La sérotonine, sur laquelle agissent les antidépresseurs, a-t-elle vraiment un lien avec… la dépression ? Une étude du Collège universitaire de Londres affirme qu’il n’existe aucun fondement scientifique permettant de l’affirmer, ce qui remet en cause la prescription massive et croissante de ces psychotropes. Psychotropes que les Français adorent.

Covid-19 et explosion de la dépression

Si la prescription d’antidépresseurs n’a pas cessé d’augmenter depuis 2010 — le cycle métro, boulot, dodo n’aidant pas à se sentir mieux, elle s’est encore accélérée depuis le début de la crise du Covid-19. Et pour cause ! Enfermements et isolements à répétition ne créent pas le bonheur. De nombreux troubles anxieux, troubles du comportement alimentaire, troubles du sommeil ou encore syndromes dépressifs ont été rapportés à l’échelle nationale pendant ces deux dernières années, ce qui a induit une large prise de psychotropes chez les Français. Même les plus petits sont atteints, comme le rapporte l’OMS.

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Un constat qui inquiète de plus en plus les psychologues. “Sur le plan psychique, je trouve que les gens ne vont pas bien”, déclarait Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne, dans Le Figaro, le 15 juillet 2022. Et d’ajouter : “Disons que sur les 99,9 % des survivants au Covid, il y a malheureusement un pourcentage terriblement important de gens qui allaient relativement bien avant et qui vont mal aujourd’hui”. Or, c’est un réflexe devenu banal : quand on va mal, on se met sous antidépresseurs — environ un Français sur quatre en consomme. Une tendance qui n’a fait que s’accroître avec la crise sanitaire. Malgré les avertissements de certains professionnels de santé, un rapport du Vidal confirme la “forte augmentation des délivrances de médicaments antidépresseurs, antipsychotiques, anxiolytiques et hypnotiques” durant la période de mars 2020 à avril 2021. Est-ce vraiment la solution ?

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La sérotonine est-elle une fausse piste ?

Comme l’explique le Vidal dans son article sur les antidépresseurs, depuis les années 80, les médicaments “prescrits en première intention” sont souvent les “inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS)”. C’est une thèse défendue par la majorité des médecins : les niveaux de sérotonine, ou son activité, seraient responsables de la dépression. Mais des chercheurs anglais du Collège universitaire de Londres sont venus bouleverser les acquis. Dans une étude, ils affirment que la théorie du déficit en sérotonine n’est pas responsable de la dépression ; elle ne serait pas valable et ne reposerait sur aucun fondement scientifique. “Il n’y a aucune preuve convaincante que la dépression soit associée ou causée par des concentrations ou une activité de sérotonine plus faibles”, écrivent-ils.

Leurs recherches se sont fondées sur une comparaison entre les niveaux de sérotonine dans le corps de personnes en bonne santé, et dans celui de personnes dépressives. Aucune différence n’est observée. Un article d’Alternative Santé sur le sujet indique “qu’aucune variation génétique de la production de sérotonine n’est corrélée à un plus grand risque de dépression”. Pire, les chercheurs anglais expliquent que l’utilisation à long terme de ces psychotropes pourrait réduire la concentration de sérotonine, prolongeant la souffrance des patients “inutilement”.

Selon Marta Estrela, chercheuse en sciences biomédicales, la consommation excessive de ce type de médicament est liée à plusieurs facteurs, notamment “l’augmentation de la prévalence des troubles mentaux communs, la tendance à prescrire des antidépresseurs plutôt que des thérapies non médicamenteuses, la facilité d’accès aux antidépresseurs, ou encore le manque d’investissement dans l’innovation thérapeutique”. Or, si les IRS sont les mieux tolérés, aucun antidépresseur n’est exempt d’effets secondaires. L’un d’entre eux : les profits des laboratoires pharmaceutiques.

L’effet indésirable “Big Pharma”

Mais ce n’est pas tout. D’aucuns ont pointé des effets indésirables graves, dont des “troubles du comportement, des modifications de la conscience, de l’irritabilité, de l’agressivité ou encore de l’agitation”, voire même des “tendances suicidaires”, comme le rapporte un autre article d’Alternative Santé. Le comble !

D’autres pistes, souvent non médicamenteuses, sont donc privilégiés pour lutter contre la dépression. Parmi elles, la pratique de la méditation et la psychothérapie, mais aussi la consommation de millepertuis, dont “les propriétés thérapeutiques ont été abondamment étudiées”, comme le rapporte le Vidal.

De son côté, le médecin pneumologue Philippe Even affirme que la vente massive des antidépresseurs ne profitent qu’aux grandes firmes pharmaceutiques, qui engrangent “100 milliards de dollars à l’année”. Selon lui, elles ont “fabriqué la dépression”. Dans une émission des Grandes Gueules, diffusée en septembre 2018, il expliquait que les médecins en prescrivent massivement, car ils “sont endoctrinés, mais ils n’ont pas le temps de s’informer, ça prend six heures par jour. Ils lisent ce qu’on leur dit, et ces publications sont entièrement financées par l’industrie pharmaceutique”. Un discours qui n’est pas sans rappeler, rétrospectivement, les débats autour du Covid-19, de ses traitements et de ses vaccins…

En clair, si la médecine moderne considère que le “déséquilibre chimique” en sérotonine est responsable de la dépression, d’autres spécialistes soutiennent que cette théorie est un véritable coup de massue pour les patients, un remède pire que le mal.

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