Mercredi 20 juillet, le gouvernement a appelé les Français à faire des économies d’énergies : débrancher les prises, baisser la clim’, couper le wifi, éteindre les lumières et les appareils électriques… “Un effort” sur leur consommation, à travers de “petits gestes” vendus comme solution à la crise énergétique, et du même coup à celle du pouvoir d’achat. Mais cette stratégie, assortie d’un système de récompenses digne de la “carotte”, infantilise toujours plus les consommateurs, fait craindre une surveillance inutile, et fait monter la pression.

Un système de récompense… et de punitions ?

Pour inciter le consommateur à mettre en place ces “petits gestes”, un système de récompenses a été suggéré par plusieurs spécialistes de l’énergie. L’idée est simple : utiliser le compteur Linky pour moduler et suivre la consommation, puis faire varier la facture en cas de bon (ou mauvais ?) comportement énergétique. Pour cela, le consommateur disposera d’un “boîtier d’effacement”, qui lui permettra de couper automatiquement certains appareils “en fonction des pics signalés par le fournisseur”, comme le rapporte TF1. Le hic, c’est que la société Enedis a aussi la possibilité de le faire elle-même… à distance. Comme l’expliquait l’Internaute en janvier dernier, le fournisseur “a la possibilité de couper la distribution d’électricité d’un abonné à distance”, et “peut également changer la puissance de votre compteur à distance en moins de 24 heures”. Alors, si rien ne dit encore que la société se prêtera à ce jeu-là — pour ces raisons-là, les récompenses viennent rarement sans punitions, qui plus est dans une société où règne l’infantilisation.

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C’est précisément ce genre de “surveillance” et d’étude des pratiques de consommation des foyers que les opposants au compteur Linky ont toujours voulu éviter. Mais aujourd’hui, plus de 80 % des Français en sont équipés.

Des “bonnes pratiques” ni efficaces ni justes 

Mais le pire dans tout ça, c’est que ces “bonnes pratiques” ne semblent même pas pertinentes. Selon Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, c’est au contraire “hypocrite, injuste et pas forcément efficace”. Il ajoute que “ce n’est pas en coupant notre wifi ou en limitant la clim’ pour ceux qui l’ont, qu’on va régler les problèmes de souveraineté énergétique et la crise climatique en France”. Par ailleurs, “c’est faire porter cette responsabilité uniquement sur les Français”, insiste-t-il avant d’interroger : “Que fait le gouvernement de son côté ? Rien ou pas suffisamment.” Selon lui, ce sont des mesures pour contrôler la dépense énergétique des grandes entreprises ainsi que des politiques de responsabilité énergétique qui sont nécessaires.

Un avis que certains internautes semblent partager, moquant à l’envi le “Fais ce que je dis, pas ce que je fais” du gouvernement :

De son côté, l’exécutif a mis en avant des contraintes de sécurité.





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