Larry Fink, directeur général de BlackRock, a récemment alerté quant aux fortes hausses des prix du pétrole et des métaux, dues à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Aujourd’hui, c’est l’impact durable et plus dangereux de l’inflation alimentaire qui retient son attention, ainsi que celle de Bill Gates. Vont-ils sauver le monde d’une grave crise alimentaire ?

Un signal d’alerte de BlackRock

BlackRock est un immense fonds d’investissement américain, le plus important gestionnaire d’actifs au monde. Créé en 1988 et implanté dans 38 pays avec près de 16 000 salariés, BlackRock gère aujourd’hui près de 7 000 milliards de dollars d’actifs dans le monde. Ce fonds d’investissement souhaiterait notamment voir instaurer en France un système de retraite par capitalisation, aux côtés du système par répartition.

Le PDG de BlackRock déclarait récemment : “La seule chose qui m’inquiète et dont on ne parle pas assez, c’est l’alimentation”, dans une interview au Financial Times. Et d’ajouter : “Ce n’est pas seulement une préoccupation liée à l’inflation. Il y a aussi des préoccupations géopolitiques qui en découlent.”

Les prix du pétrole, de l’essence, des engrais et des produits agricoles ont grimpé en flèche au début de l’année, lorsque les pays occidentaux ont imposé des sanctions à la Russie, après son invasion de l’Ukraine.

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Une crise économique, énergétique et alimentaire

Les coûts du blé et de l’huile de tournesol ont également grimpé en flèche, l’Ukraine étant un grand exportateur. Cette semaine, les prix du pétrole ont commencé à retomber à leur niveau d’avant l’invasion, les négociants se préparant à une forte baisse de la demande, mais l’inflation des prix alimentaires reste quant à elle élevée.

Les chiffres de l’indice des prix à la consommation américain, pour juin, montrent que le prix du poulet et de la farine ont chacun augmenté de près de 20 % par rapport à l’année précédente, et que la margarine a bondi de 34 %.

“Nous parlons beaucoup du prix de l’essence parce que c’est ce qui touche les Américains, mais le problème le plus important est la nourriture”, a déclaré M. Fink. “Il y a eu une énorme destruction de terres arables en Ukraine. […] Au niveau mondial, le coût des engrais a augmenté de près de 100 % et ce coût supplémentaire réduit la quantité d’engrais utilisée dans l’agriculture. Cela nuit à la qualité des récoltes dans le monde entier”, a-t-il expliqué.

Bien que la baisse des prix du pétrole brut ait commencé à se répercuter sur le prix à la pompe pour les automobilistes, les entreprises de biens de consommation continuent de voir les coûts des intrants élevés. Toute baisse des prix des engrais risque d’arriver trop tard pour stimuler les récoltes alimentaires de cette année.

Pour rappel, après l’invasion, la Banque mondiale prévoyait que les prix mondiaux des denrées alimentaires augmenteraient de 20 % cette année, dépassant de loin ceux des matières premières.

Les États-Unis et Bill Gates veulent “aider”

Janet Yellen, secrétaire d’État américaine au Trésor, a déclaré vendredi 29 juillet que le monde était confronté à “une période extrêmement difficile pour la sécurité alimentaire mondiale”, et a exhorté les principales nations du G20 à mettre fin au stockage et aux restrictions à l’exportation de denrées alimentaires, ainsi qu’à fournir une aide financière supplémentaire aux pays et aux personnes confrontés à l’insécurité alimentaire.

Bill Gates, milliardaire et cofondateur de Microsoft — qui a eu un rôle controversé durant la crise du Covid, étant l’un des plus gros financeurs de l’OMS et de producteurs de vaccins via sa fondation Gavi — a fait part de préoccupations similaires cette semaine. Il a déclaré que la réduction des approvisionnements en blé, en huiles comestibles et en autres denrées alimentaires causée par la guerre en Ukraine faisait “grimper les prix des aliments, ce qui augmentera la malnutrition et l’instabilité dans les pays à faible revenu”.

Il a noté dans un billet de blog que l’amélioration de la productivité agricole en Afrique nécessitait “beaucoup plus d’investissements.” Un projet qu’Emmanuel Macron entreprend depuis le mois d’octobre 2021, avec le Sommet Afrique-France et le programme “FARM”.

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De son côté, Bill Gates ne possède rien de moins que des centaines de milliers d’hectares répartis dans 18 états aux États-Unis. Comme le rapporte France Inter, “ses plus grandes propriétés se trouvent en Louisiane (28.000 hectares), en Arkansas (19.000 hectares) et au Nebraska (8.300 hectares). L’ensemble de ces terres représente un capital d’environ 700 millions de dollars”. Va-t-il devenir le premier fermier du monde ? Une nouvelle fois, il semble en tout cas avoir un coup d’avance…





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