4 août 2022 à 09h37,

Durée de lecture : 3 minutes

Incendies

Cette année, les incendies risquent de battre de tristes records. Selon les dernières données du système européen d’information sur les feux de forêts, 47 286 hectares ont déjà brûlé en France depuis janvier, avec 243 feux, des chiffres supérieurs à l’ensemble de l’année 2019, la plus intense de la décennie, avec 43 602 hectares consumés en douze mois.

Parmi les plus grands incendies ayant touché la France ces quarante dernières années, trois se sont déclenchés en 2021 et 2022. Il s’agit des premiers incendies de plus de 5 000 hectares depuis 2003. Symbole de ces ravages : le feu de Landiras et de la Teste-de-Buch, en juillet dernier, en Gironde. Avec ses 13 600 hectares brûlés, il a été le plus gros feu de forêt enregistré depuis les années 1970.

Dans ce contexte, qui risque de s’aggraver avec le réchauffement climatique, plusieurs parlementaires, de différents partis politiques, ont émis des propositions pour « éviter l’embrasement ». Mardi 2 août, la présidente du groupe la France Insoumise à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot présentait une proposition de loi pour « renforcer la résilience des forêts face aux effets du dérèglement climatique ».

La députée du Val-de-Marne souhaite entre autres « conditionner les aides publiques à des objectifs écologiques de séquestration du carbone et de conservation » et sanctuariser « les effectifs de l’Office national des forêts à leur niveau prétempête de 1999, soit quelque 12 000 agents ». Elle demande aussi à ce que les réductions d’effectifs prévues dans les années qui viennent soient annulées.

Revenir sur les 500 suppressions de postes à l’ONF

Sur ce dernier sujet, elle pourrait être rejointe par des sénateurs. Mercredi 3 août, la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, et celle des affaires économiques, ont adopté un rapport, avec 70 propositions, qui préconise aussi d’investir dans l’ONF. Le rapport recommande, entre autres, de revenir sur les 500 suppressions de postes prévues d’ici à 2025 à l’Office national des forêts (ONF) pour, au contraire, étendre le périmètre d’intervention de cette institution publique en souffrance. Une proposition de loi pourra être déposée en ce sens à la rentrée.

De son côté, le gouvernement n’a pas donné suite pour l’instant à ces propositions. Interrogé au Sénat, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a déclaré : « Il y a une nouvelle direction [à l’ONF] qui a été mise en place. Il appartiendra à cette direction de nous faire des propositions de calibrage budgétaire et d’effectif. Au fond, il faut savoir ce que l’on veut faire de l’ONF dans les années qui viennent avec les défis du réchauffement climatique. Mais la forêt, c’est un tout : ce n’est pas seulement des agents, c’est aussi des pratiques nouvelles pour assurer la déserte forestière, des pare-feux ou changer les essences. Il faut mener une profonde révolution à la fois sur la forêt publique comme sur la forêt privée. Et nous allons y travailler », a -t-il assuré.

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