du parti des Grünen, dénonçant la feuille de route du gouvernement actuel à Berlin dont la ministre allemande de la Défense issue des Grünen, Annalena Baerbock, accuse «les Allemands de glorifier la guerre» car «il faut vivre avec ses voisins, y compris avec la Russie». «En Allemagne, un bellicisme s’est répandu et ce qui est risqué», a déclaré le vieil homme politique, rajoutant: «On réfléchit trop peu à la façon dont nous pouvons sortir du conflit»; «Nous devons nous demander quelles perspectives, il peut y avoir au-delà des livraisons d’armes et des dons en espèces à l’Ukraine». 

Otto Schily se félicite, cependant, de voir que les «fils des pourparlers entre l’Ukraine et la Russie ou entre la Russie et les Etats-Unis ne sont pas rompus».Il a affirmé être contre l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan et suggéré «que les intérêts de toutes les parties peuvent être sauvegardés si un pays [l’Ukraine] reste militairement neutre». En outre, il considère, également, l’adhésion à l’UE de l’Ukraine comme irréaliste.

Olivier Renault

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