Les parlementaires se sont majoritairement exprimés contre l’arrivée de l’ ex-ministre Emmanuelle Wargon à la tête de la CRE, mais n’ont pas réuni la majorité qualifiée nécessaire pour faire capoter cette nomination souhaitée par l’Elysée.

Malgré l’opposition d’une majorité de parlementaires le 3 août, l’ancienne ministre du logement, Emmanuelle Wargon, va prendre la tête de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Choisie par Emmanuel Macron, Emmanuelle Wargon a recueilli au total 43 voix pour et 48 contre sa nomination au sein des deux chambres, selon un décompte transmis à l’AFP par les services du Sénat.

Selon la Constitution, les parlementaires doivent toutefois réunir «au moins trois cinquièmes des suffrages exprimés» pour s’opposer à une nomination proposée par le président de la République.

Dans le détail, la candidate a réuni au Sénat 13 voix pour, 20 voix contre et 1 bulletin blanc. A l’Assemblée, son nom a recueilli 30 voix pour, 28 voix contre et 2 abstentions.

Emmanuelle Wargon avait été proposée en juillet par l’Elysée pour présider la CRE, l’autorité indépendante chargée de garantir le bon fonctionnement des marchés français de l’énergie «au bénéfice du consommateur», une mission d’autant plus importante actuellement avec la crise sur les marchés internationaux.

Un député RN dénonce un «recasage au forceps»

Après l’annonce du résultat du vote, le député du Rassemblement national, Nicolas Meizonnet, a dénoncé un «recasage au forceps» qualifié de «scandaleux». «Elle se verra nommée quand même selon la règle des 3/5e», alors qu’une «majorité de parlementaires» s’oppose à sa nomination, a-t-il regretté sur Twitter.

«Je fais le vœu que l’indépendance l’emporte dans les futures décisions !», a de son côté plaidé la sénatrice Les Républicains Marta de Cidrac.

Emmanuelle Wargon, 51 ans, a été pendant le dernier quinquennat secrétaire d’Etat à l’Ecologie (2018-2020), puis ministre du Logement (2020-2022). Elle avait soutenu la réduction du nucléaire et la fermeture de réacteurs. Candidate aux législatives dans le Val-de-Marne en juin dernier, elle avait été battue au premier tour.

Emmanuelle Wargon doit succéder à la tête de la CRE à Jean-François Carenco, nommé ministre délégué à l’Outre-mer.

Auditionnée le 3 août au matin par les parlementaires, elle les a assurés de son indépendance. «J’ai tourné une page, je me suis engagé politiquement, cet engagement prend fin avec cette nomination», a affirmé Emmanuelle Wargon, qui dit vouloir diriger la CRE «en toute liberté».

Elle a au passage cité des exemples d’anciens ministres devenus dirigeants d’autorités indépendantes, comme Jean-Pierre Jouyet à l’AMF ou Jacques Toubon comme Défenseur des droits.

Emmanuelle Wargon a esquissé trois enjeux : «La sécurité d’approvisionnement et la souveraineté énergétique, [la] protection des consommateurs et la compétitivité de nos entreprises [et] l’accélération de la transition écologique.»

«Pour atteindre tous ces objectifs, nous devons travailler sur la sobriété et l’efficacité, le développement des énergies renouvelables et sur l’appui sur le nucléaire», a-t-elle exposé.

«Je suis favorable à l’électricité nucléaire, clairement […] à la fois sur le maintien des réacteurs existants et sur le développement du nouveau nucléaire», a-t-elle précisé, laissant donc apparaître un changement d’avis sur le sujet.





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