Alors que sa renationalisation vient d’être votée, EDF a annoncé une perte historique au premier semestre de 5,3 milliards d’euros. Elle s’explique par l’arrêt de 30 réacteurs sur 56, aggravée par l’obligation de vendre à bas coûts à ses concurrents.

«Y a-t-il déjà eu dans l’histoire d’EDF un semestre dont les chiffres étaient aussi négatifs ? J’en doute beaucoup», s’est désolé son PDG Jean-Bernard Lévy cité par l’AFP lors de la présentation des résultats de l’entreprise ce 28 juillet.

Dans un communiqué, le président de l’énergéticien français explique que ces résultats traduisent «les difficultés rencontrées en matière de production nucléaire en France et dans une moindre mesure hydroélectrique, ainsi que l’effet du bouclier tarifaire mis en place en France pour 2022».

Les résultats pour l’ensemble de l’année s’annoncent encore plus mauvais que prévu : le producteur d’électricité estime désormais que la baisse de sa production nucléaire en 2022 lui coûtera pas moins de 24 milliards d’euros d’excédent brut d’exploitation en 2022, contre 18,5 milliards d’euros précédemment estimé, un chiffre qui était déjà extraordinaire.

Le PDG d’EDF explique que cette estimation est en hausse «car les prix de rachat de ce courant électrique que nous avons déjà vendu et que nous devons racheter, ont augmenté». Autrement dit EDF est obligé d’acheter à l’extérieur, aux tarifs les plus élevés, l’électricité qu’il s’est engagé à fournir à ses clients, faute de pouvoir utiliser à plein ses propres capacités de production. 

42,8 milliards d’euros de dette

Cet impact négatif s’ajoute à celui de 10 milliards d’euros lié à la décision de l’Etat d’obliger EDF à vendre davantage d’électricité bon marché à ses concurrents, pour le «bouclier tarifaire» proposé à l’automne 2021 par le gouvernement. Le chiffre d’affaires d’EDF est malgré ces pertes en forte progression au premier semestre (+67,2%), à 66,262 milliards d’euros, soutenu par la forte hausse des prix de l’électricité et du gaz en Europe.

L’énergéticien, détenu à 84% par l’Etat français, va passer à 100% sous le contrôle de l’Etat dans les prochains mois, une opération à 9,7 milliards d’euros approuvée cette semaine par l’Assemblée nationale. C’est donc un groupe en grande difficulté que l’Etat s’apprête à renationaliser, dont l’endettement financier net, à 42,8 milliards d’euros fin juin, a été stabilisé par une augmentation de capital de 3,1 milliards d’euros, lancée en mars.



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