par Erwan Castel.

Tandis que les forces terrestres alliées, autour d’Avdeevka, continuent d’avancer mètre après mètre dans les rues de Peski au Sud ou de contourner au Nord ce bastion ukrainien où se trouvent de nombreux points de tir de l’artillerie ukrainienne, cette dernière poursuit ses bombardements terroristes sur Donetsk et ses environs, tuant, blessant des civils et détruisant et minant des zones résidentielles pourtant dépourvue d’objectifs militaires ou logistiques.

Il convient de distinguer ici 3 types de bombardements ukrainiens :

1. Les bombardements militaires 

En tant de guerre il est logique que des sites représentent des objectifs pour la conduite des opérations militaires, et même s’ils se situent dans des zones urbaines : dépôts de munitions et carburant, états-Majors, centres de communication, ponts, casernes, sites militaro-industriels etc… Et parfois malheureusement leurs bombardements provoquent des pertes et destructions collatérales au sein de la population civile.

Bombardement ukro-atlantiste d’un dépôt pétrolier à Makeevka le 02 août 2022

Environ 13% seulement des tirs ukrainiens sur les zones urbaines de Donetsk, Makeevka, Yasinovataya… visent des objectifs à intérêt militaire. Les erreurs de tir et les incidents techniques (par exemple une ailette de roquette qui ne se déploie pas, la déviant de sa trajectoire) sont inférieurs à 5% surtout dans le contexte d’une guerre de positions sur des objectifs connus et repérés depuis 8 ans avec l’utilisation augmentée de systèmes d’artillerie modernes et très prédis, voire assistés comme le 155mm français CAESAR, ou le 227mm étasunien HIMARS.

2. Les bombardements terroristes

Le 80% restant des bombardements qui frappent des quartiers résidentiels où il n’y a que des populations et ressources civiles, peuvent donc sans l’ombre d’un doute être qualifiés de terroristes et, au vu de la nature et du leur volume des munitions tirées, d’intention génocidaire.

Les armes utilisées par les ukrainiens contre les populations civiles sont principalement les obusiers lourds de 122, 152 et 155 mm (OTAN, les lance-roquettes Multiples de 122mm (« Grad »), 220mm (« Uragan »), parfois 300mm (« Smerch »).

Bombardement ukro-atlantiste le 3 août matin à Donetsk district de Kuybishevsky

Les munitions utilisées sont de 3 types, explosives, à fragmentation, à sous munitions, ces dernières délivrant en altitude des petites munitions antipersonnelles pour augmenter le rayon de frappe, des munitions spéciales de type incendiaire par exemple ou plus récemment depuis le 20 juillet des mines antipersonnelles de type PFM 1 « Tulip » qui sont des engins explosifs à pression très discrets et destinés à mutiler ceux qui exercent sur eux une simple pression.

12 cm de long, 2 cm d’épaisseur, 70 grammes (dont 37 d’explosif liquide très puissant), la PFM 1 dispose d’un retardateur l’activant 3 minutes après son largage. Elle est emportée par des roquettes de 220mm « Uragan » à sous munitions et se disperse grâce à sa forme ailée.

À la fin du mois de juillet les minages terroristes ukrainiens sont devenus quotidiens et le nombre de PFM1 « Tulip » neutralisées par les sapeurs du service de déminage qui sont maintenant déployés en permanence dans les rues des cités républicaines, dépasse plusieurs milliers. Depuis fin juillet, plus de 8000 mines « Tulip » ont été dispersées par l’artillerie ukrainienne sur les quartiers résidentiels civils entre Donetsk et Yasinovataya, et même si la majorité d’entre elles ont été neutralisées par les sapeurs le reste à trouver constitue une menace réelle et importante qui augmente à chaque nouveau bombardement de ce type.

Ici, un habitant de Donetsk nous montre les mines « Tulip » tombées autour de sa maison le 2 août 2022 et qu’il
a marqué en attendant l’arrivée des sapeurs des services d’urgence.
6 repérées dans la cour, 15 autres dans la rue

Chaque jour, les bilans provisoires des bombardements « classiques » ukrainiens sur Donetsk et ses environs est meurtrier. Ainsi par exemple le 2 août dans la seule ville de Donetsk ou plus de 300 obus et roquettes ont été tirées par les forces ukro-atlantistes, 2 civils ont été tués et 25 autres blessés dont un nombre très important avec le calibre de 155mm de l’OTAN.

