Interrogé par le député Meyer Habib sur un projet de résolution porté par 37 députés Nupes accusant Israël de se livrer à l’apartheid, le garde des Sceaux a accusé l’«extrême-gauche» et l’«extrême-droite» d’antisémitisme.

Interrogé le 2 août sur l’antisémitisme, le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a pointé du doigt «l’extrême gauche» et une récente proposition de résolution polémique sur Israël, provoquant des réactions outrées des députés de la coalition Nupes et leur départ de l’hémicycle. 

Accusation d’antisémitisme et d’«islamogauchistes»

Le ministre réagissait à une question du député apparenté LR Meyer Habib sur les auteurs de l’attentat de la Rue des Rosiers de 1982

Ce député proche de l’ancien Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s’est emporté à la fin de sa question contre le «nouvel antisémitisme» des «islamogauchistes», «notamment à la gauche de cet hémicycle». Meyer Habib a fustigé une «résolution immonde de 37 députés Nupes», illustrant selon lui une «haine des juifs et d’Israël».

Initiée par le communiste Jean-Paul Lecoq, cette proposition de résolution signée par une quarantaine d’élus de gauche condamnait le «régime d’apartheid» d’Israël contre les Palestiniens, «un régime institutionnalisé d’oppression et de domination systématique par un seul groupe racial».

Les députés de gauche vent debout

Le texte avait fait polémique à gauche et provoqué une série de condamnations d’associations. 

Dans sa réponse, avant de s’en prendre vertement à «l’extrême droite», Eric Dupond-Moretti a adressé un «petit mot à l’extrême gauche» : il a listé «[Jeremy] Corbyn, l’apartheid, les mots que vous avez choisis pour commenter le discours du président de la République, ces mots-là vous collent à la peau».

Outre la résolution sur «l’apartheid», le garde des Sceaux fait notamment référence à la présence de l’ancien leader travailliste britannique Jérémy Corbyn (taxé de laxisme contre l’antisémitisme) auprès de candidates LFI pendant la campagne des législatives.

L’antisémitisme se règle devant les tribunaux et sa banalisation contribue à sa diffusion

Son interpellation a suscité le départ des élus de gauche. A leur retour, le chef du groupe socialiste Boris Vallaud a jugé «malvenue» l’attaque du ministre : le «pays n’a pas besoin de division sur ce sujet-là».

«Nous savons que vous êtes des Républicains et que vous défendez comme nous la lutte contre l’antisémitisme, mais cela n’est pas le cas de tout le monde sur ces bancs», lui a répondu la Première ministre Elisabeth Borne, en visant LFI.

Dans l’hémicycle, l’écologiste Sandrine Rousseau a jugé «indigne de qualifier les députés LFI d’antisémites». «L’antisémitisme se règle devant les tribunaux et sa banalisation contribue à sa diffusion», a-t-elle ajouté.

L’insoumis Aymeric Caron a demandé «des excuses» à la Première ministre. Sa collègue Murielle Lepvraud a dit se sentir «insultée» par les propos d’Elisabeth Borne et d’Eric Dupond-Moretti.

Où sont passés Loustau, Chatillon, Péninque, Soral, Dieudonné et sa quenelle ? Où sont-ils ?

Pour sa part, la députée LREM Prisca Thevenot a défendu le gouvernement face à une «nouvelle forme d’antisémitisme, l’antisionisme». «Nous condamnons le fait de poser une résolution qui explique […] que l’Etat d’Israël est un régime “d’apartheid”» ou que «les Israéliens sont un groupe racial», a-t-elle souligné.

Eric Dupond-Moretti avait également visé «l’extrême droite» et les propos du «père fondateur» Jean-Marie Le Pen sur le «point de détail de l’Histoire». «Où sont passés Loustau, Chatillon, Péninque, Soral, Dieudonné et sa quenelle ? Où sont-ils ? Cachés dans votre campagne électorale», a-t-il lancé au Rassemblement National.



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