Aujourd’hui nous publions un certain nombre d’articles qui tous font le point sur le tournant historique que nous sommes en train de vivre : le choix de la Russie de prendre l’initiative d’affronter de fait l’OTAN et les USA, de leur dénier tout droit à éditer le droit international en fonction de leurs intérêts, l’illégalité de leurs sanctions et désormais l’inefficacité de celles-ci, est la révélation de cette situation. Nous avons présenté les réactions diverses, il reste celle d’une partie du capital, des investisseurs, que reflète cette prise de position ultra-libérale. Édifiant. En gros ils craignent un nouveau Stalingrad. Danielle Bleitrach

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par Bill Bonner.

Le spectre d’un hiver russe et d’un « Stalingrad énergétique » plane sur l’Allemagne.

Voici quelques nouvelles d’Ukraine :

« La Russie a demandé à ses forces armées de cibler les missiles longue distance et l’artillerie que les pays occidentaux ont récemment fournis à l’Ukraine. Cette demande montre bien que les nouvelles armes dont dispose Kiev modifient la donne dans le conflit. »

Nous rappelons à nos lecteurs que notre esprit d’équipe s’étend jusqu’à la rive sud de la South River dans le Maryland ou au fleuve Blackwater en Irlande, certainement pas jusqu’au Dniepr.

Mais compte tenu du traitement servile de l’actualité par les médias occidentaux, qui se plaisent à raconter comment les soldats ukrainiens combattant pour la liberté bottent les fesses des soldats russes, nous commençons à nous poser des questions. Les choses étant toujours plus compliquées qu’en apparence, qu’en est-il cette fois ?

Se pourrait-il que les Ukrainiens ne soient pas en train de gagner la guerre et qu’ils ne l’aient jamais gagnée ?

Et si la Russie n’était pas un pays de pacotille mais bel et bien un acteur majeur de l’économie mondiale ?

Et si l’allié historique de la Russie, l’hiver, venait une fois de plus à sa rescousse ?

Ce dont le monde a besoin

Comme nous l’avons vu, la Russie produit de nombreux produits dont le monde a besoin, qu’il s’agisse de produits alimentaires, d’engrais ou de carburant. Elle produit également des armes en grande quantité.

Nous pouvons le constater dans le conflit armé qui oppose l’Ukraine au Kremlin. Il ne se passe pas un jour sans un article expliquant que les États-Unis et ses alliés fournissent des armes supplémentaires à l’Ukraine. Que leur arrive-t-il ? Eh bien, elles ne font pas long feu.

Alex Vershinin explique :

« Pour faire court, les armes produites par les États-Unis au cours d’une année serviraient au mieux entre 10 jours et deux semaines dans le conflit armé qui sévit en Ukraine. Si les estimations des bombardements russes étaient supérieures de 50% à la réalité, les armes serviraient trois semaines de plus seulement. »

A plusieurs reprises, nous avons évoqué les dégâts collatéraux infligés au système monétaire international reposant sur le dollar. Désormais, même le chef de l’église orthodoxe russe fait l’objet de sanctions. Il a « abusé de sa position » a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères. Comment ? En apportant son soutien à son propre pays, la Russie.

Qui ne voudrait pas conserver son patrimoine alors que des étrangers peuvent le saisir ou le geler sans un processus juridique digne de ce nom ? La Russie renforce ses liens avec la Chine, l’Iran et l’Inde pour contourner les sanctions. Les Russes ont déjà créé un nouveau système monétaire. Combien de temps faudra-t-il avant qu’il concurrence le nôtre ?

Les sanctions signifient également qu’une grande partie de la production de céréales, d’engrais et de pétrole ne peut pas être vendue librement sur le marché mondial. Qui est le véritable perdant ?

L’Allemagne face à un « Stalingrad énergétique »

Les sanctions économiques s’apparentent à une version synthétique de la politique de la terre brûlée. En Occident, pas en Russie. L’arrêt des exportations en provenance de Russie (ou, plutôt, la hausse des prix) prive l’Europe d’une grande partie de ses denrées alimentaires. Il se pourrait que la Chine, l’Iran et l’Inde parviennent à éviter en partie les hausses de coût. De nombreux pays devront en revanche réduire leur production d’engrais, ce qui plombera leurs finances. On pouvait lire récemment :

« La National Iranian Oil Company (NIOC) et le producteur russe de gaz Gazprom ont signé mardi dernier un protocole d’accord d’une valeur de 40 Mds$ environ, a déclaré SHANA, l’agence de presse du ministère iranien du Pétrole.

L’accord a été signé à l’occasion d’une cérémonie en ligne, par les PDG des deux entreprises le jour de l’arrivée de Vladimir Poutine à Téhéran à un sommet avec ses homologues iranien et turc. »

En parallèle, le gazoduc Nord Stream 1 a été fermé pour maintenance, puis rouvert, mais avec un débit très inférieur à sa capacité. Le ministre français de l’Economie a déclaré que l’Europe devait se préparer à une coupure totale des approvisionnements en gaz russe. Le ministre allemand de l’Economie a déclaré que ce sera un cauchemar politique qui pourrait déstabiliser les gouvernements d’Europe de l’Ouest.

Les Allemands ont d’ores et déjà été sommés de prendre des douches plus courtes, d’éteindre les éclairages publics, et d’arrêter de chauffer les écoles publiques. En d’autres termes, ils se préparent à l’attaque de l’hiver russe !

Mon collègue Byron King parle d’un « Stalingrad énergétique ».

Sur le fil

D’après un article du Wall Street Journal sur le Programme alimentaire mondial :

« La hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant observée depuis le mois de mars a fait plonger 47 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire extrême, portant le nombre total de personnes dans cette situation à 345 millions dans le monde. Ils sont 50 millions à vivre dans un état de quasi-famine. »

The New York Times précise :

« La flambée des prix des engrais, due aux sanctions contre la Russie et la Biélorussie, et la hausse globale des prix de l’énergie, accentuent l’ampleur des pénuries de produits alimentaires. Cela renchérit le coût de production et de transport des denrées alimentaires dans le monde. »

Peut-être que cela en « vaut la peine » ?

Le Washington Post explique avoir interrogé des membres de l’administration Biden qui affirment qu’ils ne peuvent pas laisser la Russie « avaler l’Ukraine, un résultat qui pourrait inciter Poutine à envahir d’autres pays voisins et, même, à s’attaquer à des pays membres de l’OTAN. Le risque est si grand que le gouvernement Biden est prêt à accepter une récession mondiale et une augmentation de la faim dans le monde ».

Faisons le point. Ce pays incapable de viser juste avec ses frappes militaires, doté d’une armée incompétente, dont l’économie n’est pas plus grande que celle de la métropole de New York et dirigé par un président déficient intellectuellement…

… menace désormais toute l’Europe ! Et l’armée qui n’est pas fichue d’envahir Kiev marche désormais sur Berlin !

Ok, soit… Mais ne vous inquiétez pas. Ici sur le versant ouest de la baie de Chesapeake, nous sommes prêts, avec des réserves de bois de chauffage jusqu’au toit et un exemplaire d’« En traîneau avec l’Empereur », de Armand de Caulaincourt.

source : Histoire et Société



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