Femme tuée par un bombardement ukro-atlantiste, le 2 août 2022 à Donetsk

À ces victimes immédiates des bombardements il faut maintenant rajouté celles des mines disséminées partout dans les rues, les cours, les jardins et les parcs résidentiels et dont la dimension psychologique est exacerbée du fait de la persistance de cette menace omniprésente, silencieuse et discrète.

Civils mutilés par les mines PFM 1

  • 29 juillet : 2 blessés
  • 30 juillet : 3 blessés
  • 31 juillet : 3 blessés
  • 2 août : 5 blessés dont un gars et une fille de 20 ans et 1 adolescent de 17 ans)
  • 3 août matin : 3 blessés (1 homme à Makeevka et 2 à Donetsk, Kirovsky & Kuybishevsky)

Des secteurs urbains entiers sont paralysés animés seulement par des dizaines d’équipes de sapeurs qui cherchent et neutralisent par centaines les mines antipersonnelles ainsi que par des passants avançant prudemment écoutant le ciel d’où la mort peut s’abattre et scrutant maintenant le sol d’où la mutilation peut surgir.

La défense sol-air de Donetsk est bien sûr elle aussi en alerte maximale réagissant à chaque volée de roquettes se dirigeant vers les populations. Si beaucoup de ces roquettes à sous munitions (9М27К3) du BM27 « Uragan » utilisées pour ce minage, sont interceptées avant de délivrer leur terreur, malheureusement quelques-unes réussissent à traverser le bouclier antiaérien qui est parfois saturé par le nombres de tirs simultanés.

Je rappelle ici qu’une roquette de 220 mm « Uragan » utilisée pour ce type de minage de zone contient 300 mines PFM1, et que leur surface de dispersion est en moyenne de 2 km2 (et augmentée par les gros orages des derniers jours). Le 30 juillet par exemple ce sont 10 roquettes qui ont réussi à passer la défense antiaérienne et donc à disperser pour cette seule journée plus de 3000 mines dans 5 districts urbains de Donetsk et Makeevka.

Sous les chaleurs étouffantes d’août et de leurs tenues blindées, les sapeurs depuis près d’une
semaine ne se sont pas arrêtés un seul instant pour rendre aux habitants leurs quartiers sécurisés

Ces minages de zones résidentielles par bombardement à sous munitions constituent 3 violations d’accords internationaux et qualifiées de « crime de guerre » :

  • Bombardement intentionnel d’une population civile (Convention de Genève, 1949),
  • Utilisation de mines antipersonnelles (Convention d’Ottawa 1997),
  • Utilisation d’armes à sous-munitions (Convention d’Oslo, 2007).

Moscou a adressé à l’ONU une notification concernant ce minage des zones résidentielles de Donetsk par des bombardements successifs ukrainiens et qui constituent une violation criminelle grave e traités internationaux…

Il est peu probable que le « grand machin » réagisse pour s’élever contre ces nouvelles actions génocidaires, ou puisse faire pression contre Kiev, mais au moins il confirmera son inutilité voire sa complicité des criminels pro-atlantistes ukrainiens.

Car ce que nous pouvons observer ici c’est l’expression d’une haine folle et génocidaire et qui est, comme toujours depuis 8 ans, la seule réponse des assassins face à leurs défaites multiples sur le front du Donbass. Une lâcheté criminelle qui n’a d’égale que le silence complice des occidentaux qui sont tellement aveuglés par leur hystérie russophobe qu’ils détruisent définitivement les derniers espoirs de les voir retrouver un jour le chemin vers la montagne du bon sens et de l’humanisme.

Et à celles et ceux qui s’interrogent sur le fait que plus de 5 mois après le début des offensives russes Donetsk soit toujours sous le feu génocidaire ukro-atlantiste, je réponds : « Patience, c’est une guerre très difficile car l’ennemi y a solidement fortifié ses positions depuis 8 ans. Mais la libération avance chaque jour et rien ne peut l’arrêter ni sauver la vie de ces assassins ! »

Artillerie républicaine opérant contre les positions ukrainiennes entourant Avdeevka début août 2022

source : Alawata Rebellion



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