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Au sujet d’une déclaration du PCF sur la provocation de Nancy Pelosi contre la Chine — Jean-Pierre Page

ByVeritatis

Août 8, 2022


Le PCF ne comprend rien à la référence du statu quo. Celui-ci est la conséquence d’un rapport des forces qui à la fin de la guerre de libération en 1949 à donné le pouvoir au parti communiste chinois et son autorité sur l’ensemble du territoire chinois ce qui incluait Taïwan, ce n’était pas le résultat d’un compromis avec quelque force politique que ce soit comme celle du Kuomintang , ce que laisse pourtant entendre le communiqué alambiqué du PCF. En fait à l’époque , Tchang Kai-Check s’est installé par la force brutale et avec le soutien des Etats-Unis à Taïwan, il en a pris le contrôle dans une opposition politique et militaire résolue au nouveau pouvoir populaire en Chine. Le PCF n’en tient pas compte, pourquoi ?

Pour celui-ci et comme l’avait déclaré F. Roussel pendant les présidentielles : “Taïwan c’est un état à deux systèmes…. je fais respecter les droits des Taïwanais. pour leur souveraineté, leur indépendance, leurs relations commerciales” (C dans l’air, 13 février 2022). Cette déclaration avait comblé d’aise le représentant de Taïwan à Paris. On pourrait donc sourire aux prétentions de Roussel ce nain politique interpellant la Chine. Pourtant, non, Taïwan n’est pas un état et n’a aucun statut international. Taïwan est une province chinoise. La référence au “un pays deux systèmes” n’existe pas pour Taïwan comme il existe pour Hong Kong, résultat de la décolonisation et des négociations entre la Chine et la Grande Bretagne( voir” La Chine sans œillères” – Editions Delga 2021 : “N’en déplaise à Trump et Biden Hong Kong est en Chine”, Jean-Pierre Page)

En 1971 l’assemblée générale de l’ONU a rétabli la République Populaire de Chine dans les droits légitimes qu’elle exerce comme tout état sur l’ensemble de son territoire, pas sur un territoire amputé. Par ailleurs l’ONU considérait que le représentant de Taïwan qui occupait illégalement le siège de la Chine était un usurpateur. Il fût expulsé. Le PCF a-t-il opportunément oublié cette décision pourtant historique ? Cette position est pourtant soutenue par plus de 180 états dans le monde qui ont établi des relations diplomatiques avec la Chine et qui à travers l’ONU et la Charte considèrent que les relations entre les pays sont fondée sur l’intégrité, l’indépendance des états. C’est toujours la violation de ces principes qui conduit à la guerre. C’est ce que font les Etats-Unis !

En 1972, dans la déclaration de Shanghai R.Nixon et h. Kissinger après leur entrevue avec le président Mao Zedong avait évoqué au sujet du statut de la Chine “une ambiguïté constructive”. Nous n’en sommes plus là, car avec le soutien des américains les séparatistes à Taïwan entendent franchir le pas qui les mènera selon eux à l’indépendance. Le PCF n’en dit rien, autre aveu de sa duplicité.

Le PCF est en fait pour le maintien des choses en l’état et c’est là le fond du problème, car finalement cela met en cause fondamentalement la réunification du peuple chinois et de son état comme le processus a été finalement engagé et conclu pour Hong Kong et Macao.

Il faut la fausse naïveté du PCF pour croire un seul instant à la fable des réticences de J. Biden quant au voyage de N. Pelosi. Bien évidemment cette provocation s’inscrit dans toute la démarche agressive des États Unis en déclin. Elle fait partie de ces initiatives comme l’élargissement des capacités d’interventions de l’OTAN en Eurasie, sa coordination aux côtés de la QUAD et de l’AUKUS comme la multiplication des bases US dans la région qui forment un véritable cordon sanitaire autour de la Chine autant de sujets dont visiblement le PCF n’a jamais entendu parler. Pas plus d’ailleurs des discussions et négociations au sujet du “chips 4” qui était le but véritable de la mission de Pelosi. C’est-à-dire une nouvelle alliance stratégique entre les USA, la Corée du Sud, le Japon et……. Taïwan pour l’incorporer dans l’OTAN afin de contrer la Chine.

En fait le PCF, comme il en a l’habitude renvoie tout le monde dos à dos. L’inconséquence à laquelle il fait allusion n’est rien d’autre que la sienne. Le PCF, une fois encore démontre son complet abandon de toute position anti impérialiste. Fort heureusement pendant la visite de Pelosi il y a eu des manifestations à Taïwan pour dénoncer cette provocation. Il faut en être solidaire, d’autant que cela traduit un mécontentement profond face aux dérives dangereuses des séparatistes actuellement au pouvoir.

Enfin il est réconfortant de voir que cette affaire a soudé plus encore l’unité et la cohésion du peuple chinois dans son ensemble, comme de constater celle de nombreux partis communistes dans le monde qui ont fait le choix d’exprimer leur solidarité avec la Chine et condamné clairement les États-Unis. Le PCF n’en est pas là, car il se montre incapable de protester et d’agir aux côtés de ceux qui appellent les peuples à se mobiliser pour mettre en échec les prétentions hégémoniques et archaïques des Etats-Unis, comme toute ingérence de leur part. Il faut donc mener l’action pour faire progresser le multilatéralisme dans les relations internationales dont le respect de la souveraineté, la non ingérence et l’intégrité territoriale sont des principes inaliénables. C’est bien ce qui est à l’ordre du jour et c’est cela qui sera facteur de paix et de résolution des conflits.

Jean-Pierre PAGE


Déclaration du PCF

La situation de Taïwan est le fruit d’un statu quo international sous égide des Nations unies, devenu indispensable à la baisse des tensions régionales, qui a demandé plusieurs décennies pour exister ; il a clos les chapitres d’une histoire douloureuse d’affrontements politiques et de guerres, et il est fragile. Lourd d’enjeux politiques, stratégiques et économiques, le sort de Taïwan ne devrait en aucun cas être instrumentalisé. Même si Joe Biden lui-même a jugé le moment inapproprié, la tournée asiatique de Mme Pelosi s’inscrit dans une stratégie de la Maison-Blanche de confrontation délibérée avec la Chine. Faire le choix d’envenimer les relations entre Taïwan et Beijing, pour « voir si cette dernière bluffe » ainsi que le déclare un représentant taïwanais dans la presse, c’est faire le pari du pire et ouvrir la voie à une escalade militaire qui n’augure rien de bon pour aucun des peuples de la région Asie-Pacifique.

La remise en cause, par des démonstrations de force ou des menaces, du principe d’ « une seule Chine » (la République populaire de Chine proclamée en 1949) reconnu par l’ONU, y compris les Etats-Unis, alimente des processus de déstabilisation régionale dont nul ne saurait maîtriser les conséquences ni les répercussions internationales.

Ce qui doit primer c’est l’intérêt commun aux peuples et Etats de la région de garantir une coexistence pacifique. C’est le parti que doit prendre la France pour qu’en Asie-Pacifique, comme en Europe, émerge un cadre inclusif de coopération et de sécurité collective, promouvant le désarmement et la dénucléarisation ainsi que le respect universel des droits humains, politiques et sociaux.

Parti communiste français Paris, le 4 août 2022





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