Réduire le nombre de partenaires sexuels, vacciner les personnes concernées, s’isoler… Plusieurs recommandations “sanitaires” sont adressées à la communauté LGBT pour freiner l’épidémie de variole du singe — qui se transmet par contact sexuel. Une maladie bénigne, mais dont la médiatisation suscite les craintes des personnes LGBT, qui se remémorent l’épidémie du sida des années 80…

Une maladie bénigne

Bien que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère qu’il y a une “flambée épidémique” de variole du singe dans plusieurs pays, elle rapporte que “le taux de létalité dans les épidémies de variole du singe est de 1 à 10 %, mais avec des soins appropriés, la plupart des patients se rétablissent”.

Pour l’instant, d’après les premiers cas recensés en Europe et en Amérique du Nord, la maladie atteint surtout de jeunes adultes de sexe masculin ; ce sont plus fréquemment les homosexuels et bisexuels. Si la maladie peut être sévère dans certains cas, provoquant des décès chez 2 à 3 % pour le clade ouest-africain et jusqu’à 10 % pour le clade centre-africain (qui ne semble pas actuellement celui importé), elle est bénigne et se guérit spontanément la plupart du temps. Le Dr Martin Zizi considère que la variole du singe est “un faux problème”.

Voir aussi : “La variole du singe est un faux problème” Dr Martin Zizi (première partie)

Aussi, le Pr Christian Perrone, ayant déjà exercé des responsabilités dans des groupes de travail à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), rappelait le 6 juin que le taux de mortalité et de transmission à l’homme est très faible.

Pourtant, la médiatisation de la variole du singe et les consignes sanitaires adressées par les autorités ont un impact sur la communauté LGBT.

Une ampleur médiatique qui inquiète 

La crainte d’attraper la variole du singe repose sur le retentissement médiatique lié à maladie. Ce retentissement s’est également articulé par les propos versatiles de l’Organisation mondiale de la Santé.

Voir aussi : Variole du singe : l’OMS réfléchit à décréter “l’urgence de santé publique internationale”

En réponse aux cas signalés en Europe et en Amérique du Nord, l’actuel directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est adressé aux hommes homosexuels : “Pour les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, cela veut aussi dire, pour le moment réduire le nombre de vos partenaires sexuels et échanger des informations avec tout nouveau partenaire pour être en mesure de les contacter”.

De son côté, le département de la santé de New York a mis en garde ses habitants : “Si vous êtes un homme ayant des rapports sexuels avec des hommes et que vous avez des partenaires sexuels multiples ou anonymes, votre probabilité d’exposition est élevée”.

Suite à ces recommandations “sanitaires”, la panique est montée d’un cran au sein de la communauté LGBT. Les associations craignent la stigmatisation de la variole du singe comme une “maladie homosexuelle”, qui pourrait amener à la propagation de l’épidémie et une menace sur la santé en général.

Parallèle avec l’épidémie de SIDA

D’aucuns se remémorent le traumatisme lié au sida des années 80, et l’impact sur les populations concernées. Si les différences sont majeures, des similitudes subsistent.

D’abord, l’OMS rapporte que la maladie se transmet par les contacts sexuels. Celle-ci rapporte que “les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes pourraient actuellement être exposés à un risque accru s’ils ont un contact étroit avec une personne infectée”. En revanche, la maladie ne se limite pas aux personnes sexuellement actives, ni aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.

Freiner les relations sexuelles pourrait être une solution pour le centre de contrôle et la prévention des maladies (CDC). Parmi ses recommandations : se masturber à une distance d’au moins 1,80 m du partenaire, avoir des relations virtuelles sans contact ou encore éviter de s’embrasser

Suite à cela, certains envisagent ni plus ni moins que de faire une croix sur les relations sexuelles. “Le sexe, c’est formidable, mais les gens doivent évaluer leur risque”, disait Jason Cianciotto, vice-président de l’association de lutte contre le sida GMHC. Et d’ajouter : “S’ils ne savent pas si une personne qu’ils fréquentent a été exposée ou non à la variole du singe, ils peuvent attendre d’être sûrs. Ce n’est pas une phobie du sexe, c’est une phobie de la variole du singe”.

À cette crainte de contracter la maladie, une vague d’homophobie afflue les réseaux sociaux. “Depuis le début, on reçoit les mêmes messages que pendant le VIH, on nous dit que c’est notre faute, que nous sommes des abominations… Pour eux, on est sales “, a déploré Terrence Khatchadourian, secrétaire général de STOP homophobie.

Face à cette stigmatisation et aux inquiétudes liées à la variole du singe, de nombreuses personnes se sont tout simplement rendues au vaccinodrome…





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