L’avion de Nancy Pelosi a atterri à l’aéroport de Taipei (capitale de Taïwan) le 2 août 2022 à 22 h 43, heure locale. En pleine guerre entre la Russie et l’Ukraine, cette visite n’a rien d’anodin. Si l’Ukraine est largement soutenue par les États-Unis et l’Europe, la Russie a trouvé dans la Chine un autre allié. Cette dernière a mis en garde contre l’expansion de l’OTAN a de nombreuses reprises, et voit clairement cette “visite” comme un affront. Cela pourrait donc marquer une nouvelle escalade des tensions.

Nancy Pelosi fait fi des menaces chinoises

La présidente démocrate de la Chambre des représentants est arrivée lundi à Singapour, avec une délégation d’élus américains, pour une tournée asiatique de quatre jours. Elle doit se rendre en Malaisie, puis en Corée du Sud et au Japon. À cette occasion, Nancy Pelosi a déclaré : “La visite de notre délégation du Congrès fait honneur à notre engagement déterminé de soutenir la vibrante démocratie taïwanaise”. Elle est la plus haute responsable américaine à visiter l’île depuis son prédécesseur, Newt Gingrich, en 1997.

Mais ce n’est plus un secret pour personne, la Chine veut remettre la main sur Taïwan. À ce sujet, elle avait mis en garde les États-Unis quant à un éventuel voyage dans l’État souverain, qui pourrait déclencher un incident diplomatique majeur : “Si vous jouez avec le feu, vous allez vous brûler”, a déclaré le président chinois Xi Jinping à Joe Biden, jeudi dernier, au cours d’une longue conversation téléphonique. “J’espère que le côté américain le voit clairement”, a ajouté Xi Jinping. Plus récemment, les autorités chinoises ont assuré que les États-Unis devraient “en payer le prix” !

Traduction : Se faire l’ennemi d’un peuple chinois d’1,4 milliard de personnes est une mauvaise idée. Agir comme une brute en face du monde entier permettra seulement à tous de voir que les États-Unis représentant le plus grand danger pour la paix mondiale.

Entre joutes verbales et menaces militaires

La Chine considère que Taïwan, peuplée d’environ 23 millions d’habitants, est l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949). Mercredi 3 août au matin, Nancy Pelosi s’est entretenue avec la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, qui défend la souveraineté de Taïwan, sans aller jusqu’à demander l’indépendance, ce qui contrarie beaucoup la Chine. “Je souhaite la bienvenue à Mme Pelosi et sa délégation : merci d’avoir pris des actions concrètes pour démontrer votre soutien solide à Taïwan, dans cette période critique”, a déclaré la dirigeante taïwanaise lors d’une conférence de presse commune. Mme Pelosi a aussi rencontré Mark Liu, le patron de l’entreprise TSMC, numéro un mondial des semi-conducteurs, l’un des secteurs les plus attractifs du pays.

Ainsi, chaque pays tente d’intimider l’autre par ses déclarations et actions diplomatiques, mais également en renforçant leur présence militaire dans la région. Les États-Unis ont envoyé un porte-avions et son groupe aéronaval, qui a appareillé de Singapour en direction de la mer de Chine méridionale, tout en précisant qu’il s’agissait d’un mouvement planifié. Quant à l’armée chinoise, elle a annoncé des exercices militaires autour de six zones d’exclusion aérienne des îles de Taïwan, du 4 au 7 août 2022.

Un prélude pour une troisième guerre mondiale ?

D’aucuns considèrent que nous sommes aux portes d’une troisième guerre mondiale. Vrai ou pas, il semble très clair que deux camps se dessinent : les pays de l’OTAN d’un côté, contre les pays des BRICS de l’autre. Alors que le conflit russo-ukrainien fait toujours rage, Taïwan pourrait bien devenir le nouveau théâtre d’affrontements entre deux superpuissances, dans la course pour devenir la première force économique et militaire mondiale.

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