CHRONIQUE — « L’excès de morts au mois de juillet est cinq fois supérieur à la moyenne du mois de juillet, et ce n’est que très peu à cause de la chaleur ou du covid. »

C’est ainsi que le quotidien « El Pais » titre lundi dernier, en Une. Le journal de référence du centre gauche espagnol cite l’Institut d’épidémiologie Carlos III, lequel reprend les statistiques du MoMo (pour monitorizacion de la mortalidad, en espagnol). Selon le MoMo, 9 687 personnes seraient décédées en juillet, dans le cadre « d’un excès de mortalité représentant cinq fois la valeur moyenne du mois de juillet. »

« En tout, ce serait 41 000 personnes qui seraient mortes, soit 20 % de plus que l’année dernière pour la même période. » Une partie des morts pourrait s’expliquer « directement ou indirectement en raison de la chaleur », rapporte El Pais. Cette portion porterait sur 1 913 personnes, selon le MoMo, entre le 1er et le 26 juillet 2022. Soit quatre fois plus que l’année dernière — en partant du présupposé que les paramètres de report de morts dus à la chaleur n’aient pas varié, dont la plus grande partie porterait sur des sujets de plus de 80 ans. Les statistiques de mortalité affectant le groupe du grand âge sont rarement corrigées de leur surreprésentation croissante en part de la population globale. Il y aura de plus en plus de morts pour rhume saisonnier et pour canicule, car il y a de plus en plus de personnes émargeant à la catégorie du grand âge, et l’Espagne est la deuxième société la plus vieillissante du monde, après le Japon, dans une courbe d’ici à 2050, selon les Nations Unies.  

La presse rapporte que les valeurs seraient entre 5 à 10 °C supérieures à la moyenne saisonnière. Or, ces températures enregistrées en Espagne, en juillet 2022, oscillant entre 38 et 42 degrés, répondent à ce qui de mémoire d’Espagnol, constitue la norme, longtemps avant que le réchauffement climatique ne devienne une préoccupation. Il y aurait donc peut-être un facteur de moindre résilience métabolique aux fortes températures. C’est une hypothèse comme une autre.    

Selon El Pais, 1 872 personnes sont mortes de Covid. Soit avec un certificat de décès de Covid, sans pour autant qu’il ne soit spécifié si elles sont mortes avec ou du Covid. Toujours est-il « qu’il y a encore des milliers de morts non prévues (sic) qui se doivent à d’autres motifs. Des raisons desquelles il y a plus d’hypothèses que de certitudes », déplore El Pais.  

Face à ces morts inexpliquées et en l’absence d’intérêt épistémologique de la part des instituts de santé publique et privée pour mettre en place les études y afférents, les hypothèses vont bon train. Une, empirique, formulée par la société, porte sur le mauvais état de santé général de la population. La crise sanitaire a créé un vide sanitaire, tout en donnant l’impression de muscler la politique sanitaire à coup de propagande. En Espagne, justement, l’année dernière, 2 200 chambres en Unité de Soins Intensif ont été confisquées pour parer aux vagues de « nouveaux variants covid ». Ces lits n’ont jamais été occupés, en revanche les reports des opérations pouvant éventuellement faire appel à ce type d’installation ont précipité les statistiques de létalité dans une proportion qui commencerait à se faire sentir, expliquant peut-être la surlétalité. La question est en tous les cas posée : la négligence et le déni de soin en 2020 et 2021, ont-ils un impact en terme de surlétalité en 2022 et plus dans les années qui viennent ?

Toutes les personnes ayant eu à visiter un hôpital en phase de « collapse sanitaire » ont découvert un hôpital désertifié. Aujourd’hui, les conséquences commenceraient à se mesurer. Une population en pire santé, qui continue son processus démographique de vieillissement, mais après deux ans de déni d’accès au soin et d’arrêt quasi-total de la médecine préventive. Dans une telle configuration, il est évident que la moindre condition exigeante ou le moindre défi mésologique constitue une menace pour des systèmes trop affaiblis que pour développer les fonctions d’adaptation.

Il est sans doute trop tôt pour mesurer les dégâts du vide sanitaire sciemment orchestré ces deux dernières années. Des millions ont été engloutis par des sociétés de conseil, donc le « nous ne savions pas » est exclu. D’autant que plusieurs institutions internationales alertaient dès 2020, ne serait-ce que des conséquences de l’arrêt de la prévention du cancer du sein, pour ne citer que cet exemple. L’accès rendu plus difficile pour la médication des cancéreux ainsi que pour toutes les maladies endémiques, la soudaine inexplicable interdiction de prescription d’antibiotique, ou d’autres médicaments jusque-là faisant partie de la pharmacopée ordinaire, l’arrêt des visites médicale à domicile ou la digitalisation des consultations pour les personnes victimes de la fracture digitale.  

Les effets économiques et psychiques joueraient un rôle important dans cette explication systémique de la mauvaise santé générale et donc de la surlétalité. L’Espagne le mesure, mais ces résultats pourraient s’extrapoler à d’autres pays. Il n’est que de songer qu’en 2020, selon la propre OMS, pourtant coupable en premier chef, 23 millions d’enfants n’ont pas eu accès à la vaccination basique, celle des vrais vaccins.

Outre le vide sanitaire en lui-même, il est une autre préoccupation qui touche la majorité de la population. Cette préoccupation porte sur les produits inoculés dans le cadre de la campagne de vaccination massive, parfois coercitive. Au vu de cet excès de mortalité, la question de beaucoup, avec effet rétroactif, porterait sur la teneur du produit et ses effets secondaires dans le temps.  83,27 % de la population espagnole est vaccinée dans le cadre du schéma complet. Les pays du Sud de l’Europe ont dans l’ensemble été les plus zélés pour la vaccination, selon Our World In Data, 86,4 % de la population a été injectée, en Italie se seraient 80,5 %, et en France 78,6 %. Dans le nord de l’Europe, les chiffres tendent à baisser. Y compris dans les états membres de l’UE qui ont rendu la mesure obligatoire, telle que l’Autriche : 74,3 % dont une proportion importante serait constituée de faux certificats. Aux Pays-Bas, ce chiffre descend à 69,3 % et dans les pays de l’Est, il passe la barre des 60 %. Il vaudrait mieux penser que la surlétalité espagnole, au même titre que celle observée statistiquement en Israël, dans certains états des États-Unis, est décorrélée des vaccins contre le Sars-Cov-2 car, c’est tout de même 62 % de la population mondiale qui serait immédiatement concernée par une menace existentielle.





Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.